Richard Tamone Jeudi, 13 Octobre 2016 19:53
Les discussions sur la refonte de la CENI et le couplage des élections communales et communautaires, à l'issue des travaux du dialogue politique ont permis aux 2 bords politiques, à savoir la majorité présidentielle et l'opposition de s'entendre sur le report du scrutin pour Février 2017. Si les 2 parties ont pu accorder leurs violons pour ce qui est de la tenue des élections communales, qui vont déboucher ensuite sur la nomination des chefs de quartiers, tel n'est pas encore le cas sur l'indemnisation des victimes des violences politiques. Avec ce dialogue qui tire à sa fin, on se demande entre le pouvoir et l'opposition, qui pourrait tirer les marrons du feu.
Les participants au dialogue inter guinéen sont sur le point de parapher un accord, qui va servir de conclusions à ces travaux qui auront duré une dizaine de jours. Même si au sein de l'opposition on enregistre des voix discordantes. Ce qu'il faut retenir c'est la volonté de la majeure partie des acteurs politiques de tirer quelque chose de probant à l'issue de cette concertation. Certes chaque camp voudra en sortir gagnant. À l'issue des travaux de dialogue qui se sont déroulés le jeudi dernier, les porte-paroles des 2 camps ont confié leurs impressions à la presse au terme de la concertation.
« Nous sommes convenus finalement que les élections communales intégreraient les élections des districts et des quartiers. Donc il ne s'agit pas de découplage, il s'agit au contraire d'un couplage. Un couplage qui va être tellement étroit que ça sera une fusion entre les deux élections », a expliqué le porte-parole de l'opposition républicaine au terme de la journée de pourparlers qui s'est déroulée vendredi dernier. Pour être plus clair, Aboubacar Sylla a indiqué que les prochaines communales vont également être des élections pour les conseils de districts et de quartiers. « Les électeurs iront non seulement voter pour les communales mais également pour les conseils de quartiers et districts », a souligné le porte-parole de l'opposition.
« Les parties sont d'accord de repousser ces élections au courant Février 2017, à la demande de l'opposition », a déclaré de son côté le porte-parole de la mouvance présidentielle, Amadou Damaro Camara. Puis d'ajouter que les 2 parties sont tombées d'accord à ce que l'Assemblée nationale fasse le toilettage du code électoral durant la session budgétaire, afin de l'adapter à la nouvelle vision. « Comme ça, en février, on fera les élections communales conformément à la nouvelle loi. Le nouveau code électoral qui sera révisé par l'Assemblée nationale et dans cela les chefs de districts et quartiers seront désignés proportionnellement à la présence des scores des listes électorales dans lesdits districts et quartiers », a précisé Damaro Camaro.
« Je vais vous prendre un exemple, si l'UFDG est majoritaire à Ratoma, mais à Taouyah le RPG est majoritaire dans les quartiers, donc à Taouyah le RPG désignera le conseil de quartier, parce qu'il serait venu majorité dans ces quartiers. Par contre à Wanindara ou à Dar es salam où l'UFDG est majoritaire dans les quartiers, l'UFDG désignera proportionnellement selon son score le conseil de quartier de là-bas », selon M. Damaro Camara.
Pour le deuxième point de la 9ème journée de concertation, Aboubacar Sylla a déclaré que toutes les parties sont d'accord sur la nécessité de réviser la loi 016 portant composition, organisation et fonctionnement de la CENI. « Nous voulons d'une CENI plus technique et cela a été donc adopté. Nous avons donc prévu que la session des lois de l'Assemblée nationale au mois d'Avril 2017 se penche là-dessus », a-t-il fait savoir. Promettant au passage qu'ils auront nettement le temps à partir de la session d'Avril d'organiser la reforme de cette CENI. « Pour qu'on ait une CENI prête à affronter les scrutins aussi importants que les élections législatives de 2018 ou l'élection présidentielle de 2020 », a-t-il conclu.
« Là-dessus, il y a déjà une proposition de loi de l'opposition à l'Assemblée nationale. Cela servira de document de base pour les débats en vue de l'adoption d'une loi relative à la CENI », a tenu à souligner Amadou Damaro Camara de la mouvance présidentielle.
Il a par la suite fait remarquer que ce qui est important dans ce dialogue « c'est que l'environnement est beaucoup plus apaisé que les autres dialogues, le chef de l'État s'est engagé à faire respecter tous les points d'accord », a dit Damaro Camaro. Et ce qui est important aussi, ajoute-t-il, c'est que ce dialogue a tenu compte du respect de nos institutions existantes.
« Vous savez nous avons eu pour départ une plate-forme qu'on avait jamais enregistrée. C'est cette volonté du président de la République et du chef de file de l'opposition de se concerter et éventuellement d'échanger leurs points de vue, et c'est ce qui fait que les lignes bougent dans ce dialogue. Il n'y a pas matière à contradiction par rapport à ce qui vient d'être développé », a conclu le président de séance le général Bouréma Condé, ministre de l'Administration du territoire et de la décentralisation.
Au moment où nous allions sous presse, les 2 parties étaient sur le point de parapher un accord, en guise de conclusions de ce 5ème dialogue censé taire les divergences entre le pouvoir et l'opposition.
Richard Tamone
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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