Alpha Amadou Diallo Lundi, 10 Octobre 2016 13:44
Dr Ousmane Bangoura, vice-président de la délégation spéciale de Matoto attend de voir l'issue du dialogue politique inter guinéen avant de croire en la bonne foi du pouvoir. Il promet dans cet entretien que son parti fera le plein de voix dans la commune de Matoto lors des prochaines élections communales.
L'indépendant : que représente pour vous la date du 28 Septembre ?
Dr Ousmane Bangoura : oui, c'est vrai la date du 28 Septembre, c'est la date à laquelle le peuple de Guinée avait voté « Non » au référendum gaulliste. Donc nous avons rejeté la colonisation pour intégrer l'indépendance. Cette date doit être marquée d'une croix blanche. Mais malheureusement ce 28 Septembre 2009 est venu masquer un peu ce grand jour. Ça a attristé un peu ce tableau-là. Je ne sais pas comment on va fêter une tristesse à la place du bonheur de tout un peuple. C'est vrai que nous devons respecter la mémoire des victimes mais cela ne doit pas éteindre la date du 28 Septembre, date à laquelle nous avons accédé à notre indépendance, à notre souveraineté. Il faut reconnaître que c'est une date historique. Donc l'un dans l'autre, je crois que c'est des Guinéens qui sont morts, ils méritent d'être soutenus, mémorisés chez les Guinéens. De l'autre côté, l'Indépendance me paraît très, très importante à fêter, c'est le référendum de peuple de Guinée.
Avec le dialogue en cours, est-ce que l'opposition n'est pas bernée. Vu qu'elle n'a pas pu empêcher la CENI de dérouler ses activités ?
Bon, écoute il y a beaucoup d'interrogations même les citoyens lambda de la rue se posent la question, par la facilité avec laquelle les accords là sont signés sur les différents points. Nous sommes en train de voir jusqu'à leur aboutissement, si encore on n'est pas roulé dans la farine comme ils en ont l'habitude. En tout état de cause, il y a des questions importantes liées à cette CENI qu'il faut se poser. Il était question de revoir la structure ou la composition de cette CENI là. Mais aussi la CENI est décrédibilisée. Donc il y avait toutes ces questions-là. Nous attendons l'application de ces accords là mais ce qui reste clair la CENI a intérêt de bien travailler, de respecter les accords pour cette fois ci au risque de ne pas créer des troubles, sinon elle prendra les pots cassés. Nous sommes sereins, à la conclusion, on verra qui a gagné et qui n'a pas gagné.
Que pensez-vous de la décrispation née de la rencontre entre Alpha et Cellou ?
Écoutez, ça n'a que trop retardé du côté naturellement de la mouvance parce qu'il revient au chef de l'État de rencontrer le chef de file de l'opposition, comme le stipule la loi et le fait de retarder a compliqué les choses. Mais leur rencontre ouvre des perspectives heureuses de façon politique. Moi je reste un peu dubitatif quant au respect des accords ou bien des conclusions qu'ils ont eu à tirer. Bon le peuple voit l'apaisement dans l'atmosphère politique ou la scène politique, tout le monde se sent libéré, ça c'est important à saluer.
Comment se préparent les communales au sein de votre parti, en ce qui concerne votre commune de Matoto ?
La commune de Matoto, nous attendons jusqu'à la fin de ce dialogue pour commencer les préparatifs. De façon précipitée, la CENI a fixé une date qui me paraît un peu anormale, qu'on ne peut pas respecter. À mon avis le dialogue pourrait se passer de ça. Mais il y a un blocus au niveau du calendrier électoral, l'opposition demande à ce que les élections soient couplées et la mouvance demande à ce que ça soit découplé. Donc ça va poser énormément des problèmes parce qu'hier jeudi, ça a été houleux, ils n'ont pas trouvé un consensus sur la question. En tout état de cause, je sais que tous les états-majors des partis politiques aspirent à cette élection de façon très large. Nous allons visiter les bases, c'est les bases qui vont constituer la liste en principe, et la direction verra maintenant l'ordre qu'il faut mettre là-dedans. Nous sommes déjà alertés, nous sommes dans la fièvre de la préparation des élections là, que nous comptons remporter à Matoto, parce que nous savons notre capacité, notre implantation et la stratégie que nous allons dérouler pour remporter cette élection.
Je crois que nous avons les militants les plus mobilisés, nous allons les galvaniser, les encadrer, les orienter et leur demander s'il y a révision exceptionnelle, il n'ont qu'à aller s'inscrire pour que chacun puisse se procurer d'une carte d'électeur lui permettant de porter son candidat au plus haut, et je l'ai dit plutôt, les militants nous sommes en train de prendre contact avec eux pour leur donner des informations nécessaires. Je crois qu'actuellement nos militants sont déterminés à aller jusqu'au bout de la victoire. Comme vous le savez déjà autant que moi. Rassurez-vous que nous allons remporter dans la mesure où le RPG est en déconfiture parce que c'est eux qui volent, je crois que la CENI doit se réserver, elle doit jouer au moins pour nous montrer une autre face de sincérité, d'honnêteté et de patriotisme, pour le compte de ces élections-là. C'est pourquoi il doit faire preuve d'impartialité et naturellement les élections-là vont se passer sur place, les résultats sortent sur place. Donc je n'ai aucun doute l'UFDG va remporter la victoire, comme elle l'a toujours fait.
Qu'est-ce que vous reprochez à cette CENI, personnellement ?
Écoutez, la CENI ne s'est pas qualifiée depuis qu'elle a été mise là. Aujourd'hui on dit que cette CENI là a de l'expérience, qu'il ne faut pas la changer, mais quelle expérience ? Sinon que l'expérience dans les fraudes, l'expérience dans l'irrégularité, l'expérience dans les hold-ups électoraux ; la CENI reçoit toujours l'ordre de l'exécutif, c'est pourquoi quand on dit indépendant, il y a de quoi en douter. La CENI doit être indépendante dans la prise de décisions, dans son fonctionnement mais malheureusement elle n'est pas indépendante de l'État en tout cas, pourtant elle doit faire objet d'impartialité entre les compétiteurs. Ce qui peut lui donner la confiance et la garantie des électeurs et rassurer les partis politiques qui sont en compétition. Donc cette CENI là comme il l'a toujours été, l'Union Européenne, l'Union Africaine, les observateurs nationaux et internationaux ont toujours dit que la CENI n'est pas en mesure de mener à bien ses activités à la satisfaction des électeurs ou du peuple de Guinée. Chez moi la CENI là est disqualifiée depuis longtemps. Elle sort des sommes faramineuses de notre budget, elle bâcle les élections, elle fixe des dates qui ne sont jamais respectées. Je crois que s'il n'y a pas de crédit dans une institution, franchement il serait bon de trouver des hommes capables qui ont la probité morale, qui ont l'amour de la patrie pour animer une structure d'une importance aussi capitale dans la vie d'un peuple.
Entretien réalisé par Alpha Amadou Diallo
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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