Selection de vidéos
Partenaires
Expulsion collective de sans-papiers : le gouvernement dans l'embarras
Aliou Sow Lundi, 03 Octobre 2016 11:31
Le rapatriement d'une vingtaine de sans-papiers guinéens de la Belgique était prévu ce 28 Septembre au moment où nous allions sous presse. Une situation qui met le gouvernement dans l'embarras d'autant que son porte-parole Albert Damantang Camara, s'est contenté de louvoyer, en abordant la question chez nos confrères de radio Espace FM, le mardi dernier.
Le porte-parole du gouvernement guinéen, le ministre Albert Damantang Camara a confirmé le mardi, la nouvelle concernant l'expulsion vers Conakry pour ce mercredi 28 Septembre, d'une vingtaine de sans-papiers guinéens, à partir de la Belgique, dans le cadre du projet Frontex (l'agence de protection des frontières de l'Union Européenne).
Il a tenu toutefois à promettre que le gouvernement guinéen mettra tout en œuvre pour que cette expulsion se fasse dans le respect des accords passés avec les autorités belges. Avec l'interdiction de procéder à des expulsions collective d'étrangers, comme c'est le cas pour ce qui était prévu pour ce mercredi.
Il faut rappeler que c'est l'Article 4 de la convention européenne des droits de l'homme qui stipule cette « interdiction des expulsions collectives d'étrangers ».
La même convention précise que par « expulsion collective », il faut entendre « toute mesure contraignant des étrangers, en tant que groupe, à quitter leur pays, sauf dans les cas où une telle mesure est prise à l'issue et sur la base d'un examen raisonnable et objectif de la situation particulière de chacun des étrangers qui forment le groupe ».
Cette réaction du porte-parole du gouvernement vise à calmer la colère qui s'est emparée des médias qui dénoncent des « conditions inhumaines », de rapatriement de leurs compatriotes.
L'Ambassadeur de Guinée en Belgique Dr Ousmane Sylla a indiqué sur la toile que ce sont plusieurs immigrés africains qui feront partie de ce programme de rapatriement, prévu à travers un vol qui devait être mis à la disposition de Frontex, par le gouvernement belge.
Les personnes concernées par cette expulsion auraient été soient déboutées de leur demande d'asile soient en conflit avec la loi, précise le diplomate.
À la veille de cette expulsion, un rassemblement organisé par des ONG de défense des droits humains belges était prévu devant les locaux de l'Ambassade de Guinée à Bruxelles, en soutien aux personnes menacées de renvoi vers leur pays.
En voilà une situation qui embarrasse le gouvernement, qui est tenu de ménager la chèvre et le chou dans ce dossier, au risque de s'aliéner le gouvernement belge, dont l'appui contribue au financement des projets de développement du pays.
Aliou Sow
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu
![]()








