Présidence du dialogue inter guinéen : Bouréma Condé réussira-t-il là où Cheick Sako a échoué ?

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C'est finalement le ministre de l'Administration du territoire et de la décentralisation, le général Bouréma Condé, qui a été désigné comme président du cadre du dialogue, de manière unanime. Un choix qui a surpris certains observateurs, étant donné que Me Cheick Sako a été récusé, en partie, parce qu'il lui était reproché d'être juge et parti, en tant que membre du gouvernement.


Depuis le jeudi 22 Septembre dernier, les acteurs politiques sont autour de la table de négociation pour trouver des solutions à la crise politique qui gangrène le pays. Comme prévu, le vendredi dernier, 3 sujets étaient à l'ordre du jour des pourparlers, à savoir « le choix du président du cadre de dialogue, la mise en place de la Haute Cour de Justice et la libération des détenus politiques ». Un consensus a été obtenu pour les 3 points.


Pour le porte-parole de l'opposition, un accord a été trouvé en ce qui concerne la mise en place de la Haute Cour de Justice. Concernant le présidium, Bouréma Condé, ministre de l'Administration du territoire a été désigné comme président du cadre de dialogue. Un choix qui résulte du bon déroulement de la première séance selon Aboubacar Sylla. « Nous nous sommes dit que ce n'est pas pour le moment la peine de bouleverser le présidium et d'amener une nouvelle personne, alors qu'il y a déjà une première séance qui s'est bien déroulée. Nous continuons à faire confiance à monsieur le ministre de l'Administration du territoire. A propos de l'installation de la Haute Cour de Justice, très vite un accord a été trouvé sur cette question», indique le porte-parole de l'opposition. Ainsi, Cheik Sako décrié et récusé par l'opposition cède la place au général Bouréma Condé. Du côté de la mouvance présidentielle c'est la joie. «Nous avons eu l'agréable surprise que l'opposition ait proposé que le ministre de l'Administration Bouréma Condé puisse migrer de son rôle de ministre de l'Administration du territoire qui devrait juste cadrer le débat à celui de président du dialogue. Nous l'en avons félicité, les acteurs politiques sont de bonne foi. Mais je crois que chaque partie veut que cette fois-ci les choses avancent, c'est la Guinée qui gagne. Vous vous rendez compte il y a eu consensus », souligne Amadou Damaro Camara. Même son de cloche du côté de la société civile. Le vice-président du CNOSCG souhaite à son tour que cette fois-ci les acteurs politiques puissent transcender leurs querelles pour qu'enfin la Guinée connaisse le développement.


« La question préjudicielle c'était d'abord de choisir une personne consensuelle par rapport à la tenue de ce dialogue. Nous saluons l'esprit d'ouverture de l'opposition et de la mouvance de porter véritablement leurs choix au ministre de l'Administration du territoire qui est le ministre de tutelle ; puisque toutes les formations politiques relèvent de ce ministère. Nous comptons entièrement sur son esprit d'ouverture et aussi sur la preuve de neutralité qu'il est en train de faire cas, jusqu'à présent, qu'il continue sur cet élan pour que ce dialogue connaisse un bon aboutissement et une bonne finalité pour qu'enfin, nous allions aux élections communales, pour que les Guinéens puissent vraiment se doter des élus locaux à la base, pour qu'on s'occupe réellement du développement de la Guinée et qu'on sorte des logiques politico-politiciennes », souhaite Dr Alpha Abdoulaye Diallo. Le nouveau président quant à lui estime que ce choix porté sur sa personne est une confiance qui mérite d'être prouvée.


Bouréma Condé demande la cohésion entre les acteurs pour faciliter ce dialogue. « Les parties dans l'établissement de l'ordre du jour ont demandé à ce que l'on définisse le cadre du dialogue. Qui vient, qui ne vient pas ? Qui doit présider notre dialogue ? Ces questions étaient préjudicielles. Ce matin donc il fallait s'attendre à ce que les parties prenantes au dialogue indexent la personne consensuelle qu'elles ont trouvée pour la poursuite des travaux. Je suis donc heureux que ma modeste personne ait été retenue par les deux camps, de façon très consensuelle pour dire que nous vous gardons pour présider l'entièreté du dialogue », se réjouit Bouréma Condé, avant d'ajouter que « c'est d'abord un premier motif de satisfaction que je traduis en autant d'invitation, à mieux faire pour le bien de la Guinée dans la paix, la cohésion nationale et la concorde entre tous et toutes. Aux dire même des participants, opposition et mouvance confondues, c'est pour la première fois qu'ils se trouvent dans une même ambiance d'apaisement, de convivialité, une atmosphère bonne enfant. Je crois que c'est une invitation des 2 côtés pour me dire continue dans la bonne direction, cela doit se traduire par la justice dans la conduite des débats », a-t-il conclu.


À propos de ce choix, certains observateurs ont été surpris que Bouréma Condé fasse autant l'unanimité, quand on sait que Me Cheik Sako, ministre de la Justice, et ancien président du cadre de dialogue a été récusé simplement parce qu'il avait du mal à faire appliquer les conclusions. Finalement, l'opposition a jugé qu'il n'était pas possible qu'un membre du gouvernement joue franc jeu dans un dialogue, où le pouvoir est partie prenante. En acceptant de désigner Bouréma Condé en remplacement de Cheik Sako, l'opposition prouve encore une fois sa naïveté. A moins qu'elle ne croit au changement intervenu, avec l'engagement du président Condé de respecter dorénavant les accords issus des dialogues.


Il faut signaler que les débats devaient reprendre le lundi au moment où nous allions sous presse. Cette fois la rencontre aura pour sujet la mise en application des accords précédents. A suivre !


Amadou Sadjo Diallo

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+1 #1 Gandhi 02-10-2016 11:48

Oui un Condé peut en cacher un autre. Il réussira donc à endormir l'opposition, et c'est même pour cela qu'il a été choisi.
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