CAN 2023 : voici les recommandations d'un expert

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L'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations attribuée à la Guinée commence à faire couler beaucoup d'encre et de salive suite à l'incurie notoire des autorités constatée autour des préparatifs. Dans cet entretien accordé à notre reporte, El hadj Thierno Ousmane Ly, ingénieur-analyste financier-consultant en partenariat publique public-privé, donne son avis sur cette situation qui risque de causer des désagréments au pays dans ce dossier, à l'allure où vont les choses.


Le Démocrate : la Guinée a été choisie pour abriter la CAN de 2023. Dites-nous qu'est-ce qui a été fait au juste par l'État guinéen par rapport à ce choix ?

Thierno Ousmane Ly : le point de départ de cette Coupe d'Afrique des Nations (CAN), c'est la mise en place d'un décret signé par le président de la République, pour instituer le comité et un autre décret pour le meubler. À partir de ce moment-là, c'est le comité d'organisation de la CAN qui doit se charger de tout le management, ça implique tout ce qui est à faire. Naturellement avec les structures publiques et privées.


Vous faites souvent des plaidoyers pour l'organisation de cette CAN. Dites-nous qu'est-ce que vous voulez que l'État fasse par rapport à l'organisation de la compétition ?

Premièrement, il faut que le président de la République puisse choisir pour cette institution les gens qui ont la compétence de manager l'institution. Qui ne sont pas les mêmes qui mettent le pays en arrière. Vous les médias vous avez un rôle important à jouer. Faire en sorte que le président de la République ne fasse pas le mauvais choix.


Justement, l'on voit que ce n'est pas une mince affaire. Certains hauts commis de l'État, notamment Mme le ministre du Plan a émis des réserves sur ce projet ?

C'est qu'elle n'a pas aujourd'hui le dossier suffisamment consistant pour mobiliser des fonds. Mais vous savez ce n'est pas le ministre des Finances ou du Plan qui mobilisent les investissements directs de l'étranger. C'est le secteur privé qui mobilise. C'est en cela que le pouvoir public a l'obligation d'avoir un secteur privé performant. En faisant en sorte que le privé ait un cadre de vie bien sécurisé et quand les pouvoirs publics prennent l'engagement, qu'ils le respectent. Il y a l'argent à travers le monde. Et l'argent destiné aux investissements peut aller partout où il y a de la rentabilité, de la sécurité. Donc le pouvoir public doit créer cette sécurité pour qu'on puisse mobiliser des fonds qui pourront réaliser les infrastructures.


Peut-on savoir l'estimation du coût global pour la réalisation de ces projets ?

C'est énorme, vous savez ce ne sont pas les stades seulement. Il y a aussi des infrastructures connexes qui peuvent favoriser la production auxquelles nous pensons.


Infrastructures connexes, que voulez-vous dire par-là ?

Tout ce qui peut accompagner une bonne CAN à savoir : des routes, de la production agricole, du tourisme, de l'implication des jeunes, la capacité d'absorption du pays, peut-être même revoir la notion de salaire. Parce que si tu fais semblant de payer quelqu'un, il va faire semblant de travailler. Et il va toujours vivre sur ce que tu es en train de faire. Donc il s'agit aujourd'hui de mettre à la disposition du professeur Alpha Condé et de son gouvernement, des moyens de réaliser cette émergence dans une orthodoxie nécessaire.


Un comité de supervision de la Confédération africaine de football devait venir cette année en Guinée, qu'en-est-il de cette visite ?

On a eu la chance, la CAF n'est pas venue cette année pour regarder ce qui est fait. Parce que rien n'est fait encore. Donc ça sera pour l'année prochaine. Il faudrait d'ici-là que le comité soit mis en place et qu'il commence le travail. Ledit comité va falloir travailler nuit et jour pour les entreprises qui vont avoir les chantiers à réaliser. Et si on essaye d'organiser une CAN médiocre, comme on sait bien le faire dans notre pays, c'est-à-dire, faire venir des gens qui vont se retrouver dans les embouteillages, dans les conditions mauvaises de communication, de la chaleur, des routes mauvaises, des difficultés de venir en Guinée, des difficultés de rejoindre les hôtels, les terrains d'entraînement…. C'est pourquoi, je voudrais vraiment insister sur l'implication des autorités administratives locales qui vont bénéficier de certaines infrastructures. Il faudrait qu'elles s'engagent dans le processus de gestion de ces infrastructures pour le remboursement, comme ça s'est fait en république du Mali. Et ils doivent faire attention de ne pas choisir les gens qui ne connaissent ce processus. Qui après vont demander des pots de vin pour mettre ça en poche. C'est pour cela je dis que les médias doivent être-là pour obtenir toutes les informations. Savoir tout ce qui est à faire, le timing et savoir comment c'est réaliser et essayer de le diffuser à tout le monde. Cela pourra éviter la corruption, le népotisme qui aujourd'hui freinent ce pays-là.


M. Ly qu'est-ce qui va se passer, si le comité de la CAF arrivait et qu'il trouvait que rien n'est fait sur le terrain ?

Écoutez la Guinée n'était pas prévue. La commission était réunie pour 2019 et 2021, c'est après qu'ils ont dit bon on va accorder à la Guinée l'organisation de 2023. Parce qu'ils ont confiance à la volonté des dirigeants.


J'imagine que d'autres nations se bousculent n'est-pas pour 2023 au cas où la Guinée n'arrivait pas à tenir les engagements ?

Oui, il faut vraiment que le président de la République comprenne qu'il ne peut pas avoir un autre dossier en Guinée qui peut atteindre l'émergence qu'il souhaite et qui dépasse l'organisation de cette Coupe d'Afrique des Nations. Parce qu'il peut profiter pour mettre en place toutes les infrastructures dont le pays a besoin, sans que ça n'influence trop le budget national. Mais il faut qu'il y ait un cadre d'accompagnement et une fonction publique bien adaptée à suivre le secteur privé dans ce travail.


Propos recueillis par Richard Tamone

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+2 #3 amadudialamba 01-10-2016 01:18

Citation en provenance du commentaire précédent de A.O.T. Diallo:
" Mais il faut qu'il y ait un cadre d'accompagnement et une fonction publique bien adaptée à suivre le secteur privé dans ce travail. "
Hop, c'est la qu'il a tout gâté dans son analyse puisqu'il sait pertinemment que cela sera impossible a réaliser avant la visite de la CAF de 2017.

Ensuite, l’expert rajoute que les gérants de la cité ‘’de doumbelane’’ : « doivent faire attention de ne pas choisir les gens qui ne connaissent ce processus. Qui après vont demander des pots de vin pour mettre en poche » Haa bappa ! Pour cela il faut balayer tous ceux qui sont en place ; et ce, avant qu’il ne soit trop tard. Et pour l’instant, je vois mal qui a le ‘’kilo’’ pour déculotter tous ces indéboulonnables.
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+2 #2 A.O.T. Diallo 30-09-2016 19:36

" Mais il faut qu'il y ait un cadre d'accompagnement et une fonction publique bien adaptée à suivre le secteur privé dans ce travail. "
Hop, c'est la qu'il a tout gâté dans son analyse puisqu'il sait pertinemment que cela sera impossible a réaliser avant la visite de la CAF de 2017.
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+4 #1 Gandhi 30-09-2016 16:28

La Guinée n'a pas les moyens, ni le niveau pour organiser une CAN. Le problème, c'est que de trop nombreux Guinéens ne le savent pas.
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