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Affaires Womey et Zogota : Maître Labila Michel Sononou dénonce le manque d’impartialité de la justice

Thierno Amadou Oury Baldé  Dimanche, 25 Septembre 2016 10:15

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Président de l’ONG Avocats Sans Frontière Guinée, monte au créneau pour dénoncer le silence coupable des autorités dans les affaires de Womey et de Zogota. Pour Maître Labila Michel Sonomou, les événements de Womey ont été examinés partiellement par la justice guinéenne alors que ceux de Zogota n’ont nullement été touchés.

Faisant partie des avocats commis d’office pour défendre les prévenus dans l’affaire du massacre de Womey en 2015, l’avocat fustige le non examen de la totalité du dossier par l’appareil judiciaire, en ces termes : « dans cette affaire, la justice n’a examiné que la tuerie du 16 Septembre survenue dans la localité. C’est-à-dire les personnes qui ont été présentées comme celles qui se sont attaquées aux membres de la délégation de la sensibilisation pour l’éradication de l’épidémie d’Ebola. Pourtant, il ya eu d’autres crimes après le 16 Septembre parce que les populations non seulement ont été chassées et certaines tuées en brousse, les habitations vidées de leur contenu et vandalisées, mais aussi les femmes ont été violées par les forces de défense et sécurité. Ce que je vous dit là, je le tiens des témoins et des victimes ».


« Nous avions déposé une plainte au nom des victimes dont les habitations ont été détruites et vandalisées. Plainte valable pour les femmes violées. Mais jusqu’au moment où je parle la justice n’a jamais examiné cette affaire », déplore l’activiste des droits de l’Homme.


Dans le même ordre d’idée, Maître Labila Michel Sonomou raconte sa mésaventure lors d’une enquête dans les massacres de Womey : « j’ai conduit la mission des défenseurs des droits de l’Hommes qui était déployée sur les lieux avec deux journalistes pour nous enquérir de la situation et informer l’opinion. Malheureusement, pour des raisons que nous ignorons, nous avions été chassés et  séquestrés. Durant toute la  journée, on était privé de notre liberté et nous n’avions pas mangé parce qu’on était dans les mains des services des forces de défense et de sécurité qui nous ont relâchés seulement vers 18 heures ».


Sur les événements de Zogota où de paisibles citoyens dans leur sommeil ont été sauvagement abattus comme des chiens selon le président de l’ONG de défenses des droits de l’Homme, aucune enquête sérieuse n’est faite par la justice.


« Par rapport aux événements de Zogota, la justice avait commencé à travailler là dessus mais à un moment donné pour des raisons que nous ignorons, la procédure s’est arrêtée. Donc jusqu’à date, personne n’a jamais été interpellé et au moment où je parle, il y a deux véhicules immatriculés de la gendarmerie et de la police qui sont stationnés sur les lieux », s’insurge t-il en martelant : « voilà des situations aussi qui ont endeuillées des familles guinéennes, sur lesquelles on devrait revenir pas pour régler des comptes mais pour informer l’opinion pour que si on  doit tourner la page que celle-ci soit tournée bien avec la justice ».


À ces deux événements, se greffent les massacres du 28 Septembre, les tragédies de Janvier et Février 2007 et les événements du camp Boiro, cite Maître Michel Sonomou.



Thierno Amadou Oury BALDE



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