Pourparlers inter-guinéens : vers un dialogue vicié !

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SYLLA_Aboubacar_13_01Le mardi dernier, l'opposition républicaine a tenu une plénière au siège de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), une occasion pour ses membres d'accorder leur violon autour de la reprise du dialogue inter guinéen prévue pour ce jeudi. Ce dialogue qui s'ouvre sera mis à profit pour les acteurs politiques d'aborder les sujets qui fâchent tels que la refonte de la CENI. Certains observateurs craignent cependant que ce dialogue ne soit vicié par le fait que certains acteurs se réclamant de l'opposition, ne seraient en réalité que des « pions » au service du pouvoir, dont le rôle serait de gripper simplement la machine…


« Hier lundi 19 Septembre, le ministre de l'Administration du territoire et de la décentralisation, nous a invité à discuter avec lui, vu quelques questions particulières notamment sur sa réaction vis à vis des propositions que nous avions eu à faire le 25 Juillet. Parce que jusqu'à aujourd'hui nous n'avons pas reçu de lui une lettre officielle faisant état de ses commentaires ou de ses contre-propositions en rapport à ces suggestions », regrette d'entrée de jeu le porte-parole de l'opposition. La rencontre avec le ministre de l'Administration du territoire a donné lieu à des discutions autour du cadre de dialogue, notamment pour ce qui est des participants et des points inscrits à l'ordre du jour, ainsi que la date d'ouverture du dialogue, selon Aboubacar Sylla.


« Nous avons discuté du cadre de dialogue. Nous avons dit que nous tenons à ce que le cadre de dialogue soit composé comme suit : d'un côté l'opposition la vraie, de l'autre la mouvance présidentielle composée du gouvernement et du RPG et ses partis alliés avec un présidium dirigé par une personnalité consensuelle reconnue pour ses qualités de médiateur, neutre et impartiale assisté de deux facilitateurs qui seront désignés par chacune des deux parties », a-t-il indiqué.


Dans son compte-rendu, le porte-parole de l'opposition a aussi mis l'accent sur les points à l'ordre du jour du dialogue. « Nous avons également parlé de l'ordre du jour du dialogue, nous avons estimé qu'à partir du moment où on va à un dialogue, l'ordre du jour ne devait pas être limité. Toutes les parties qui proposent un ordre du jour qui reflète leur préoccupation, ces ordres doivent être acceptés. Nous avons retenu l'ordre du jour que nous avons proposé et qui se décline en 6 points, et qui allait effectivement être pris en compte. Finalement nous nous sommes mis d'accord sur la date d'ouverture du dialogue, ça sera le jeudi 22 prochain à 10 heures au Novotel. Nous avons estimé que cette fois-ci la voie est balisée pour que ce dialogue puisse enfin s'ouvrir après des mois et des mois d'atermoiement », estime le président de l'UFC. Il faut signaler que ces six points portent notamment sur l'examen de l'application et la définition des modalités d'application et du calendrier des résolutions contenues dans les accords précédents, l'organisation des communales, la mise en place de la Haute Cour de Justice, le fonctionnement de l'Assemblée nationale et des institutions constitutionnelles, la baisse du prix du carburant et la libération des prisonniers politiques. Parlant de l'organisation des élections locales, l'opposition déplore la mise en œuvre d'un nouveau chronogramme et le détachement des élections de districts et quartiers de celle des communales par la CENI.


« Nous avons donc déploré que la CENI s'engage frénétiquement dans la mise en œuvre d'un nouveau chronogramme qui, normalement aurait dû faire l'objet de débat au niveau de ce cadre de dialogue de manière à ce qu'il y ait une proposition consensuelle en ce qui concerne non seulement la nature des élections à organiser, mais également la date de ces élections communales. Nous ne sommes pas d'accord qu'on se limite seulement aux communales. Nous allons débattre de cette question en recommandant à ce que pour le moment la CENI gèle effectivement ses activités », souligne le porte-parole de l'opposition.


Amadou Sadjo Diallo

L’Indépendant, partenaire de GuineeActu


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