Alpha Amadou Diallo Mardi, 30 Août 2016 15:12
Le chef de file de l'opposition a été interrogé lundi dernier par nos confrères de la radio espace, sur ce qu'il pensait de la mesure d'interdiction des véhicules vieux de plus de 8 ans d'âge. Il a parlé de mesure prise sans diagnostic préalable, et qui ne peut que rendre la situation difficile aux usagers.
« Je crois qu'il est important de prendre des décisions préparées avec des mesures d'accompagnement. Aujourd'hui le transport public n'est pas réglé. Chacun se débrouille pour se faire transporter. Il n'y a pas d'entreprises structurées, chargées du transport public des voyageurs. Je pense que le rôle de l'État c'est de s'attaquer à ce problème », a déploré Cellou Dalein, dans son intervention sur l'interdiction des véhicules âgés de plus de 8 ans. Pour le président de l'UFDG, « il y a un problème d'occupation d'espace, et plus les véhicules sont nombreux, plus on a moins d'espace. Vous vivez les embouteillages aujourd'hui en Guinée, qu'on n'a jamais connus. Donc le gouvernement doit faire face à ce problème de façon globale », a-t-il indiqué. Avant d'ajouter que ce sont là de vrais problèmes auxquels le gouvernement aurait dû s'attaquer, au lieu de prendre un acte administratif, en disant « ceci est interdit » ou « vous êtes autorisés à faire ça ».
Pour Cellou Dalein Diallo, il faut faire un « diagnostic précis et essayer de faire face aux vrais problèmes. Le vrai problème c'est la gestion des espaces au niveau de la voirie, le problème c'est le transport public des voyageurs dans l'agglomération de Conakry ». C'est à cela il faut apporter une solution, selon lui.
« Je ne pense pas qu'interdire les véhicules âgés de plus de 8 ans dans un contexte où il n'y a aucune mesure d'accompagnement permettra aux gens de se faire transporter, et mettre un terme à la pauvreté », a fait remarquer l'opposant. « Je me suis adressé à un expert de la question, sur les conséquences de cette interdiction, puisque tous les petits taxis qui roulent ici sont âgés de plus de 8 ans. Dans ce cas comment va être résorbé le déficit de transport dans le pays. Il faut s'attaquer au fond du problème », a insisté Dalein. Qui a tenu certes à rappeler que « c'est vrai qu'on a besoin de moins en moins de pollution avec des véhicules moins âgés, et qu'on a besoin d'avoir un parc automobile plus sain, mais il faut penser aussi aux pauvres citoyens dont la mobilité doit être assurée dans l'agglomération de Conakry ».
Pour finir, le chef de file de l'opposition a estimé qu'il ne s'agit pas de prendre « une mesure isolée sans avoir une vision sur l'ensemble des problèmes, et chercher des solutions dans le cadre d'une politique gouvernementale bien réfléchie ».
Il faut dire que cette mesure commence à provoquer des grincements de dents dans la cité, à mesure qu'on approche de la date du 8 Septembre.
Alpha Amadou Diallo
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu
![]()