Amadou Sadjo Diallo Vendredi, 26 Août 2016 09:51
Lors d'une conférence de presse tenue mardi 23 Août dernier à la Maison de la presse, l'aile du CNP-Guinée dirigée par Sékou Cissé a livré sa part de vérité dans la crise qui l'oppose à Mamadou Sylla et Kaba Ansoumane « Guiter ». Ils ont mis à profit cette sortie, pour annoncer la tenue d'un nouveau congrès le 27 Août prochain, pour l'élection d'un président légitime.
Face aux hommes de médias Sékou Cissé a d'entrée de jeu rappelé le début de la crise avec Mamadou Sylla (patronat) qui selon lui, serait le responsable de toute la crise que traverse le Conseil National du Patronat de Guinée.
« C'était en 2015, nous avions choisi M. Ismaël Keita qui est président du PAG. El Hadj Sylla n'était pas d'accord sur ce choix. J'ai essayé de le conseiller de laisser passer.
Finalement il a porté plainte à Genève. Quand j'ai compris qu'il ne m'avait pas écouté, je suis parti de Genève. Dès son retour il a fait une résolution, a organisé une réunion en me mettant hors de mes fonctions. Le 26 Juin 2015 nous avons tenu une assemblée à l'hôtel le Millénium. Lors de cette assemblée, beaucoup d'opérateurs étaient présents, y compris Kaba Guiter. À l'unanimité nous avons insisté sur « l'incompatibilité » de Mr Sylla, et décidé d'organiser le plus rapidement possible le congrès. Même Mr Kaba avait signé ce procès-verbal. Ensuite Mr Sylla m'a assigné en justice avec une ordonnance de 2007 qu'il avait déjà brandie à Youssouf Diallo. Quand il m'a assigné, nous avons parlé aussi de l'incompatibilité de Mr Sylla en tant que président d'un parti politique et député à l'Assemblée nationale. En plus bref, vu tout cela, la Cour a constaté l'incompatibilité de Mr Sylla. Ça c'était le 15 Mars. En réalité Mr Sylla n'était plus président du Conseil National du Patronat de Guinée. Dans notre statut, tout est clair là-dessus. La personne habilitée à organiser un congrès c'est le président en exercice. Alors c'était à moi de convoquer ce congrès. Alors quand Mr Sylla a compris que c'était gâté, il a interjeté appel. Le 19 Avril on était à la Cour de première instance, le juge a confirmé l'ordonnance 072. Ils ont fait appel encore à la Cour d'Appel de Conakry. Ils sont allés à la Cour le 21, et ce jour il y a eu l'arrêt 162 que la Cour d'Appel a pris pour nous demander de surseoir à ce congrès du 23 Avril. Mr Sylla a refusé de respecter la loi en organisant le congrès. Toutes les autorités judiciaires et administratives sont au courant. Le 28 la Cour d'Appel a pris un arrêt définitif qui est le 171 qui confirmait tous les autres jugements », a rappelé Sékou Cissé.
Pour El Hadj Habib Hann, d'après les documents, Sékou Cissé est le président par intérim légitime du CNPG. « Lorsque nous avons essayé de voir les documents, on s'est rendu compte que Mr Cissé a été choisi, élu président par intérim. Lorsqu'il y a eu la divergence avec Mr Sylla par rapport à ce conseil supérieur du secteur privé et du patronat, ils se sont réunis davantage, ils ont validé et reconduit le mandat de Sékou Cissé », a-t-il indiqué.
Les textes sont clairs concernant l'incompatibilité du président du patronat avec celle des responsabilités politiques, a ajouté l'avocat de Sékou Cissé, Me Abass Bangoura.
« Il y a une incompatibilité. Comment voulez-vous qu'un député soit commerçant. L'article 1 de leur statut dit que le conseil national du patronat de Guinée est apolitique. Comment voulez-vous être président d'un parti, être président du patronat. Cette organisation tire sa source du code du travail et ce code fait référence à la constitution. Lorsque l'incompatibilité a été constatée par la Cour d'Appel, la Cour a aussi confirmé que Mr Cissé reste et demeure président par intérim », a souligné Maître Abass Bangoura. Le 27 Août prochain, ce groupe compte organiser un congrès, pour enfin élire un nouveau président.
Dans cette optique, Sékou Cissé a lancé un appel à Kaba Guiter. « Nous avons convoqué un congrès qui aura lieu le 27 Août. Nous, nous avons besoin de réconciliation. Comme Kaba dit qu'il a 25 fédérations à son actif, et que notre corps électoral est de 25 fédérations, alors je lui demande pour être républicain, de respecter la loi, la justice et de venir se présenter pour une légitimité élargie », a-t-il conclu.
Cette conférence de presse dont la modération a été assurée par Mme Domani Doré, ancienne ministre des Sports, d'autres témoignages dont ceux de Mme Baldé Aissatou, le doyen El Hadj Souleymane Cissé et El Hadj Bouna Kéita ont éclairé la religion des journalistes présents à cette conférence de presse. Tous ont reconnu que le clan de Kaba « Guiter » voulaient passer outre les lois de la république, pour s'accrocher au strapontin du CNPG.
Amadou Sadjo Diallo
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu
![]()