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Assassinat de Thierno Hamidou, Damaro, dialogue : le chef de l'opposition lève l'équivoque
Amadou Sadjo Diallo Jeudi, 25 Août 2016 21:57
Cellou Dalein Diallo, chef de file de l'opposition a été appelé à se prononcer sur des sujets d'actualité, chez nos confrères de la radio espace FM, le lundi dernier. Des sujets portant sur l'assassinat de Thierno Hamidou Diallo, la polémique engagée avec Amadou Damaro Camara autour de la cérémonie funèbre de la victime de ma marche du 16 Août et l'éventualité d'une reprise du dialogue politique et des obstacles qui freinent le processus.
De la mort de Thierno Hamidou Diallo
« Merci de m'avoir donné l'opportunité d'expliquer un peu les motivations qui animent l'opposition, et qui l'amènent à arpenter la rue pour manifester. D'abord, vous avez, pour parler de la manifestation du 16 Août, reconnaissons ensemble que ça a été une réussite. Bien entendu, on a déploré le mort enregistré. Il ne faut pas isoler aussi l'évènement. C'est qu'après les sorties, le commandant Diabaté a décidé d'ériger 3 barrages pour empêcher le retour des gens à leurs domiciles, sous le prétexte que la manifestation est terminée depuis 15 heures, qu'il n'autorise plus le regroupement dans la rue. Hors vous savez bien que du stade du 28 Septembre à Wanindara par exemple, il faut compter près de 8 km de distance. Les gens marchaient à pied, ce n'est pas possible de se disperser. Il y a des gens qui venaient de cimenterie. Pour moi c'est un guet-apens, qui a été monté », accuse Dalein, très amer.
« Il faut toujours remonter à la cause, lorsqu'il y a un problème. Il faut savoir comment il est né, sinon on ne pourrait prévenir la prochaine fois, quand le même problème se présente. Les gens étaient en train de remonter pour aller tranquillement chez eux. On a dressé 3 barrages pour dire que les gens ne passent plus. Il y a eu l'affrontement avec les jeunes. Donc la cause première, c'est d'abord ces barrages. Pourquoi ces barrages ? On n'a pas compris, parce que personne n'a assumé », a déploré Dalein.
Qui a ensuite révélé ceci : « moi, le général Bouréma Condé venait de m'appeler, pour me féliciter du succès de la manifestation. A l'époque, il n'y avait pas eu de bavures, mais on venait juste de me dire que les gens ont dressé les barrages. Il faut que j'appelle les autorités pour leur dire d'enlever les barrages. Il faut éviter d'aller en face des jeunes actuellement. J'ai dit attention mon général, on vient de m'apprendre qu'il y a des policiers qui estiment que la manifestation était autorisée jusqu'à 15 heures, et que maintenant on est à 16 heures 30, et qu'ils ne veulent plus voir de regroupement dans la rue. Hors qu'il y a eu du retard qui était lié au démarrage tardif de la marche, en raison de la pluie. On a pu quitter pratiquement le stade que vers 16 heures. Donc les gens ne pouvaient pas arriver à Wanindara tôt. Donc lui, il dit qu'il se renseigne. Il a appelé le ministre de la Sécurité et le gouverneur de la ville. Après, il me rappelle. Il me dit que c'est vrai. Je dis il faut leur dire de quitter là -bas, pour laisser les gens rentrer, puisque les affrontements ont commencé. Car vaut mieux qu'ils ne soient plus visible là -bas, c'est la meilleure manière de calmer les esprits », suggère le président de l'UFDG à Bouréma Condé.
« Il m'a dit que les instructions sont données dans ce sens, mais déjà le dégât était commis. Alors je pense que si désormais on fait une manifestation, parce que le droit d'emprunter la voie même en groupe, pour rentrer chez soi, on n'est pas en train de manifester, doit être reconnu jusqu'à ce que les gens arrivent chez eux, on y pensera », a promis l'opposant.
De l'accompagnement des militants chez eux
« Parlons en termes de droit, on n'est pas obligé de les raccompagner, ils ont le droit de marcher. Il ne faut pas qu'il y ait toujours une protection, c'est comme ça qu'on crée des commissions, des structures, alors que l'exercice du droit permet de régler le problème. On n'a pas besoin de les raccompagner. Moi je suis venu jusqu'au carrefour chinois, je me suis retourné, mais de là -bas jusqu'à Bambéto, il n'y a rien absolument. S'il n'y avait pas eu des barrages, il n'y aurait pas eu de confrontation. Il faut que les gens arrêtent de faire des choses qui ne peuvent être justifiées », conseille Dalein.
Pour lui, l'opposition peut manifester avec des mobilisations très fortes de militants sans qu'il n'y ait d'incident. Mettant cet incident sur le compte de ceux qui voudraient discréditer l'opposition, suite à cette marche pacifique qui malheureusement s'est soldée par la mort d'un jeune marchand ».
De la polémique autour de la mort de Thierno Hamidou Diallo
« Je vais vous donner le contenu de la conversation que j'ai eue avec l'honorable Amadou Damaro. Il m'a appelé vers 21 heures le jeudi 18 Août, pour me féliciter pour la marche et m'adresser ses condoléances pour le décès de mon militant. Il m'annonce que lui-même sera à la cérémonie de levée du corps. Je l'informe qu'il n'y a pas de cérémonie de levée du corps. On a décidé d'organiser une cérémonie comme celle qu'on a organisée au décès de mon garde du corps, décédé en détention. C'est dire que tout se fera à Bambéto. Il me dit alors j'irai à Bambéto. Je dis même nous les leaders de l'opposition, me retrouveront à mon bureau, et delà on va à Bambéto. Il dit alors je vais venir là -bas. Voilà tout ce qu'on s'est dit », a narré Dalein. Précisant ensuite que le programme des obsèques était déjà diffusé. « On a même informé monsieur le gouverneur vers midi, qu'on fait cette cérémonie, comme ça. Et qu'on ne souhaite pas que les gendarmes et les policiers soient déployés. Il y aura des regroupements à la mosquée de Bambéto, entre la mosquée et le cimetière, il y aura une petite marche, mais rien d'autre. Nous lui avons demandé de dire aux policiers et aux gendarmes de ne pas participer à cette cérémonie, pour ne pas susciter des violences », a-t-souligné.
« Donc lorsque Damaro a appelé vers 21heures GMT, le programme était déjà établi. Mais je lui ai donné l'information. Il a dit qu'il se joindra à nous, à mon bureau pour aller à Bambéto. Il n'y a rien eu d'autre qui s'est passé. Il n'y a pas eu de négociations, pour enlever ceci ou cela. Il n'a fait aucun commentaire sur le programme. Il a dit qu'il se pliait au programme défini, et qu'il vient à mon bureau pour qu'ensemble, on remonte à Bambéto », voilà ce qui s'est passé entre les deux hommes sur le programme des obsèques du jeune marchand tué par balle, dans la soirée du 16 Août dernier. Des bruits avaient pourtant couru selon lesquels, c'est Damaro Camara qui aurait amené l'opposition à renoncer à la marche funèbre qu'elle entendait organiser à l'issue de cet enterrement.
Les préalables au prochain dialogue
« En tant que Guinéens, nous privilégions le dialogue. Les manifestations dans les cas-ci coûtent cher en vies humaines, en intégrité physique, en liberté, parce que souvent les gens sont arrêtés et emprisonnés. Économiquement pour l'économie du pays, cela est aussi coûteux. Mais pour aller au dialogue, il faut qu'on ait des garanties que les décisions qui vont en sortir seront respectées. Ce qui n'a pas été le cas jusqu'à présent. Nous avons vu des institutions nous dire, qu'elles ne sont pas concernées par l'accord politique. Dès lors qu'elles ne sont pas signataires. La CENI n'était pas signataire de l'accord politique, il y a beaucoup de décisions qui ont été prises, et qui n'ont jamais été appliquées. L'accord du 20 Août, aucune disposition n'a été appliquée. Je vous ai expliqué ici l'autre fois, parce que les gens disent non, les délégations spéciales ont été mises en place. Mais après les élections présidentielles, l'objectif était d'avoir quelques élus locaux de l'opposition dans les collectivités décentralisées, étant donné que tous les élus locaux d'une manière ou une autre étaient passés au RPG.
Donc avant l'élection présidentielle, pour l'équité de celle-ci, on avait voulu que les élections communales aient lieu avant. N'ayant pas obtenu ça, on a souhaité au moins qu'il y ait des délégations spéciales composées à la lumière des résultats des législatives, à la proportionnelle. Mais lorsque les délégations spéciales ont été mises en place, sur 128 collectivités sur 342 seulement, le président a dit qu'il n'est pas question de les installer avant l'élection présidentielle. Donc ça n'a pas été appliqué selon les termes de l'accord. Donc pour répondre à la question, on a souhaité qu'il y ait un engagement du président de la République qui s'engage et qui engage toutes les institutions, à respecter les décisions du dialogue politique, parce qu'il faut que ça ait un sens, parce que toujours on l'impression qu'on roule l'opposition. Les décisions du dialogue politique engagent toutes les institutions, ça c'est un. De deux, il faut qu'on ait un ordre du jour. Habituellement dans le cadre d'une concertation plutôt informelle, on définit un ordre du jour, pour nous. Il faut aussi qu'on s'engage à ne plus renégocier les acquis des dialogues antérieurs. Tout ce qu'on a arrêté le 20 Août, rien n'a été appliqué, rien, aucune décision », a martelé le président de l'UFDG.
Du blocage du dialogue politique
« C'est très facile de mettre l'opposition et la mouvance dans le même panier. Il faut qu'on arrête ça, et qu'on cherche à identifier les causes réelles. On s'est retrouvés ici au mois d'Août. On a obligé l'opposition de renoncer à l'organisation des élections communales. On a pris l'engagement que le fichier sera assaini, et c'est précisé là -bas que tous les mineurs qui ont été massivement recensés en Haute-Guinée seraient sortis du fichier, écrit noir sur blanc. On a obtenu que les élections communales enfin auraient eu lieu avant le 30 Juin. On a obtenu que la CENI serait revue par l'assemblée, dès après l'élection présidentielle. On a obtenu que l'administration territoriale devrait cesser de s'impliquer dans l'animation politique au profit du RPG. On a obtenu qu'on l'accord de principe d'avoir un accès équitable des partis politiques aux médias publics. Est-ce que tout ça a été appliqué ? Rien », déplore le chef de file de l'opposition.
Il a ensuite ajouté quelques points non encore résolus. « On a demandé en Janvier qu'on se retrouve pour faire le point sur la mise en œuvre de ce qui était inscrit dans les recommandations issues des dialogues précédents. Le gouvernement a refusé le dialogue. Depuis lors on demandait le dialogue, c'est lorsqu'on a menacé d'aller dans la rue, qu'on nous a dit donc venez, chaque parti n'a qu'à envoyer 2 représentants, on va dialoguer. On dit non. Il faut d'abord que le dialogue ait un sens, qu'il y ait un engagement ferme des institutions, pour le respect ce qui serait issu de ce dialogue. Et il faut qu'on ait un ordre du jour, et qu'on sache qui préside le dialogue, quels sont les participants, et qu'on définisse tout le cadre de dialogue avant le dialogue », a souligné Cellou Dalein, évoquant les motifs de blocage du processus de dialogue inter guinéen.
Il a ensuite rappelé qu'avant que « le dialogue ne se mette à jour en Juillet 2014, sous la présidence de maître Sacko, on a eu un dialogue. En une matinée, on a aplani toutes nos divergences. On a fait le relevé de conclusions. Lorsque Monsieur Alpha Condé a été informé, il a dit qu'il n'est pas question d'engager le gouvernement sur ce papier-là . Les relevés de conclusions n'ont jamais été signés, et ce qui est signé n'est jamais respecté. Lorsque vous faites le diagnostic, il faut essayer de savoir parce que c'est facile de dire l'opposition ne veut pas le dialogue. Nous, on veut le dialogue, mais il faut qu'on ait aussi des garanties, que ce qui en sera issu sera respecté », telle semble être désormais la posture de l'opposition. Qui à force d'avaler trop de couleuvres, ne voudrait plus servir de faire valoir pour le pouvoir.
Une synthèse d'Amadou Diallo
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu
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