Organisation des élections communales et locales : voici pourquoi ça coince

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SOROPOGUI_Etienne_3_01Les contraintes administratives et juridiques qui devraient être levées pour favoriser la tenue des élections locales ne l'ont pas été. D'où la préoccupation de la CENI, qui se retrouve presque dos au mur, dans le déroulement du chronogramme électoral qu'elle avait fixé au départ.


Pour le directeur des Opérations de la Ceni, Étienne Soropogui, le chronogramme opérationnel des élections qu'ils avaient conçu au niveau de Kindia avait une particularité. « Il y avait une chaîne d'activités, notamment des délais et des moyens de mise en œuvre », a déclaré le directeur des Opérations de la Ceni. Étienne Soropogui a expliqué plus loin que la rencontre de Kindia s'était déroulée autour, notamment de l'architecture du chronogramme. « Nous avons mis à l'intérieur de ce chronogramme un certain nombre d'activités qui devaient être réalisées dans les délais que nous avons à l'époque indiqués », dit-il. Puis d'ajouter que les activités qui avaient été mentionnées au niveau du chronogramme étaient des activités liées à la levée des contraintes administratives et juridiques du processus électoral des élections communales et locales. « À l'époque on a estimé que pour lever ces contraintes, il y avait un délai de 130 jours. Ce délai courait du 24 Février au 8 Juillet 2016, pour permettre de lever ces contraintes», selon lui. « Nous sommes en Août, il se trouve que quand on regarde la mise en œuvre de cette opération, on se rend compte malheureusement que jusqu'ici rien n'a été fait », a reconnu le directeur en charge des Opérations au sein de la Ceni. Avant de rappeler qu'il s'agissait à l'époque de prendre un certain nombre d'actes réglementaires et législatifs.


Dans la même lancée, Soropogui a rappelé que le chronogramme qui avait été établi tenait compte de l'ensemble des élections. À savoir « les élections des communes urbaines et rurales, mais également des élections au niveau des districts et quartiers ». Pour Étienne Soropogui à ce niveau aussi, la constitution guinéenne et le code électoral s'opposent. Selon lui, la Constitution guinéenne considère les communes urbaines et rurales comme étant des collectivités locales, alors que le code électoral stipule que ce sont des communes urbaines et rurales mais aussi les districts et les quartiers, qui joueraient ce rôle. « Il se trouve que dans la configuration actuelle de ces collectivités, pour faire en sorte que ça soit en définitive des collectivités, il fallait prendre une loi au niveau de l'Assemblée nationale. Une loi qui devait régulariser le statut de ces collectivités pour dire qu'elles sont devenues des collectivités locales », a-t-il expliqué. De l'avis du directeur des opérations, la loi malheureusement n'a pas été prise. Et le parlement vient de clôturer la session des lois, le 5 Juillet dernier. « On peut inverser cette tendance, si les gens décident d'organiser une session des lois. « Dans la configuration actuelle, on ne peut organiser les élections dans les districts et les quartiers », a d'office souligné Étienne Soropogui.


Bien d'autres contraintes auxquelles la Ceni serait confrontée ont été signalées par les commissaires de l'institution. Il s'agit notamment de la mobilisation des ressources pour la réalisation de certaines activités. « Aujourd'hui la Ceni n'a reçu malheureusement aucun franc, comme ressource liée aux opérations électorales », a conclu Étienne Soropogui.


Vu ces manquements, la Ceni dit-on, va très bientôt organiser une plénière, afin de conclure quel type d'élection, va-t-elle désormais organiser.


Richard Tamone

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+4 #3 amadudialamba 21-08-2016 22:00

Chronogramme, Contraintes administratives, questions juridiques, affaires politiques et économiques, processus électoral, etc., ces arguments ne sont avancés que pour justifier l’incapacité et la mauvaise foi de ces nuisibles agents. CENI, pouvoir, administration territoriale, ils sont tous sur la même longueur d’onde. Pas de doute pour moi, ces gens se concertent quotidiennement sur tout ce qui se passe (comment repousser indéfiniment les échéances électorales et autant que les acteurs le tolèreront ; quels sont les arguments à placer pour convaincre toutes les parties, calmer les ardeurs des uns et des autres à chaque agitation politique, etc.). Bref pour moi, c’est un ensemble de merde dépourvu de toute conscience. Malheureusement pour la Guinée, les membres de cette CENI (cambrioleuse) comptent se maintenir dans ce statu quo, aussi longtemps qu’ils le pourront, en vue de profiter au maximum des recettes du contribuable.
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+7 #2 lodia 21-08-2016 00:48

C'est humiliant pour AC , pour le pays. Depuis 2010 jusqu'à aujourd'hui, AC et sa CENI de mensonge et de triche est incapable d'organiser des elections communales, d'autant qu'il se targue de son coup-KO?
Le senegal, le mali, la CI, le Burkina, bref quasiment en dehors du Congo, de l'Angola, la guinée reste le seul pays à ne pas être capable d'organiser des elections communales, à ne pas disposer de fichier electoral valable et ne pas être capable d'organiser des elections avec un fichier alphanumerique à l'heure de l'informatique de masse ou m^m les enfants du CM² sont capables d'une telle operation. Que le peuple de guinée et les intellectuels n'oublient jamais ces monstres de la CENI que sont les Fofana, Soporogui et consorts meritent bien la guillotine et que la honte et l'oppobre les accompagnent dans leur descente aux enfers, pour avoir sacrifié de vies innocentes, en truquant, mentant , trichant au profit de leur patron usurpateur...Nous n'oublierons pas et l'histoire témoignera m^m apres leur mort. Nous noublierons pas!
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+10 #1 Gandhi 20-08-2016 14:20

Étienne, déception et désillusion... notamment parce que c'est la mort de l'espoir. Même les jeunes imitent les mauvaises pratiques des Anciens.
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