Mamady Keita Jeudi, 18 Août 2016 09:53
Le député Ousmane « Gaoual » Diallo a finalement recouvré la liberté, après une condamnation à une peine de 2 ans de prison avec sursis, et au paiement de la somme d’un million de GNF, au terme d'un procès qui aura défrayé la chronique, la semaine dernière. Une décision de justice qui ne semble pas émousser l'ardeur de ce député, considéré comme le trublion de la politique guinéenne, dont la pugnacité semble contrarier le pouvoir.
La Cour présidée par le juge Manga Douba Sow a prononcé son verdict dans le cadre du procès du député Ousmane « Gaoual » Diallo, qui était jugé pour « offense » au chef de l'État. À ce chef d'accusation était venu se greffer ceux de « menace de mort et de diffamation », proférées d'après l'accusation contre 3 cadres du RPG Arc-en-ciel.
Ces cadres à savoir Sanoussy Bantama Sow, Malick Sankhon et Hady Barry, qui sont respectivement ministre conseiller à la présidence guinéenne, directeur nationale de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), et secrétaire général du département des Affaires étrangères, avaient saisi la justice d'une plainte contre le député de l'UFDG.
Le député s'en est tiré finalement avec 2 ans de prison avec sursis, et au paiement de la somme d’un million de GNF à titre de dommage et intérêt aux victimes. Après le verdict, une fois hors du Tribunal, la première réaction du député Ousmane « Gaoual » Diallo, a été celle-ci : « jamais l'opposition ne sera criminalisée dans ce pays. La liberté triomphera. Peu importe celui qui règne, le droit sera respecté par tous. Que cela soit entendu aujourd'hui, que cela soit répété demain, après-demain. La liberté sera respectée dans ce pays qui est le nôtre, la Guinée », a martelé l'homme, qui semblait imperturbable. Il faut aussi rappeler que le député, avait tenu à dire avant la lecture de la sentence, que son « combat est un combat d'idées, pas un combat basé sur des intérêts ».
Face à cet opposant considéré par ses détracteurs comme « une tête fêlée », les faucons de la majorité présidentielle voient rouge. Pendant que les militants de l'UFDG, eux célèbrent le fait de le retrouver hors des quatre murs, qu'importe le « sursis » qui lui plane sur la tête. Il faut d'ailleurs préciser que la défense compte interjeter appel, suite à cette condamnation, qu'elle n'a pas l'air de vouloir avaler. Le député lui, n'a pas raté l'occasion pour tancer le régime dans tous ses aspects, durant sa prise de parole, au cours de ce procès. Donnant ainsi lieu à un véritable réquisitoire contre la gouvernance Alpha Condé.
De peur sans doute que les médias continuent de se faire l'écho de ces sorties acerbes de l'opposant, le dispositif sécuritaire avait été renforcé, lors du second et dernier jour du procès, au grand dam des journalistes qui en ont payé les frais. Vu que certains reporters présents sur place avaient subi des violences de la part des agents de sécurité.
Il conviendrait de noter que l'interpellation du député de l'UFDG avaient donné lieu à des réactions dont certaines qualifiaient « la procédure de biaisée, vu qu'en droit la forme commandait le fond ». Les partisans de cette thèse selon laquelle la procédure de « flagrance » ne saurait être appliquée contre le député, 72 heures après que l'acte soit consommé, se sont vu opposer la réplique du parquet général, qui a affirmé le contraire, en invoquant le nouveau Code de procédure pénale. Comme quoi, une affaire aura rarement défrayé la chronique judiciaire sous la troisième république.
Mamady Kéita
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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