Aicha Kaba Mercredi, 10 Août 2016 14:02
Le bruit sur une éventuelle tentative d'enlèvement de l'universitaire Mohamed Camara par des agents de sécurité a provoqué le vendredi dernier, un emballement médiatique sur la toile. Le Haut commandement de la gendarmerie a démenti cette information, en parlant de fausses rumeurs.
C'est Mamadou Alpha Barry, chargé de la communication de la Gendarmerie qui a démenti les informations relatives à la tentative d'enlèvement de l'universitaire Mohamed Camara, vendredi dernier, alors qu'il s'apprêtait à quitter les locaux de son bureau, au département des Affaires étrangères. Dans un premier temps, le commandant a fait ce post sur sa page facebook : « la Guinée est un pays de rumeurs et de mensonges. Mohamed Camara est un ami de la gendarmerie rien d'autre. Coïncidence : le général Baldé est juste venu rencontrer le ministre de l'élevage mais par manque de place, ses véhicules sont allés stationner au Ministère des AE et à côté du véhicule de Mohamed Camara pour qu'on dise que c'est une tentative d'intimidations. Mohamed Camara nous t'aimons nani et on est ensemble. Wassalam ».
Puis il a repris les mêmes explications dans la presse. Pour le porte-parole du Haut commandement de la gendarmerie, la présence des pandores autour du véhicule de Mohamed Camara n'était qu'une pure coïncidence. Il s'agissait selon lui, de membres de la garde rapprochée du général Ibrahima Baldé, Haut commandant de la gendarmerie et directeur de la justice militaire. Celui-ci était en effet dans les environs, en visite au ministère de l'Élevage. Et faute d'espace pour stationner ses véhicules de cortège, certains seraient allés garer là où se trouvait la voiture du juriste. Et c'est sans doute à la vue de ces hommes en treillis autour de son véhicule, que Mohamed Camara aurait été alerté d'une éventuelle tentative « d'enlèvement ».
Aussitôt la toile s'est emballée, et les commentaires allaient dans tous les sens. Certains observateurs y ont tout de suite vu une tentative « d'intimidation » de la part des autorités. À cause des sorties médiatiques de l'universitaire, qui ose contredire des décisions du gouvernement ou de la justice, dans un pays où le fonctionnaire a la culture de la soumission. N'étant qu'un béni-oui-oui, en quête de poste, pour pomper du fric. Mohamed Camara lui, ne fonctionne pas comme ça. Car bien qu'étant un cadre du département des Affaires étrangères, ce juriste est un homme qui n'hésite pas à afficher ses convictions. Ce qui n'est pas de nature à plaire à tout le monde, notamment du côté des pouvoirs publics. Il faut noter que c'est lui qui a ouvert la voie aux critiques qui ont visé la procédure d'interpellation du député Ousmane « Gaoual » Diallo, le 3 Août dernier pour « outrage » au chef de l'État. Pour Mohamed Camara, la procédure a été simplement biaisée. Une sortie qui a freiné l'élan de la justice, qui a tenté de sauver la face en invoquant un Code de procédure pénale, dont l'application reste encore soumise à un décret du chef de l'État, non encore pris.
Aicha Kaba
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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