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Bras de fer… : les louvoiements de Damantang

Oumar Daroun Bah  Lundi, 08 Août 2016 08:28

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CAMARA_Damantang_2_01Damantang Albert Camara, ministre porte-parole du gouvernement promet que le pouvoir va prendre ses responsabilités, en prélude aux manifestations prévues à compter du 10 Août par l'opposition. Dans un entretien accordé au site africaguinee.com, le ministre dit néanmoins encourager les initiatives visant à la relance du dialogue.


« Nous aurions été pleinement satisfaits de savoir qu'elle était reportée parce que l'opposition s'est rendue compte des risques liés à l'organisation d'une manifestation et, particulièrement, de ceux consécutifs aux propos de Monsieur Ousmane Gaoual Diallo. Malheureusement, nous constatons avec surprise qu'il s'agit pour eux « d'attendre l'arrivée du chef de l'État ». Comprenne qui pourra ». Donc, nous prenons acte. En attendant, nous continuons à discuter et encourageons toutes les initiatives qui permettront au débat de quitter la rue pour se tenir dans un cadre approprié, telle est la réponse que Damantang a donné à propos de la question relative au report de la manifestation de l'opposition.


Quant à savoir si le gouvernement va autoriser ou non la marche de l'opposition, le ministre dit que : cette décision appartient aux ministères de l'administration du territoire et de la Sécurité, principalement. Vu l'atmosphère qui règne, il me semble inopportun d'autoriser cette marche. Mais les autorités concernées, au regard des informations dont ils disposent, décideront en toute responsabilité ».


Quant aux dispositions qui seront prises pour éviter d'éventuels cas de violences, Damantang indique que : « le gouvernement est responsable de la sécurité de plus de dix millions de Guinéens sur toute l'étendue du territoire. Lorsque des citoyens décident de mobiliser des centaines, voire des milliers de personnes dans des circonstances particulières, la loi leur impose de prendre toutes les mesures nécessaires pour sécuriser cette manifestation. Les services publics de sécurité sont là pour s'assurer que ce dispositif de sécurité mis en place par les organisateurs rempli correctement sa mission. Il a fallu combien de manifestations qui dégénèrent pour que, cette fois, les opposants décident de mettre en place un véritable service d'ordre ? Il est sidérant de constater qu'ils sont capables de mobiliser 1 500 agents et de les former. Pourquoi ne l'ont-ils jamais pour les manifestations précédentes ?


Si la manifestation est maintenue et qu'elle est autorisée, les forces de sécurité prendront les dispositions d'usage pour éviter tout débordement et permettre à ceux qui ne manifestent pas de vaquer à leurs occupations », a-t-il souligné.


À propos des contre-manifestations annoncées du côté de la mouvance présidentielle, il réplique : « Nous ne soutenons qu'une seule position : la gestion de l'ordre public dans une république appartient à l'État. Les prérogatives de puissance publique et d'usage légitime de la force n'appartiennent qu'à l'État. Point final.


Ceci dit, vous prenez un raccourci un peu facile en mettant sur un pied d'égalité les déclarations de la mouvance et de l'opposition. Face aux prétendus appels à des contre-manifestations, nous avons eu droit à un appel à la vengeance privée et au meurtre contre les familles désignées de 3 membres de la mouvance. Nous avons eu droit à des injures et accusations très graves, gratuites et sans fondement contre le chef de l'État. Nous avons eu droit à des menaces de guerre civile, de carnage et de génocide. Je viens d'entendre successivement 2 leaders de l'opposition, dont le Porte-parole, qui semblaient dire que ces propos n'engageaient que Monsieur Ousmane Gaoual Diallo. Je rappelle que ces propos ont été tenus par un membre du Bureau Politique National de l'UFDG, parti du Chef de file de l'opposition. Ils ont été tenus publiquement lors d'une Assemblée générale de ce parti. Vous pouvez tourner les explications et les justifications comme vous le voulez, tant que ces propos et leur auteur n'auront pas été solennellement condamnés, ils restent ceux de l'opposition républicaine ».


Sur la question de savoir si le gouvernement est prêt à accepter les conditions posées par l'opposition, le porte-parole répond que : « le gouvernement est prêt à tout ce qui est raisonnablement faisable pour privilégier le dialogue. Pour votre information et contrairement à ce que dit l'opposition, le ministre de l'administration du territoire a déjà reçu à plusieurs reprises l'opposition et la mouvance. À force de multiplier les exigences, les préalables et les suspicions l'opposition donne tout simplement l'impression qu'elle a pour unique objectif de mettre le gouvernement en difficulté.


Il y a une incohérence totale dans la démarche de l'opposition. J'ai encore entendu son Porte-parole dire aujourd'hui que l'opposition n'a pas de problème avec le RPG mais qu'elle est en conflit avec l'Assemblée Nationale et avec la CENI. En résumé, l'opposition n'a aucun conflit avec une structure où elle n'existe pas mais elle ne s'entend pas avec les structures où elle est largement présente !


La difficulté, avec cette exigence récurrente d'un dialogue dans les formes et délais que souhaite l'opposition, c'est qu'en fait, l'opposition veut faire de ce dialogue une instance de décision à la place de la CENI et de l'Assemblée nationale. Voilà le véritable problème ».


Quant aux garanties devant régir l'application des points issus des discussions entre les deux camps, Damantang précise que ce sont : « les mêmes garanties qui ont permis de surmonter les obstacles qui ont plombé le climat politique de 2011 à maintenant ; à savoir : le calendrier des législatives, le cas Waymark, la recomposition de la CENI, le vote des Guinéens de l'étranger, le calendrier des communales et celui de la présidentielle, les délégations spéciales, et j'en passe… ».


Une synthèse de Oumar Daroun Bah

L'Indépendant, partenaire de GuineActu


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