Oumar Daroun Bah Samedi, 06 Août 2016 09:39
Le Conseil National du Patronat de Guinée (CNP-G) a organisé dans la matinée du mardi 2 Août une réunion d'informations dans un réceptif hôtelier de la place à Conakry. Une démarche qui avait pour but de taire une fois pour toutes les divergences au sein de l'institution.
D'entrée de jeu, le président par intérim de cette organisation patronale, Sékou Cissé a tenu à mettre les 17 fédérations qui ont pris part à cette rencontre, au bain de la situation qui prévaut au sein de l'institution.
Selon Sékou Cissé, l'objectif de cette réunion était typiquement d'ordre informatif. « Vous savez, le CNP-G, il y a 25 fédérations, et aujourd'hui c'est une réunion que j'ai convoquée pour échanger des informations, pour essayer en quelque sorte de vous donner des informations sur la situation de crise que nous traversons actuellement. Et c'est ça qui a été fait.
Le quorum a été atteint. Parce que sur 25 fédérations, il y avait 17 fédérations qui étaient présentes à cette réunion. C'est pour trouver des voies et moyens pour qu'il y ait une réconciliation de part et d'autre, que nous nous sommes retrouvés aujourd'hui, afin que le CNP-G puisse vivre », a expliqué le président par intérim.
Pour lui, « les statuts sont clairs », le CNP-G « n'est pas une entreprise que vous gérez, donc vous ne pouvez pas dicter et vous ne pouvez pas prendre de décisions unilatérales, en aucun moment. Alors, il faut toujours briefer les fédérations, est c'est ce qui a été fait. Il y a une autre réunion qui est prévue pour le samedi 6 Août. Nous avons travaillé sur le projet de statut. On a pris les mails, on a un draft, donc on va essayer de les proposer», dit-il.
En ce qui concerne le bras de fer qui oppose Sékou Cissé à Mamadou Sylla « Sylla Patronat », le Président intérimaire du CNP-G a expliqué la nature des choses. « Mr Sylla est celui qui m'a emmené en justice. Malheureusement pour lui, heureusement pour moi j'ai gagné le procès et, la Cour a établi son « incompatibilité », en tant que chef de parti politique et en tant que député à l'Assemblée nationale. Il a fait appel à la Cour d'Appel de Conakry le 21 Avril dernier. Le Président de la Cour a demandé de surseoir à la tenue du congrès du 23 Avril. M. Sylla a violé encore une fois cela. Le 28 Avril, la Cour a rendu son « arrêt 171 » qui prenait en compte tout ce qui s'était passé. Aujourd'hui, la légitimité est chez nous. Je suis le président par intérim et c'est par cette prérogative que j'ai en tant que président, parce que c'est moi qui doit convoquer le congrès et c'est ça que j'ai fait maintenant», a justifié Cissé.
À la sortie des différentes réunions initiées par le CNP-G, le président par intérim de cette institution s'attend à une prise de conscience. Aussi, ajoute-t-il, « vous savez c'est un processus de réconciliation. La loi est claire, maintenant nous voulons nous réconcilier », a lancé Cissé à l'auditoire.
Certains participants à la réunion ont tenu à proposer des solutions, afin de mettre un terme à cette crise. L'un des cadres de ce Conseil a ainsi proposé au cas où la réconciliation n'aboutirait pas, la « révocation » de l'ancien président Mamadou Sylla, ainsi que le président intérimaire Sékou Cissé et à la suite de dissoudre le bureau actuel. Parallèlement, il a suggéré la création d'une commission ad-hoc qui aura la charge d'organiser une nouvelle élection qui sera acceptée de tous. Une suggestion qui ne semble pas faire l'unanimité.
Il faut rappeler que le 15 Mars 2016, le TPI de la presqu'île de Kaloum a tranché en faveur de Sékou Cissé dans le feuilleton judiciaire qui l'oppose à Mamadou Sylla. Le TPI a constaté « l'incompatibilité », de ce dernier dans sa fonction de président du CNP-G, pendant qu'il siège à l'hémicycle, et préside un parti politique.
Sylla avait défié la justice, en adoubant Ansoumane Kaba « Guiter », qu'il a porté à la tête de la structure. Avec le processus de réconciliation qui est en marche, avec l'implication de l'Association du Grand Mandingue (AGM), présidée par Laye Sidibé, les membres de l'Institution sont confiants à l'aboutissement de ce processus. Surtout Kaba « Guiter », après avoir épuisé toutes les voies de recours, a compris qu'il faut mettre balle à terre, pour sceller une réconciliation entre les membres de la structure.
Oumar Daroun Bah et Adama Sira Baldé
L'Indépendant, partenaire de GuineActu
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