Amadou Sadjo Diallo Mardi, 19 Juillet 2016 14:19
Le jeudi 14 Juillet dernier, l'opposition a déroulé son chronogramme relatif à l'organisation de ses manifestations publiques. C'est le 4 Août qui a été retenu pour le lancement de ces actions de désobéissance civile. Au cours de cette rencontre avec les médias, le chef de file de l'opposition a réfuté les accusations portées contre sa personne par le parti au pouvoir, qui voit dans ses propos de ces derniers temps, un caractère subversif.
Après de maintes tergiversations, l'opposition décide enfin de descendre dans les rues au mois d'Août prochain, sur toute l'étendue du territoire national, selon Aboubacar Sylla, porte-parole de l'opposition. « Nous avons décidé que ça soit le jeudi 4 Août prochain, que nous appellerons les Guinéens, toutes tendances politiques confondues, à sortir pour manifester leur désapprobation par rapport à la gouvernance exercée dans ce pays, à la corruption, au détournement, à la cherté de la vie, à l'insalubrité, à l'insécurité et au mal être qui est vécu aujourd'hui par tous les Guinéens, quels que soient par ailleurs leur bord politique, leur génération, leur confession, leur ethnie ou origine régionale », a-t-il indiqué. Le 8 Juillet dernier, le ministre de l'Administration et du territoire a adressé un courrier à l'opposition invitant celle-ci à l'ouverture d'un nouveau dialogue.
L'opposition esquive l'invitation pour des motifs selon elle du manque de sincérité de la part du gouvernement, qui la sous-tend. « On veut désamorcer un programme de manifestation que nous avons décidé. On envoie un courrier pour dire venez rapidement au dialogue. Tout ça on voit qu'il n'y a pas de sérieux, pas de bonne foi, il n'y a pas de volonté politique réelle d'ouvrir un dialogue. Sinon le gouvernement sait comment on prépare un dialogue, si on veut que ça soit un vrai dialogue et si on ne veut pas que cette proposition soit rejetée d'emblée », déclare le porte-parole de l'opposition. Pour participer à ce dialogue, les adversaires du régime posent des préalables. « Nous estimons qu'il faudrait d'abord avant l'ouverture du dialogue, que nous définissions ensemble le cadre c'est-à-dire les participants, le présidium, les médiateurs et un projet d'ordre du jour comme ce fut le cas par le passé. J'estime que la Guinée traverse une période critique et que tous les acteurs politiques et sociaux devraient privilégier le dialogue et la recherche du consensus pour éviter de fragiliser davantage la paix et l'unité de la nation », a indiqué Aboubacar Sylla dans son intervention.
Le RPG Arc-en-ciel a dans une déclaration publiée le mercredi dernier, accusé le chef de file de l'opposition de tenir dans ses meetings des propos à caractère subversif. L'accusé en question, quant à lui estime que c'est une intimidation face à laquelle il ne va pas céder. «Nous allons pour notre manifestation, écrire aux autorités municipales. Organiser la marche sur le parcours conformément aux dispositions de la Constitution et des autres lois de la République. C'est un complot ça », se demande Dalein avant de continuer sa narration.
« Nous faisons les choses légalement. Cette déclaration du RPG n'est que le résultat d'une panique. Le retour à certaines habitudes bien connues dans ce pays, l'utilisation du complot pour intimider et réprimer les opposants potentiels ou réels. Ceci ne me fait ni chaud ni froid. Je suis quelqu'un qui a choisi la conquête du pouvoir par la voie démocratique. C'est une campagne d'intimidation », a déclaré le président de l'UFDG. À l'allure où vont les choses le bras de fer entre les deux bords risque d'être plus tendu.
Amadou Sadjo Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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