Amadou Sadjo Diallo Jeudi, 14 Juillet 2016 13:59
L'opposition s'est finalement résolue à organiser des manifestations de rue, pour protester contre la mauvaise gouvernance qu'elle reproche au président Alpha Condé, dans la conduite des affaires de l'État. Pour calmer les esprits, le Premier ministre Mamady Youla, invite les opposants à dialoguer. Sauf que ceux-ci, désabusés qu'ils sont, ne semblent pas prêter attention à ces donneurs de billevesées.
La rencontre prévue entre le gouvernement et l'opposition républicaine pour ce jeudi, à la demande du Premier Ministre Mamady Youla, pourrait ne pas avoir lieu. C'est le moins qu'on puisse écrire, car au moment où nous allions sous presse, l'opposition avait fait comprendre à travers son porte-parole, qu'elle n'était pas prédisposée à assister à cette rencontre. Vu qu'elle devait tenir une conférence de presse pour ce jeudi même à la Maison de la presse. Aboubacar Sylla, qui s'est confié à la presse, avait mis cette occasion à profit pour relever le caractère « discourtois » du courrier du gouvernement, qui leur a été adressé. Il a déploré le fait que l'administration Condé met tout en œuvre pour faire croire à l'opinion que l'opposition refuse le dialogue, alors que ce n'est pas ça. Sinon, à son avis, « une délégation devait être envoyée aux partis politiques pour convenir d'abord d'une date et d'un certain nombre de points à inscrire à l'ordre du jour avant d'appeler à un dialogue ».
Le porte-parole de l'opposition a indiqué que la conférence de presse prévue ce jeudi allait être une occasion pour l'opposition républicaine d'annoncer les dates pour le démarrage d'une série de manifestations politiques, qui vont se dérouler dans la capitale et dans les villes intérieures.
À propos de ces manifestations, l'honorable Sylla avait tenu à expliquer de manière très claire les raisons de ces actions de désobéissance civile, à l'issue de la plénière de l'opposition qui s'est déroulée le lundi dernier. « Nous allons commencer par une marche et nous allons faire précéder cette marche d'à peu près une quinzaine de jours d'une campagne de sensibilisation et de meetings que nous allons tenir dans les différentes communes sur les motifs de cette manifestation », a-t-il souligné.
Ajoutant qu'il « ne s'agit pas d'une manifestation dont le but est d'attirer l'attention exclusivement sur des questions politiques ou des questions électorales. Il s'agit d'une manifestation destinée à montrer à la communauté nationale et internationale le rejet du peuple de Guinée de la gouvernance exercée aujourd'hui dans ce pays. Cette gouvernance qui produit du chômage, de l'injustice, l'insécurité, l'insalubrité, la cherté de la vie, les inégalités sociales. Donc nous allons nous battre pour que tout ceci cesse dans ce pays. Nous allons commencer à le faire à travers ces manifestations », avait martelé l'opposant.
De l'opportunité d'un nouveau dialogue
L'opposition compte bien répondre au courrier du gouvernement dans les prochains jours, mais elle se dit sceptique quant à la réussite de cet énième dialogue. « On ne sait pas qui et qui seront là, de quoi nous allons parler. On nous dit que c'est le Premier Ministre qui va présider. Est-ce que c'est une séance présidée par le Premier Ministre, et après, qui va confier la responsabilité de la conduite du dialogue comme il l'a été fait par le passé à un simple ministre. Nous allons donc répondre à ce courrier. Nous sommes une opposition responsable ouverte au dialogue », a indiqué Aboubacar Sylla, concernant la relance du dialogue inter guinéen.
Le député a rappelé le goût d'inachevé que les précédents dialogues leur ont laissé. Comme si l'opportunité d'un nouveau dialogue ne s'offrait pas à leurs yeux. « Nous avons connu au moins trois dialogues depuis l'avènement du Professeur Alpha Condé au pouvoir. Ces trois dialogues ont été ponctués tous par des accords qui ne sont pas respectés ou par des accords qui ne sont mêmes pas suivis, alors que nous, nous en tirons les conséquences. Nous nous interrogeons sur l'opportunité d'aller à un dialogue de plus qui va être peut être un autre dialogue où le gouvernement va faire croire qu'il est ouvert à la concertation avec son opposition, alors que c'est le contraire. Il met toujours les Guinéens devant le fait accompli », regrette Aboubacar Sylla.
Ce déficit de confiance qui sévit entre le pouvoir et l'opposition ne fera que rendre la tâche très complexe, pour le Premier Ministre Mamady Youla, qui sera ainsi à sa première expérience. L'homme qui semble très distant de la chose politique, est tenu cette fois de sortir du bois, pour ne pas se faire taper sur les doigts par son président, qui a besoin de fusible en pareils cas.
Amadou Sadjo Diallo
L'indépendant, partenaire de GuineeActu
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