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Réconciliation : les co-présidents s'en tirent-ils à bon compte ?
Aliou Sow Samedi, 09 Juillet 2016 08:27
Les deux principaux chefs religieux du pays, co-présidents de la Commission provisoire de réconciliation nationale ont profité de la remise de leur rapport issu des consultations nationales relatives au processus de réconciliation, qui s'est déroulé la semaine dernière, lors d'une cérémonie organisée à cet effet au Palais du peuple, pour recommander la création d'une « Commission vérité » pour réconcilier les Guinéens.
L'Archevêque de Conakry, Monseigneur Vincent Koulibaly et le grand Imam de la Mosquée Fayçal, Elhadj Mamadou Saliou Camara, les deux co-présidents de la commission provisoire de réflexion sur la réconciliation nationale (CPRN) ont à l'occasion de la remise officielle au président Alpha Condé de leur rapport résultant de consultations effectuées auprès d'un échantillon de la population, recommandé la création d'une Commission vérité. Cette Commission doit être créée par voie législative, et devra reposer sur les principes et standards existants en la matière, ont-ils indiqué. Il reviendra ainsi à ladite Commission, de prendre en charge les violations des droits humains portant sur « l'assassinat, l'arrestation et détention arbitraire, le pillage des biens, les actes de torture, les viols », entre autres. Le rapport recommande que cette Commission puisse enquêter sur « les violations commises de 1958 à 2015. » Et qu'elle soit « indépendante de tout pouvoir et qu'elle fasse preuve d'impartialité ».
Les deux co-présidents invitent dans la foulée, les autorités guinéennes à tout mettre en œuvre, pour que des « réparations urgentes soient engagées » pour des victimes dont la situation de vulnérabilité est attestée et nécessite une prise en charge médicale et psychologique.
Alpha Condé, qui a présidé cette cérémonie de remise, a rendu hommage aux deux chefs religieux pour le travail abattu. Tout en soulignant que ce rapport servira de bréviaire pour la démarche en faveur de la réconciliation des Guinéens. Le chef de l'État a reconnu qu'il s'agit là d'une entreprise très délicate, dans un pays où depuis son accession à l'indépendance des cas de violations graves des droits humains ont été constatés. Il dit néanmoins, en tant que président, assumer tout ce qui a été fait en Guinée depuis 1958, que ce soit en bien ou en mal.
En ne s'en tenant qu'à la tâche accomplie par les religieux, on pourrait bien affirmer qu'ils s'en sont tirés à bon compte. Vu la promptitude avec laquelle, ils ont abattu leur travail. Cependant, des observateurs avisés, comme Ibrahima Sanoh, économiste et historien, émettent des réserves sur ce rapport. Tout en disant que cette Commission provisoire n'avait pas les compétences requises pour une telle mission.
« Je pense que cette commission a été composée sur fond de manque de confiance, d'un manque même de courage de la part de l'exécutif. Comment est-ce que dans un pays où le tissu social a été effiloché, où la mémoire collective a été détruite à dessein par les pouvoirs successifs, où aujourd'hui la société menace de désintégration, comment dans ces conditions-là , on peut constituer une commission provisoire de réconciliation devant servir de substrat à la réconciliation nationale, seulement de religieux. Les gens là devaient avoir la stature intellectuelle qu'il faut pour pouvoir poser les bases d'une réflexion. Il y a une crise de confiance en Guinée, comme ces religieux jouissaient d'un capital de confiance, quelque part et d'une certaine notabilité, on les a parachutés à la tête d'une commission qui est bancale, amorphe de réconciliation », a-t-il confié à votre semainier, très amer.
Il a tenu à rappeler que « par rapport à cette composition nous disons que le pari a été raté. Nous profitons de l'occasion pour appeler le président de la République, de brandir plus de courage, afin de constituer une commission définitive et effective de réconciliation. Une commission transdisciplinaire composée d'universitaires, d'historiens, de religieux, de sociologues. Je veux dire d'hommes et de femmes ayant une certaine légitimité académique à la fois interne et externe, afin que le contentieux de notre passé puisse être soldé comme ça se doit. Pour que les enfants des prochaines générations ne continuent pas à porter le fardeau du péché originel », cet appel sera sans doute entendu, car le rapport même recommande la création d'une Commission vérité, si l'on veut réconcilier les Guinéens.
L'Association « Plus Jamais d'Agression Contre le Peuple de Guinée » (APAC-GUI), non plus ne fait pas de cadeau à cette Commission. Et pour se faire entendre, elle lui a adressé une lettre d'observation, lettre dans laquelle, l'association déplore le fait d'avoir été mis à l'écart des travaux de restitution du CPNRN, le 31 Mai 2016 à l'hôtel Riviera.
Pour cette association, le fait de n'avoir pris en compte que « les contentieux de la première république, la Commission provisoire n'aurait qu'un souci : restreindre la notion de victimes aux seules personnes qui s'affirment de celles de la Révolution et s'agitent depuis le 3 Avril 1984, toujours soutenues et financées par des organisations internationales qui avaient pourtant condamné cette invasion de la Guinée à l'époque, en raison des centaines de mort, de blessés et des dégâts matériels énormes ».
Cette association souhaiterait aussi qu'une Commission soit mise en place, afin qu'un « débat public contradictoire sans tabou », soit organisé pour la manifestation de la vérité, qui demeure un passage obligé pour réconcilier les Guinéens.
Aliou Sow
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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Commentaires
Cet adepte du sectarisme religieux ici sur la photo n'a plus la moralite a mes yeux d'etre associe de pres ou de loin a un tel processus si nous sommes vraiment dans un processus serieux. l'on se souvient du soutien total de cet indiividu au meglomane implusif de Koule face aux atrocites du 28 Septembre 2009, et pousser son cynisme jusqu'a minimiser cette ignominie par rapport aux crimes du patriarche de Bouramayah. Lorsqu'on est une personnalite religieuse ou politique, on doit avoir des convictions, des valeurs que l'on doit soutenir jusqu'au bout. Et vouloir soutenir aveuglement les siens (ethnie, religion) dans leurs derives, a mon avis on doit etre mis dans le meme panier que ces extremistes. La commision Verite-Reconcialition ne doit en aucun cas etre un processus d'instrumentalisation politique au risque de souiller la memoire des victimes.
Apres avoir passe 27 ans en prison, Nelson mandela n'a jamais voulu arborer une haine quelconque contre ses bourreaux. Et lors du lancement de la conference Verite-Reconciliation en Afrique du Sud, Madiba soulignait que "Pendant que nous allons aider les victimes de l'apartheid a etre retablies dans leurs droits, nous avons aussi l'obligation d'aider les bourreaux a se liberer de leurs haines, a changer leurs comportements afin de construire une societe tolerante".
Une opération de com gouvernementale, sinon comment 2 olibrius dont les compétences juridiques sont limitées, peuvent-ils produire en à peine un mois un travail aussi important (en quantité s'entend) ?
Travail qui évidemment ne débouchera sur rien...
En fait nos 2 religieux ont fait une bonne affaire digne de fonctionnaires nationaux :
1- 4 ans et demi de perdiems, voyages a l’étranger, véhicules carburés, séminaires et repas copieux...ect pour essayer de donner une belle image de réconciliateur au PPAC.
2- Recruter sur financement des N-U, quelques mois avant la fin du financement disponible, une boite de consultants externes (togolais ou béninois je crois) pour venir pondre un rapport vite-vite pour atténuer les crimes de l’État et nous dire que nous sommes tous victimes - tous bourreaux.
3- Faire un peu de bruit pendant un mois sur toutes les ondes et dans toutes les régions permettant essentiellement aux consultants de visiter le pays profond avant de nous quitter.
4- Organiser quelques séminaires finaux folkloriques dont seuls les Guinéens ont le secret de fabrication, pour prouver que nos ecclésiastiques ont sué pendant 5 ans pour nous gratifier de CE DOCUMENT final de pré-réconciliation qui demande en fait de commencer le vrai travail a faire mais sans eux désormais- bref rendre la patate chaude a l'envoyeur parce que leurs mains sont en feu depuis trop longtemps.
Franchement penser que les victimes goberaient cette mamaya des bourreaux est aussi enfantin que d'aller en public pour insulter toute une communauté régionale.
Mettre en place un vrai processus est très documenté et précis que c'est pratiquement "facile" de le faire aujourd'hui. Mais que l'on voudra en créer un "sur mesure a la Guinéenne" nous ne feront pas 1 seul pas en avant sur ce dossier.
Et pour ça il n'y a besoin que de la volonté politique réelle et la détermination sans faille d'un seul homme mais hélas celui que nous avons de disponible nous insulte tous chaque fois qu'il s'adresse a nous...
Travail qui évidemment ne débouchera sur rien...








