Daroun Sonké Jeudi, 07 Juillet 2016 16:22
Les huissiers de Guinée menacent d'aller en grève à compter du 10 Juillet pour la non-exécution des décisions de justice. Ces auxiliaires de justice comptent organiser une marche ce lundi, pour marquer le début de leur grève. Une situation qui pourrait paralyser le secteur judiciaire.
La Chambre Nationale des Huissiers de Justice de Guinée, présidée par Maître Camara Saïdouba Kissing vient d'adresser un préavis de grève aux autorités compétentes, dans lequel elle menace de déclencher un mouvement de grève à compter du 10 Juillet, si des solutions ne sont pas trouvées pour lever la suspension de l'exécution des décisions de justice.
Dans leur préavis de grève, les huissiers déplorent que l'exécution des décisions de justice soit « bloquée en Guinée depuis plus de cinq ans par les pouvoirs publics ». Ils accusent le Parquet Général, les services de sécurités (police et gendarmerie) du « refus systématique, d'assister les Huissiers de justice au motif qu'ils auraient reçu des instructions du Président de la République ».
Le président Condé, selon eux, agirait ainsi pour « des raisons électoralistes et politiques ». Ce qui aurait pour conséquence de faire souffrir les bénéficiaires des décisions de justice à la place de ceux qui leur causent du tort. La Chambre des Huissiers exige donc « l'intervention et l'implication personnelle de Monsieur le Président de la République, Chef de l'État, le Professeur Alpha Condé, en faveur d'une meilleure exécution des décisions de justice et ce, conformément à son serment prêté devant le peuple de Guinée ».
Ainsi que « la signature immédiate de toutes les réquisitions soumises au parquet, et la mise en place d'une Brigade Spéciale d'Exécution des décisions de justice ». À défaut, ils menacent d'aller en grève. Tout en se réservant le droit d'assigner l'État guinéen en responsabilité devant le Tribunal, pour « violation de l'article 29 de l'Acte Uniforme de l'Ohada sur les voies d'exécution, pour réparation des préjudices subis, suite à l'inexécution des décisions de justice à cause de l'interférence et l'immixtion des autorités dans les procédures d'exécution depuis 5 ans ». Voilà une autre grève qui risque de paralyser le secteur judiciaire. Après celle des greffiers qui avait affecté les cours et tribunaux durant une bonne semaine, il y a de cela près de trois mois.
Daroun Sonké
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu
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