Aliou Sow Jeudi, 07 Juillet 2016 16:09
Débarrasser la capitale de ces 1000 tonnes de déchets produites quotidiennement, en cette saison pluvieuse, est devenu un casse-tête pour le gouvernorat, qui réclame des moyens au gouvernement, pour mettre la machine de l'assainissement en marche. Même si certains observateurs y voient plutôt une bonne affaire pour le gouverneur qui gérerait les fonds mis à disposition par l'État et certaines sociétés industrielles de la place, à sa guise.
À sa nomination, il faut rappeler que le gouverneur de la ville de Conakry, le général Mathurin Bangoura, s'était fixé principalement deux défis, dont l'assainissement de la cité et la sécurisation des populations et leurs biens. Mais à l'allure où vont les choses, le gouverneur peine à débarrasser Conakry de ses déchets. Il invoque comme raison à cette situation, le manque de moyens financiers. Car selon Mathurin Bangoura, les fonds destinés à l'assainissement de la ville sont gérés par le département de l'Administration du territoire et de la décentralisation. Avec les ordures qui ne cessent de s'entasser dans les rues de la capitale, depuis que les pluies ont commencé à arroser le littoral, en cette période de grandes pluies, le gouverneur a tiré la sonnette d'alarme, sollicitant l'aide du gouvernement. Le général Mathurin compte ainsi appliquer une solution immédiate consistant à orienter les déchets vers la nouvelle décharge de la capitale, située à une soixantaine de kilomètres de Conakry, dans la préfecture de Dubréka. La décharge de la Minière située en pleine zone d'habitation, dans la commune de Ratoma, étant saturée. Acheminer les déchets vers la nouvelle décharge de Kouriya, sera pour ce départ possible avec la mise à contribution des transporteurs privés disposant de camions bennes, utilisés dans le transport de sable destiné à la construction des infrastructures, selon le gouvernorat.
Il s'agit de sceller un partenariat qui va permettre aux camionneurs de mener leurs activités traditionnelles, à savoir le transport de sable et de graviers, tout en contribuant à débarrasser la capitale de ses déchets. Les camionneurs iront ainsi sur le site de la décharge avec des ordures, et au retour, ils vont pouvoir transporter du sable ou du gravier, extraits dans la zone abritant le dit site. Le gouvernorat devra à son tour leur affecter des frais en contrepartie de cette tâche. Ceci en attendant qu'il soit doté de moyens logistiques où que le secteur de la gestion des déchets solides soit confié à un opérateur privé.
Cette initiative bien que salutaire, quand on sait qu'elle va permettre de sauver les riverains de la vieille décharge de la minière, qui n'en peuvent plus de vivre dans la pollution, poserait néanmoins problème, à en croire certains observateurs. Ceux-ci craignent en effet que Mathurin ne se remplisse davantage les poches, à travers cette politique de nettoyage de la ville. Vu qu'aucune rigueur n'est imposée au gouvernorat dans la gestion de ces finances. Ce sera juste de l'argent qui servira à enrichir des réseaux proches du palais, selon ces observateurs. Car pour eux, pour lutter contre l'insalubrité, il faudra confier cette tâche aux communes, dont les dirigeants seront issus de la volonté populaire. Toute autre entreprise initiée par le gouvernorat, à cette allure, ne sera que du colmatage voué à l'échec.
Aliou Sow
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu
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