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À la place du dialogue, Alpha opte pour l'épreuve de force

Mamady Keita  Mardi, 05 Juillet 2016 20:25

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Le chef de l'État n'a apparemment pas l'air de se faire des soucis face à la menace proférée par l'opposition, de reprendre les manifestations de rue, dès la fin du ramadan. Alpha Condé, qui semble plutôt prêt à faire face à toute éventualité, a averti les opposants, que tout sera mis en œuvre pour encadrer les manifestations. Tout en indiquant qu'aucun débordement ne sera toléré.


En marge de la cérémonie de remise du rapport issu des travaux de la Commission provisoire de réconciliation nationale qui s'est déroulée le mercredi 29 Juin dernier au Palais du peuple, le président Alpha Condé a lancé des piques à son opposition. La présence de Cellou Dalein Diallo, dans la salle, aura sans doute favorisé cette sortie du chef de l'État, qui a annoncé que tout sera mis en œuvre pour un encadrement effectif des manifestations pacifiques, par les forces de sécurité. « Nous ferons en sorte que nous ayons des forces de l'ordre capables d'encadrer les manifestations démocratiques. Mais aussi il faut que nous ayons devant des leaders responsables qui font des manifestations pacifiques. Moi j'ai été opposant pendant 40 ans, aucun président ne peut dire que mon parti a cassé une voiture, à plus forte raison une maison », a averti Alpha Condé. Du haut de la tribune, le président s'est dit disposé à garantir les libertés individuelles, comme le prévoit la Constitution. Tout en brandissant un épouvantail sur la tête des organisateurs des manifestations, notamment les opposants.


« L'autorité de l'État va aussi s'affirmer. Parce que les libertés c'est une chose, mais il revient à l'État de protéger les personnes et leurs biens. Nous n'accepterons plus que les personnes soient agressées dans leurs maisons. On va faire en sorte que toutes les libertés soient respectées, mais votre liberté ne doit pas piétiner celle de votre voisin. L'État prendra ses responsabilités », a prévenu Alpha Condé. Un message clair, qui était adressé principalement à Cellou Dalein Diallo, selon certains observateurs. Ceux-ci ont d'ailleurs déploré le fait que le chef de l'État n'ait pas serré la main à son principal opposant. Préférant snober ce dernier.


Dans la même foulée, lors de l'assemblée générale du parti au pouvoir qui s'est déroulée le samedi dernier, au siège du parti, au quartier Gbessia, Dr Hady Barry, secrétaire général du département des Affaires étrangères, a lui aussi prévenu qu'aucun trouble à l'ordre public ne sera toléré. Il a profité pour demander « à toutes les structures du parti d'être très vigilantes, à tous les niveaux. Dans les quartiers, dans les mosquées et dans les églises ainsi que les lieux publics, nous devons être le relais de l'État. C'est-à-dire, être à la disposition des services de l'État pour le respect des lois dans notre cité », a-t-il recommandé.


À entendre le camp présidentiel, il n'y aurait aucune possibilité de prévenir ces actions de désobéissance civile projetées par l'opposition, après le mois de ramadan. Au lieu de convoquer les acteurs politiques autour d'une table de dialogue, en vue d'une sortie de crise, le président Condé, préfère recourir à ses services de sécurité, pour « mater » l'opposition. Comme pour dire que l'on n'est pas sorti de l'auberge.


Mamady Kéita

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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