Selection de vidéos
Partenaires
Manifestations de rue après le ramadan : veillée d'armes dans les états-majors politiques
Mamady Keita Vendredi, 01 Juillet 2016 21:46
L'opposition a réitéré le lundi 27 Juin dernier, lors d'une conférence de presse qui s'est déroulée à la Maison de la presse, son intention d'organiser des manifestations de rue, dès la fin du mois de ramadan, pour protester contre la façon dont le pays serait géré par le président Alpha Condé. L'opposition guinéenne trouve que la coupe est suffisamment pleine pour rester les bras croisés.
Pour Aboubacar Sylla, son porte-parole, il n'est pas question de « laisser l'autocratie se transformer en dictature, laisser ce processus électoral nous prendre en otage, laisser les institutions républicaines être totalement piégées, inféodées à l'exécutif ». Raison pour laquelle dit-il « nous avons décidé de reprendre nos manifestations sur les places et les voies publiques, comme nous y autorise notre constitution, afin de nous faire entendre et montrer à l'opinion nationale et internationale que les Guinéens sont en désaccord avec la façon dont le pays est géré », a-t-il martelé, dans son intervention.
Les opposants dénoncent des violations des droits humains et la gabegie financière, devenue des pratiques récurrentes sous le règne d'Alpha Condé. Tout ça faute d'une Haute Cour de Justice, « compétente » à poursuivre les gouvernants, tel que le président de la république.
L'opposition se dit outrée par le comportement du président de l'Assemblée nationale, Claude Kory Kondiano, qui agirait comme un « subordonné », de l'exécutif. De quoi réduire les marges de manœuvre du parlement guinéen. C'est pour toutes ces raisons, y compris le manque de cadre de dialogue avec le pouvoir, que les opposants ont décidé de se faire entendre à travers des manifestations, une fois que le ramadan sera terminé.
À noter que lors de cette conférence de presse, Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l'opposition, a annoncé un changement de stratégie dans leur combat contre le régime d'Alpha Condé. Il a reconnu que ce n'est guère un plaisir d'aller aux manifestations. Le coût étant « extrêmement élevé pour eux, pour leurs militants», a-t-il expliqué. « À l'Assemblée, on refuse systématiquement le débat, les projets introduits par le gouvernement, on doit les ratifier sans délais et sans débat… C'est si on veut ou si on ne veut pas, sinon, ils ont la majorité nécessaire, donc pas de débat», a déploré Dalein. C'est ainsi que le pouvoir a opéré un forcing, pour faire adopter par le parlement la convention passée avec la compagnie russe Rusal, sur la mine de Dian-Dian. C'était la veille du voyage d'Alpha Condé à Moscou. Le chef de l'État avait grand besoin de ça pour appâter les Russes.
Alhousseny Makanera Kaké, ancien ministre de la Communication, présent à cette conférence de presse, n'a pas fait de cadeau au pouvoir, pour l'incurie et la corruption qui gangrène notre administration. « J'ai dit au Président Alpha Condé devant témoin, la gabegie financière actuelle de notre régime, dépasse de loin le temps de Lansana Conté. Demandez à Fofana, qui est chargé des relations avec les institutions. Notre objectif aujourd'hui c'est quoi ? C'est d'amener la population à comprendre que le pouvoir là est pour eux, et donc ils ont la possibilité de changer quand ils veulent. Mais, s'ils ne veulent pas, ça ne changera pas », a-t-il souligné.
À moins d'une semaine de la fin du ramadan, c'est donc la veillée d'armes dans les états-majors politiques. Et cette fois, les opposants comptent aller très loin…
Mamady Kéita
L'indépendant, partenaire de GuineeActu
![]()
Commentaires
Des plaintes à Abuja ou à Paris feront trembler un AC qui ne craint rien en Guinée. Par contre son image à l'extérieur !!!
On a l'impression que l'opposition ne veut pas utiliser des outils qui pourraient se retourner contre elle demain, raison de plus pour s'organiser aujourd'hui.
C'est ce que je crois aussi Mr. Gandhi. Il faut comprendre qu'il y a de potentiels dictateurs dans cette opposition, qui nous feront voir peut être pire que ce que nous connaissons actuellement avec Aladji Professeur. Je ne comprend pas pourquoi depuis 6 ans, ces gens préfèrent envoyer les gens face aux milices criminels d'Aladji Professeur, au lieu d'utiliser ces moyens qui sont à leur porté.
Mon frère Gandhi quels sont ces moyens ?
Je ne suis pas aussi ambitieux que K-Ba, car l'opposition n'a ni la lucidité, ni l'organisation, ni la volonté, voire ni l'état d'esprit.
Des plaintes à Abuja ou à Paris feront trembler un AC qui ne craint rien en Guinée. Par contre son image à l'extérieur !!!
On a l'impression que l'opposition ne veut pas utiliser des outils qui pourraient se retourner contre elle demain, raison de plus pour s'organiser aujourd'hui.
Mon frère Gandhi quels sont ces moyens ?
San répondre à la place de Gandhi, voici mon opinion succincte sur la question. Des points qui ont été développés par écrits et envoyés à plusieurs « leaders »…
1) L’opposition doit avoir une stratégie. Elle n’en a pas actuellement. Elle ne fait que réagir aux faits et dires d’Alpha.
a. La stratégie doit définir des objectifs mesurables dans le temps ainsi que les formes du combat et les tactiques.
b. Sans être exhaustive, voici pour rappel des suggestions qui ont été faites maintes fois et ignorées à plusieurs chefs de file de l’opposition : mettre fin à l'impunité qui est la gangrène qui ronge la Guinée en demandant que les criminels soient traduits en justice.
c. Exiger une revue de la liste électorale et un nouveau recensement sous des auspices indépendants.
Sans des actions concrètes sur ces deux points, refuser de participer à toutes consultations électorales qui ne font que légitimer le régime.
2) Suggestions sur les formes du combat
a. Engager une guérilla législative permanente qui demande des comptes points par point sur les dépenses publiques, le train de vie de l'état, les projets, les contrats, les détournements et les violations répétées des droits des guinéens (utiliser les rapports des organisations des droits de l’homme, amener des victimes à l’assemblée pour témoigner sous serment, demander la radiation des fonctionnaires véreux et des militaires criminels…) – L’adoption d’une loi n’est pas la fin du débat. Il faut revenir et contrattaquer par derrière en demandant des comptes. Encore, sans des actions concrètes sur ces deux points, refuser de participer à toutes consultations électorales qui ne font que légitimer le régime.
b. Accompagner le tout par des campagnes médiatiques d’information et d'éducation du public.
c. Éduquer et préparer les populations sur l’ultime phase du combat qui sera une insurrection populaire pour balayer le régime. Arrêter de rêver et admettre que JAMAIS DES ÉLECTIONS NE SONT VENUES À BOUT D’UNE DICTATURE.
Toutefois la réalité sur le terrain et le passe sont tout autres. Exemples:
1) L’absentéisme à l’assemblée où les députés n’accourent que pour des subsides.
2) Le manque de communication avec leurs électeurs dans les districts dont ils ignorent les problèmes. Et quand ils sont au courant, ils se réfèrent aux chefs des partis pour dire quoi que ce soit. Ceci laisse plein pouvoir aux agents de l’état nommés par Alpha.
3) Les coups d'éclats des manifestations qui font plus de morts que de progrès
4) Les villes mortes s'essoufflent toujours.
5) Le danger de banaliser les la colère publique est le manque de focus etc… Alpha compte sur cela.
6) Le manque de coordination avec les éléments de la société civile qu’Alpha n’a pas pu récupérer.
7) L’absence totale a l’intérieur des partis
En somme, l’opposition doit apprendre à faire le jeu démocratique et exercer effectivement la division du pouvoir qui ne vient jamais seulement avec des textes mais avec une claire vision du futur qui ne consiste pas seulement à être président ou ministre. Pour le moment c’est la seule stratégie que « l’opposition » nous a servis.
PS : Au mois de mars, j’ai coincé un de ces « opposants » sur les points mentionnés ci-dessous. Il m’a répondu en colère que je suis libre de mettre en place mon propre parti. Il rajouta que chacun croit que l’opposition échoue parce qu’elle ne met pas en pratique ses conseils. Je lui répondis que si les gens se permettent de leur donner des conseils de stratégie c’est qu’ils n’ont pas montré en avoir une. Ensuite, je lui dis qu’au moins il y a un point d’accord entre nous. C’est qu’ils ont échoué pour le moment. On se sépara en queue de poisson.
Wa Salam
K. Ba
Avant l'heure c'est pas l'heure, après l'heure c'est plus l'heure.
A force de bomber le torse pour rien, vous allez finir par dégouter tout le monde.
Aucune efficacité, alors qu'il existe d'autres moyens.








