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Justice : 12 gendarmes poursuivis pour torture

Aïcha Bah  Mercredi, 25 Mai 2016 13:53

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logo_OGDH_01Deux ONG partenaires de la FIDH viennent de porter plainte contre 12 membres des forces de sécurité pour « arrestation arbitraire, séquestration et torture ». Ces ONG il faut le rappeler avaient déploré les sévices corporels infligés à cet homme, qui avait été interpellé suite à un cas de vol commis dans le quartier de Kipé, dans la commune de Ratoma. 


Les avocats de l'Organisation guinéenne des droits de l'homme (OGDH) et les Mêmes Droits pour Tous (MDT), avec le soutien de la FIDH, ont porté le jeudi dernier « une plainte avec constitution de partie civile auprès du Tribunal de première instance de Dixinn contre douze agents de la police et de la gendarmerie pour des actes de torture infligés à un jeune homme par des agents de la gendarmerie et de la police nationale, dont une vidéo accablante avait été rendue publique ».


Ce communiqué de la FIDH qui donne l'information, rappelle que dans la nuit du 4 mars 2016, M. S, âgé de 34 ans, avait été « arbitrairement arrêté par des agents de l'unité mixte des brigades anti-criminalité n°4 et n°8 de la police nationale ».


Il a ensuite été « sauvagement torturé et arbitrairement détenu dans les locaux de la Brigade anti-criminalité n°8 avant d'être transféré trois jours plus tard à la Maison Centrale de Conakry ».


D'après ce communiqué, la victime souffrirait encore de « multiples plaies et contusions. Son intégrité physique et psychologique ayant été gravement atteinte ».


« Nos organisations déplorent que de tels comportements persistent et soient encore si fréquents en Guinée. Rien ne peut justifier de tels traitements et il est de la responsabilité de l'Etat de prendre toutes les mesures nécessaires pour y mettre un terme. », a déclaré Abdoul Gadiry Diallo, président de l'OGDH.


Tout en ajoutant que leurs organisations s'assureront que « cette procédure puisse être menée à terme, que les responsables seront jugés et que la victime sera indemnisée pour les préjudices subis. Plusieurs éléments des forces de défense et de sécurité présumés responsables de ces faits ont été suspendus, mais ces mesures disciplinaires nécessaires doivent maintenant être accompagnées d'une procédure judiciaire », a-t-il souligné.


Pour sa part Me Frédéric Loua, président de MDT a indiqué à cette occasion : « Il est essentiel que les personnes qui se sont rendues coupables de ces actes odieux soient jugées et condamnées au cours de procès équitables ».


Il faut rappeler qu'en 2012, la FIDH et l'OGDH s'étaient déjà constituées parties civiles aux côtés de 17 victimes d'actes de torture perpétrés en 2010 à l'Escadron mobile de Hamdallaye.


L'ancien gouverneur de Conakry, Sekou Resco Camara et l'ancien chef d'état major général des armées, Nouhou Thiam, ont été inculpés dans cette affaire. Leur procès, attendu de longue date, devrait avoir lieu au cours des prochains mois.


Aicha Bah

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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