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Pour masquer les contradictions internes : Alpha en offensive de charme à l’international

Aliou Sow  Vendredi, 29 Avril 2016 05:40

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CONDE_Alpha_33_01Le président de la République devait regagner Conakry ce mercredi au moment où nous allions sous presse, après une tournée qui l’a mené aux Etats-Unis puis en France, où l’accent a été mis sur le financement des énergies renouvelables, qui est une des recommandations de la COP21. Alpha Condé rentre au pays sans doute très confiant, avec la promesse faite par la France d’investir à titre bilatéral, 2 milliards d’euros dans les énergies renouvelables en Afrique avant 2020. Cela constitue une bouffée d’oxygène pour le chef de l’Etat, qui à travers cette offensive de charme à l’international, a pu masquer les contradictions qui minent ses rapports avec l’opposition.

En provenance de Washington, où il avait pris part aux travaux des institutions de Bretton Woods, Alpha Condé a fait une escale à Paris, où il a pu s’entretenir avec son homologue français. Durant leur rencontre au palais de l’Elysée le mardi dernier, les deux personnalités ont évoqué « la mise en application de l’Accord de Paris adopté lors de la COP21 et en particulier l’avancement de l’initiative africaine sur les énergies renouvelables », selon un communiqué officiel publié à cet effet.

François Hollande a mis cette occasion à profit pour réitérer les engagements de la France à investir à titre bilatéral, 2 milliards d’euros dans les énergies renouvelables en Afrique avant 2020.

Une bonne nouvelle pour Alpha Condé, qui fait office de coordinateur des engagements de l’Afrique dans le cadre des négociations mondiales sur le climat et les énergies renouvelables. Suite à une décision prise par la dernière assemblée de l’Union africaine qui s’est déroulée à Addis-Abeba. Le seul hic est cette polémique qui entoure la gestion des fonds qui seront alloués aux états africains. Polémique née suite à la proposition faite par le président Alpha Condé, qui serait favorable à ce que « les financements destinés à l’Afrique, dégagés dans le cadre de la COP21 et de la future COP22, ne transitent pas par la Banque africaine de développement (BAD), mais aillent le plus rapidement et le plus directement possible aux projets concernés. »

Cette procédure d’après Alpha Condé aurait pour but d’éviter les lourdeurs bureaucratiques souvent constatées au niveau de ces institutions bancaires internationales. Il s’agirait de ne pas revivre le même scénario que celui vécu dans la riposte contre le virus Ebola.

Avec les retards enregistrés dans l’action de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et des ONG para-onusiennes. Mais le patron de la BAD, Akinwumi Adesina, a vu rouge suite à cette recommandation faite par Alpha Condé. Le Nigérian tiendrait mordicus à ce que ce soit son institution qui gère la manne financière. Il reviendra donc aux donateurs de trancher.

Si les choses semblent lui réussir à l’international, ce n’est évidemment pas le cas dans son pays, où Alpha Condé est confronté non seulement à des remous et à des agitations au sein de son parti, qui est le RPG, mais aussi ses rapports avec l’opposition sont de plus en plus conflictuels. Celle-ci dénonce les dérives du régime, critiqué pour la propension de ses dirigeants à la corruption. Des critiques qui semblent laisser le chef de l’Etat de marbre. C’est le moins qu’on puisse dire, quand on sait que le président Condé a l’air d’être plus sensible aux regards venant de l’extérieur, qu’à ceux de ses compatriotes. D’ailleurs ne dit-il pas qu’il ne lit pas de journaux, ne consulte pas l’internet et n’écoute aucune radio guinéenne. Cela rappelle un peu Sani Abacha, l’homme qui avait dirigé le Nigeria d’une main de fer, de 1993 à 1998.


Aliou Sow
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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