L’imbroglio de la pêche illicite en Guinée

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peche_Guinee_01Le secteur de la pêche, dans un pays maritime comme la Guinée, est un maillon fort du développement parce que pourvoyeur d’importantes ressources financières et d’emplois. Notre secteur de la pêche a joué plus ou moins ce rôle jusqu’au début des années 2000. Mais la mal gouvernance chronique qui sévit en Guinée a fini par gangréner tous les secteurs économiques y compris celui de la pêche.

On peut dire qu’à partir de 2001 l’affairisme s’est fortement accentué sur les pêcheries de Guinée. Des cadres de l’administration publique et ceux du privé ont tissé des rapports mafieux avec des sociétés étrangères, notamment asiatiques pour mettre en coupe réglée nos pêcheries. On a vu même un affairiste guinéen, PDG d’une société de pêche, accéder au poste de ministre de la Pêche, poste où il a régné en maître absolu.

Le premier partenaire économique de la Guinée qu’est l’Union européenne a tenté des années durant d’aider la Guinée à mettre de l’ordre dans nos pêcheries, en vain. Il finira en désespoir de cause par prendre une mesure draconienne en mettant la Guinée sur la liste noire des pays non coopérants avec ce que cela comporte en pertes financières et autres opportunités de développement du secteur. C’est pour nous sortir de cet embargo que les pouvoirs publics ont fini par accepter de souscrire aux recommandations de l’institution européenne qui nous demande de respecter nos propres lois et réglementations en matière de pêche. La délégation européenne récemment dans nos murs est venue évaluer nos efforts et, si possible, nous retirer de la liste noire.

Un cadre de la pêche, fin connaisseur du secteur, nous dira qu’il a salué des deux mains la sanction européenne grâce à quoi nous avons pu enregistrer quelques progrès dans l’adoption et le respect de la réglementation des pêches. Il citera entre autres : la mise au point d’un nouveau code de la pêche, l’institution du repos biologique (juin, juillet) dans nos zones de pêche en vue de permettre la reproduction des espèces marines et le relèvement substantiel des amendes pour des infractions de pêche. A cela s’ajoutent l’adoption de la surveillance aérienne des navires en activité de pêche, le suivi 24h/24 du fonctionnement du VMS ou surveillance par satellite, et le respect des quotas annuels.

Enfin, il existe bien d’autres réglementations auxquelles notre pays est contraint de souscrire en vue de renouer avec l’Union européenne. « Nous allons sortir de la liste des pays non coopérants, mais pour combien de temps, nous dit notre interlocuteur ? Tant que la Guinée ne bénéficiera pas d’un bon leadership, il ne faut pas s’attendre à des lendemains meilleurs. Â» Pauvres de nous !


O .Tiero

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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