Aliou Sow Dimanche, 17 Avril 2016 06:22
La ministre du Plan et de la Coopération, Mme Mama Kanny Barry, a vu ses prérogatives s’étendre avec l’affectation dorénavant de la Direction nationale des investissements publics dans son portefeuille, au détriment du ministère de l’Economie et des Finances. Avec cette décision, l’ancienne épouse du chef de l’Etat commence à faire parler d’elle, comme étant un « super » ministre, surtout qu’on l’accuse également de marcher sur les plates-bandes de son homologue des Affaires étrangères, Mme Makaké Camara.
Certains observateurs n’en reviennent toujours pas, sur le remue-ménage intervenu au niveau du ministère de l’Economie et des finances, qui s’est vu dépouiller de la Direction nationale des investissements publics au profit du ministère du Plan et de la Coopération, dirigé par Mme Mama Kanny Barry.
C’est un décret daté du 30 mars 2016, qui n’a jamais fait l’objet de diffusion dans les médias d’état, qui a scellé cet acte.
A l’issue de cette réorganisation intervenue au niveau du ministère de l’Economie et des finances, le chef de ce département Mme Maladho Kaba, n’aura dorénavant à gérer que 5 Directions nationales. Il s’agit de la Direction nationale des Etudes économiques et de la prévision ; la Direction nationale du Trésor et de la comptabilité publique ; la Direction nationale des Marchés publics et des investissements privés ; la Direction nationale de la Dette et de l’Aide publique au développement et la Direction nationale du Contrôle financier.
Mme KannyBarry, voit elle ses prérogative s’étendre avec cette nouvelle donne. Cela ne pourrait que faire des « jaloux », quand on sait que cette dame, considérée comme étant une économiste pétrie de talent, n’est autre que l’ancienne épouse du président Condé. Cette proximité aurait plaidé en sa faveur, dans le renforcement de ses attributions, au détriment de l’argentier du pays. Certaines sources font également cas d’une crispation dans les rapports entre Mama Kanny Barry et Makalé Camara, des Affaires étrangères. Le ministre de la Coopération marcherait en effet sur les plates-bandes de son homologue des AE, à divers niveaux dans le cadre des rapports de la Guinée avec ses partenaires bi et multilatéraux. C’est en quelque sorte le remake du scénario qui prévalait entre Lounsény Fall et Koutoub Sanoh, qui étaient respectivement ministre des Affaires étrangères et ministre de la Coopération. Là aussi, on se souvient, c’est Koutoub qui semblait avoir le dessus dans cette querelle de clochers, avec bien sur la bénédiction du chef de l’Etat. On ne doit certes pas occulter le bagage de dame Kanny, qui est une économiste spécialiste du développement. « Sa nomination répond au choix donné à la compétence et à l’expertise pour la composition du nouveau gouvernement, dont la priorité est de soutenir la reprise économique et la création d’emplois en Guinée et d’accélérer le développement du pays », avait justifié le gouvernement au lendemain de la publication du décret présidentiel.
Le même argument faisait prévaloir aussi que « l’entrée au gouvernement de Kanny Barry s’inscrivait aussi dans la concrétisation de l’engagement du Président Alpha Condé à promouvoir l’accès de femmes compétentes à des postes à haute responsabilité. »
Il faut rappeler que Kanny Barry, cette ancienne économiste de la Banque africaine de développement (BAD), du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale est aussi le nouveau gouverneur du FMI, de la BAD et de la BID. Cela cumulativement à ses fonctions ministérielles.
Pour ce qui est du rôle du Conseil des gouverneurs, il s’agit d’un « organe de décision suprême du FMI. Il est composé d’un gouverneur et d’un gouverneur suppléant pour chaque pays membre. Le gouverneur est nommé par le pays membre. » Cette fonction est généralement dévolue au ministre de l’Economie ou du gouverneur de la Banque centrale. Mais pour le cas guinéen, il y a exception. Et c’est le chef du département du Plan qui a été choisi. Voilà donc plusieurs cordes à l’arc de Kanny Barry, qui semble à cette allure, faire de l’ombre à Maladho des Finances et Makalé des Affaires étrangères…
Aliou Sow
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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