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Journées villes mortes et marche des femmes : l’opposition accentue la pression sur le pouvoir

Amadou Sadjo Diallo  Mercredi, 30 Mars 2016 02:07

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FOFANA_Fode_Oussou_3_01Lors de l’assemblée générale de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), qui s’est tenue le samedi 26 mars dernier au siège du parti à Commandayah, Dr Fodé Oussou Fofana a réitéré la détermination de l’opposition républicaine à paralyser la capitale lors des journées villes mortes prévues pour les journées du mercredi et jeudi 30 et 31 mars. Il a annoncé dans la foulée qu’une marche des femmes de l’UFDG est aussi prévue pour le 4 avril prochain, dans la commune de Kaloum, pour exiger la libération des militants de l’opposition détenus par la justice. Une manière sans doute d’accentuer la pression sur le pouvoir, qui devra se battre sur deux fronts, à savoir celui de la relance économique et celui de la préservation de la paix sociale. Une bataille qui serait loin d’être gagnée, à l’allure où vont les choses.

Cette assemblée générale de l’UFDG a débuté ce jour par une minute de silence observée à la mémoire du doyen Ansoumane Doré, universitaire guinéen qui a longtemps enseigné dans des universités en France, décédé à Dijon jeudi dernier. Puis en l’absence de Cellou Dalein Diallo, en mission à Labé, le présidium était assuré par Dr Fodé Oussou Fofana, qui s’est adressé à la foule de militants rassemblés pour la circonstance. L’essentiel du discours de Dr Fodé Oussou Fofana aura porté sur les journées villes mortes que les militants de l’opposition sont invités à observer les 30 et 31 mars. « Nous avons dit deux jours de villes mortes, mais M. Alpha Condé ne croit pas en notre capacité de réussir notre ville morte. Je m’adresse aux Guinéens qui sont épris de paix et de justice, de rester à la maison pendant ces deux jours. Je sais qu’ils sont capables, ils vont nous aider à faire la ville morte parce que très tôt le mercredi matin, ils vont envahir l’axe Bambéto Cosa avec des «chars de combat» pour vous intimider. Mais notre avenir dépend du mercredi et du jeudi, si M. Alpha Condé ne comprend pas ce premier message de l’opposition qui consiste à faire des villes mortes, s’il ne comprend pas ça, nous allons faire des manifestations de rue. La ville morte est un avertissement pour deux jours, j’espère qu’après ça il va baisser le prix du carburant », a martelé le vice-président de l’UFDG.

Pour protester contre « l’injustice » dont seraient victimes certains de leurs militants, Dr Oussou Fofana a invité toutes les femmes de son parti à une marche pacifique. « Les femmes vont faire une marche le 4 avril pour demander au ministre de la Justice de libérer nos détenus qui sont arrêtés arbitrairement. Je demande à toutes les femmes d’être au port. C’est du port pour aller au niveau du ministère de la Justice. Comme ils sont capables de vouloir empêcher ça aussi, ils n’ont qu’à faire sortir les chars de combat pour dire que les femmes ne vont pas sortir », a-t-il lancé en guise d’avertissement.

Dans les divers, le parti a annoncé que le président de la « section motards » a été victime d’une attaque à main armée. Une information qui a ému les militants.

A propos des actions de désobéissance civile envisagées par l’opposition les 30 et 31 mars, il faut dire que cela s’inscrit dans une logique que Cellou Dalein Diallo et ses pairs se sont fixés. Après l’expiration le 20 mars dernier, de son ultimatum, invitant le gouvernement à baisser le prix du carburant à la pompe, l’opposition va organiser une opération ville morte, deux journées durant. Puis, d’autres actions seront entreprises, prévient-elle. Par rapport à cette nouvelle épreuve de force, le porte-parole de l’opposition Aboubacar Sylla, a rappelé récemment que « le gouvernement est resté muet, sourd par rapport à la revendication sur la baisse du prix du carburant à la pompe. Nous avons donc, constatant cette situation, décidé d’entrer dans une série de manifestations pacifiques jusqu’à ce que le gouvernement comprenne que tout le peuple de Guinée est avec l’opposition républicaine, en vue de baisser le prix du carburant pour améliorer les conditions de vie des Guinéens. »

Puis Aboubacar Sylla avait mis l’occasion à profit pour lancer cet appel : « Nous avons décidé d’appeler le peuple de Guinée à observer deux journées villes mortes successives le 30 et 31 mars prochains, c’est à dire mercredi et jeudi. Nous demandons donc à tous les Guinéens, quelle que soit leur obédience politique, leur religion, leur ethnie, leur âge de s’associer à ce mot d’ordre de grève, car il s’agit d’une lutte en faveur de l’amélioration de leurs conditions de vie. »

A défaut d’un cadre de dialogue permanent pour discuter de la vie sociopolitique, l’opposition opte pour des actions de rue, qui vont démarrer ce mercredi par une journée ville morte, qui sera reconduite le lendemain. Et le 4 avril, ce sera une marche pacifique organisée par les femmes de l’opposition pour réclamer la relaxe de la vingtaine de militants de l’UFDG interpellés dans le cadre du dossier lié à la mort du journaliste Mohamed Diallo. Mais aussi d’autres cas portant sur la récente condamnation de militants du parti, du côté de Koundara. Ceux-ci avaient été interpellés à la veille de la présidentielle du 11 octobre 2015. Reste à savoir quel type de réponse le pouvoir va-t-il apporter à ces actions de l’opposition, qui risquent d’affecter la quiétude dans la cité.


Amadou Sadjo Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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