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Journées villes mortes : pouvoir et opposition de nouveau à couteaux tirés
Amadou Sadjo Diallo Vendredi, 25 Mars 2016 04:55
L’opposition a profité de sa plénière qui s’est tenue le lundi dernier au quartier général de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), pour annoncer le démarrage des actions de désobéissance civiles, par deux journées villes mortes, prévues les 30 et 31 mars prochain, suite au refus du pouvoir de prendre en compte ses revendications. Des menaces qui laisseraient de marbre le gouvernement, dont le porte-parole Albert Damantang Camara a indiqué au lendemain de cette annonce, qu’il ne revenait pas à l’opposition de donner des directives au gouvernement.
Après l’expiration de son ultimatum le 20 mars dernier, l’opposition a fini par annoncer le déclenchement de ses actions de désobéissance civile dès le 30 mars prochain, à travers une journée ville morte, qui se poursuivra le lendemain. Cette décision de passer à l’action serait liée au refus du gouvernement de prendre en compte les revendications de l’opposition, dont celle concernant la baisse du prix du carburant à la pompe. « Le gouvernement est resté muet, sourd par rapport à cette revendication. Constatant cette situation, nous avons donc décidé d’entrer dans une série de manifestations pacifiques jusqu’à ce que le gouvernement comprenne que tout le peuple de Guinée est avec l’opposition républicaine, en vue de baisser le prix du carburant pour améliorer les conditions de vie des Guinéens », a indiqué le porte-parole de l’opposition Aboubacar Sylla. Qui ajoute : « Nous avons décidé d’appeler le peuple de Guinée à observer deux journées villes mortes successives le 30 et 31 mars prochain, c’est à dire mercredi et Jeudi. Nous demandons donc à tous les Guinéens, quelle que soit leur obédience politique, leur religion, leur ethnie, leur âge, de s’associer à ce mot d’ordre de grève, car il s’agit d’une lutte en faveur de l’amélioration de leurs conditions de vie », a-t-il souligné.
Sylla de préciser ensuite : « le combat que nous menons dans le cadre de nos manifestations, cette fois-ci c’est des combats qui sont liés directement à la demande sociale. Il ne s’agit pas de journées ville morte pour des questions politiques. Mais là il s’agit d’une journée ville morte qui appelle tous les Guinéens quels qu’ils soient à participer à cette manifestation pour que leurs conditions de vie, pour eux et leurs familles, s’améliorent. »
Pour Aboubacar Sylla, cette revendication n’est pas une récupération, plutôt un droit. « J’ai entendu dans les médias effectivement, qu’on récupère une initiative qui avait été prise par les syndicalistes. Je dois d’abord dire que nous avions été les premiers en tant que partis politiques à protester publiquement contre la non-baisse du prix du carburant. Les syndicats se sont saisis de la revendication sociale que nous, nous avions portée avant eux. Les syndicats évoluent dans une sphère où il y a un maximum de 200 mille syndiqués peut-être, nous partis de l’opposition républicaine, nous parlons au nom de nos millions et des millions de sympathisants, d’électeurs, du peuple de Guinée et c’est notre droit. C’est pour cette raison qu’on ne peut pas parler de récupération », a-t-il rappelé.
Concernant la crise politique que traverse le pays notamment pour ce qui est du « non-respect des accords du 20 août 2015, selon Aboubacar Sylla l’opposition souhaite l’ouverture d’un nouveau dialogue. « Nous avons décidé de saisir directement le Premier ministre d’un courrier puisque c’est le Premier ministre qui, constitutionnellement est chargé de la promotion du dialogue social. Nous allons le saisir d’un courrier pour demander l’ouverture d’un autre dialogue politique qui va au premier chef permettre de faire l’évaluation d’exécution de l’accord politique du 20 août 2015, de manière à voir quelles sont les priorités qu’il faut fixer dans le cadre de ce processus électoral et les actions qu’il faut mener immédiatement », a-t-il souligné.
Parmi les autres sujets soulevés lors de cette plénière de l’opposition, il y a le retrait éventuel du RDIG de Jean-Marc Telliano, et le refus du PEDN de Lansana Kouyaté de prendre part à la manifestation. « Le PEDN est libre de faire ses choix. Chacun a sa façon de mener son combat politique et d’adapter ses solutions à la nature du terrain politique actuel », a répliqué Aboubacar Sylla. Pour Telliano, le porte-parole précise : « en ce qui concerne le RDIG, c’est la première nouvelle jusqu’à preuve du contraire, M. Telliano est membre de l’opposition républicaine. »
Le porte-parole du gouvernement guinéen, Albert Damantang Camara, n’a pas tardé à réagir à cette menace de reprendre la rue. Damantang a indiqué que le gouvernement ne se laissera pas distraire par cette menace proférée par l’opposition. Il a tenu à dire que le gouvernement a tout de même pris acte de la décision de l’opposition d’organiser deux journées villes mortes les 30 et 31 mars prochains.
Pour le ministre porte-parole du gouvernement, ils n’ont pas à discuter avec l’opposition pour une question portant sur la baisse du prix du carburant. Au risque que cela ne crée un précédent, qui amènerait le gouvernement, à discuter dorénavant de la baisse des taxes et autres avec les opposants. Alors que ce sont eux qui ont gagné les élections, et de surcroit qui ont la légitimité de gouverner, en appliquant les mesures qu’il faut, dans la gestion du pays.
Damantang Camara déplore le fait que l’opposition n’ait pas recours à l’Assemblée nationale et au cadre de dialogue, comme « voies orthodoxes », pour poser ses revendications. Au lieu de recourir à la rue, dans le seul but de torpiller les actions du gouvernement.
Pour finir, Damantang a indiqué qu’ils ne se laisseront pas distraire par de telles menaces.
Ces journées villes mortes prévues les 30 et 31 mars, pour protester contre l’indifférence du gouvernement, à baisser le prix du carburant à la pompe, marquera le début d’une nouvelle épreuve de force entre le pouvoir et l’opposition. Après la présidentielle du 11 octobre dont le déroulement avait connu des incidents violents.
Amadou Sadjo Diallo
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
Commentaires
Et m^m mieux koto saliou, il faut renforcer la gouvernance locale, m^m si paralléle, je viens de lire sur Guinéematin qu'à Mali, ils se battent pour avoir un des autochtones dans les instances de décision, c'est essentiel. je connais pas bien le pays, mais quand je m'y proméne, notamment dans le Fouta, je ne vois que des CONDE, KEITA, FOFANA, CAMARA etc.. sur toutes les spheres administratives de prise de décisions jamais ou rarement un DIALLO, SOW, BARRY, BALDE etc... Je vais dans les autres contrées, là je vois que l'Administration locale est chapeautée par les autochtones. Je n'ai pas compris, on m'explique que c'etait pire au temps de Sekou et du PDG. Faut qu'on se départisse de cette peur de contester ces étrangers à la localité, qui le plus souvent, plombent le progres des ces coins. C'est la gouvernance locale qui émerge en cette 21é siécle et non ce centralisme antidémocratique. Les députés de l'opposition doivent y réflechir et nous sortir de ces administrations centralisées coloniales qui sont au service du pouvoir politique qui comme on le constate en guinee, est clanique, sectaire, incompetente, malhonnete, injuste et donc bête. Faut favoriser et développer la gouvernance locale à tous les niveaux pour permettre l'émergence de nos pauvres familles réstées au pays. Comme à Mali, c'est une bonne initiative, cette dsobeissance civile
@Lodia,
Je suis tout à fait d'accord avec votre raisonnement.Mais,le gros dilemme ou le problème est la politique du ventre vide depuis le temps de la 1ère République(un cercle vicieux de la base au sommet).Il faut absolument,une politique de militantisme cohérente de sensibilisation des citoyens à la base dans ce sens par l'Opposition Républicaine.Et occuper les postes clefs de l'Administration publique à la base.Si non,c'est un coup d'épé dans l'eau.
Pour le cas,de Mali-Yembérin,c'est un exemple parmi tant d'autres.Il faut absolument que L'Opposition Républicaine table la dessus,afin d'empêcher le système de Parti Unique-État=Dictature...








