Abdoulaye Baldé Mercredi, 19 Octobre 2011 18:31
Chantale Colle, a fait récemment une sortie médiatique pour jeter l’opprobre sur l’opposition dans son ensemble et sur Cellou Dalein en particulier. Est en cause, la gestion des 2 milliards constituant le dédommagement accordé aux leaders politiques que sont Jean-Marie Doré, Sidya Touré, Dalein Diallo et Mouctar Diallo.
« Je suis choquée, en tant que citoyenne engagée, d'apprendre cela par des rumeurs, puis de découvrir que c'est vrai, et aucun d'eux n’informera sur le sujet, choisissant le silence, même devant les militants engagés. (…) Si chacun d'entre eux avait eu un peu de conscience, ils se seraient réunis pour annoncer cela au peuple de Guinée», s’est notamment offusquée Chantale Colle, manifestement en quête de pistes auprès de la Présidence de la République. Cela, même si la sulfureuse continue de nier son rêve nourri d’approcher les nouvelles autorités de Conakry : « Je ne fais pas les yeux doux au pouvoir. » Tout de même, le leader de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo livre enfin la vraie version des faits à propos du pactole qui fait tant jaser au pays, même au-delà, avec la sortie récente d’une des victimes Fatoumata Barry, actuellement réfugiée à Dakar.
Chantale Colle accuse donc, mais Dalein étaye aux micros de nos confrères d’Aminata.com: « En fait, qu'est ce qui s'est passé ? Moi, je n'ai jamais rien réclamé par rapport aux dommages, aux préjudices que j'ai subis suite à l'attaque de mon domicile. Vous savez, ce domicile a été détruit; et tous mes biens emportés le 28 septembre 2009. Après le stade, les militaires sont descendus chez moi. Ils ont tout pillé. Et la nuit, à 3 heures du matin, ils sont revenus tout enlever. Ils ont enlevé les voitures qui étaient là, ils ont pris les bijoux de madame... Tout ce qu'il y a avait. Ils ne m'ont même pas laissé une cravate. Mais, malgré tout ça, en tant que président de l’UFDG, j'avais subi des préjudices plus importants et je ne pouvais pas réclamer une réparation de dégâts matériels.
A un moment donné, j'ai reçu sur un compte dormant que j'avais à la Banque Centrale 2 milliards de francs guinéens. Jean Marie Doré m'a dit que le gouvernement de transition avait décidé de dédommager lui Jean Marie, Sidya et moi, chacun à hauteur de 2 milliards. Bien entendu, je me suis posé la question : qu'est-ce que j'allais faire de cet argent ? Conscient qu'il y avait des dommages beaucoup plus importants. Mais, comme déjà, j'étais sollicité par les victimes, les familles des victimes qui demandaient des aides. Au lieu de rendre l'argent au gouvernement, j'ai décidé de l'utiliser pour faire face en partie, tout au moins, aux besoins des nombreuses victimes des événements du stade du 28 septembre. Là, il y a des preuves. J'ai commencé à faire des dépenses à ma discrétion. J'ai envoyé 100 millions fg à la clinique "Mère et Enfant" qui avait pris en charge beaucoup de malades sans recevoir aucun franc. J'ai estimé que cette attitude méritait d'être soutenue : j'ai fait un chèque que j'ai envoyé à cette clinique. J'ai donné 50 millions aux associations qui étaient en train de se constituer pour défendre les intérêts des victimes.
Dans ma cour, il y avait 7 voitures qui ont été enlevées. J'ai appelé les propriétaires auxquels j'ai remis 30 millions chacun. Et, j'ai également donné 5 millions de francs aux propriétaires des motos que les militaires avaient enlevées chez moi. A un moment donné, j'ai estimé qu'il n'était pas bon que je continue à dépenser cet argent à ma discrétion. J'ai décidé de faire une fondation. J'ai appelé une compatriote qui avait une fondation qui marchait bien au Burkina Faso, en l'occurrence madame Hawa Dramé. J’ai demandé à cette dame d’essayer de me concevoir une fondation permettant d'utiliser l'argent en faveur des victimes. Elle a préparé les papiers de la fondation qu'on devait soumettre, nous étions en pleine campagne, au ministère de l'Administration du territoire pour obtenir l'agrément. On avait même envisagé de lancer la fondation le 28 septembre 2010. Lorsque des gens ont estimé qu'on était en campagne et qu'il ne fallait pas mélanger les deux choses. Donc, on a arrêté. Finalement, après les élections, je suis parti de la Guinée pour longtemps.
Je suis rentré le 03 avril dernier dans des conditions que vous savez. Là aussi, je me suis occupé de la gestion des victimes puisque il y en avait : Zakaria a été tué et il y a eu beaucoup de blessés par balles. On s'est occupé de ça. Et trois semaines après, je suis parti pour Lomé où je devais recevoir un prix, ensuite à Dakar. Donc, on n'a pas pu mettre en place immédiatement la fondation. Lorsque je suis rentré récemment, j'ai demandé à ce qu'on essaie de voir. Madame Hawa Dramé m'a fait comprendre qu'elle décidait de créer une fondation comme celle qu'elle gérait au Burkina, qui avait reçu le soutien de beaucoup d’ONG, de fondations européennes et même des organisations des Nations Unies comme l’UNICEF. C'est ainsi que madame Hawa Dramé s'est engagée à gérer un fonds spécial si je désigne un comité de gestion qui devrait se prononcer sur la question. Donc, on était sur ça lorsque j'ai appelé les présidents des associations des victimes. Je leur ai dit que je mets un montant à leur disposition et j'ai deux options. Et vous allez m'aider à choisir la meilleure. Soit, je crée une fondation à part et on essaie d'assister les gens avec l'argent ; soit on met ce fonds à la disposition d'une dame qui s'appelle Madame Dramé et elle nous gère ça suivant les règles de l'art puisqu'elle en a l'expérience, elle en a la compétence. Et ces présidents d'associations des victimes, puisqu'il y en a 3 ou 4, m'ont remercié et ont promis de contacter la dame pour me faire des recommandations. On est à ce niveau. »
Abdoulaye Baldé