Marchés gré à gré : une ombre au tableau de la gouvernance Alpha

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L’attribution des marchés gré à gré à des proches du palais, dans les domaines des BTP, de l’électricité et autres, par le gouvernement, et ce depuis l’avènement du président Alpha Condé au pouvoir en 2010, est perçue aujourd’hui comme une des causes de la mauvaise passe financière dans laquelle le pays se trouve plongé aujourd’hui. Ainsi, en ressassant les actes posés dans le cadre de cette pratique, qui est en porta faux avec les principes de la bonne gouvernance, Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition, au gré de ses récentes sorties dans la presse, cite les noms des opérateurs économiques que sont Kerfalla Person Camara et Kaba Ansoumane, respectivement PDG de Guicopress et de Guiter SA, comme étant parmi les bénéficiaires de ces marchés léonins, qui ont obéré les caisses de l’Etat.

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L’avènement du président Alpha Condé aux affaires en décembre 2010 avait suscité d’immenses espoirs chez les populations dans leur majorité. L’homme était en effet considéré comme ne s’étant jamais laissé entrainer dans des compromissions avec les différents régimes qui se sont succédé jusque-là à la tête du pays. Des préjugés favorables qui lui ont valu des présomptions d’innocence au début de son quinquennat. Mais l’opinion va vite déchanter, suite aux multiples scandales qui ont entaché son premier mandat, impliquant des personnes faisant partie du premier cercle de ses intimes, dont son fils Mohamed Alpha Condé. Ce dernier a été même cité dans le scandale des 100 mégawatts que devait fournir par la société brésilienne Asperbras. Moyennant près de 200 millions de dollars US. Un contrat qui n’a jamais été rempli. Sans oublier les contrats de construction des routes de la capitale attribués à OAS, une autre entreprise brésilienne, sans aucun respect des normes en matière de passation des marchés publics. Autant d’exemples qui ouvrent une brèche pour les détracteurs du régime, qui accusent le gouvernement de faire dans la corruption, en enrichissant un clan proche du palais.

Parmi ceux qui ne cessent de vilipender le pouvoir, il y a le leader de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo. Selon lui, « en 2015, pour financer la mascarade électorale, le gouvernement a emprunté auprès de la Banque centrale 1860 milliards de francs guinéens. Une somme qui a été partagée entre des proches du parti au pouvoir. Â»

Le chef de file de l’opposition avance dans ses accusations que des marchés publics ont été attribués à des entreprises, dont Guicopres, Ebomaf et Guiter SA. Et que certains dirigeants de ces entreprises auraient simplement empoché l’argent, sans faire le travail. A propos de l’entreprise burkinabè Ebomaf, Dalein dénonce un engagement de la BCRG, auprès de la BIDC, pour une garantie en faveur d’un prêt portant sur 65 millions de dollars us. Cette entreprise qui exécute des travaux de bitumage sur la route nationale reliant les préfectures de Kankan et Kissidougou, est également soupçonnée d’avoir surfacturé le kilomètre de bitume à 1, 5 million de dollars us. Un proche du directeur général d’Ebomaf que nous avons pu contacter, parle « d’allégations infondées. Â»

Ce sont toutes ces pratiques qui sortent nettement du cadre de la bonne gouvernance économique, qui auraient mené le pays dans l’abîme. Ce qui aurait provoqué cette crise sociale, ayant débouché sur une grève des syndicats. Pour Cellou Dalein Diallo, « cette crise sociale est née du fait qu’il n’y a pas eu d’investissement, et donc qu’il n’y a pas d’emploi, notre jeunesse est désÅ“uvrée, les conditions de vie de la population se sont détériorées. Â»


La Guinée sauvée in extrémis d’une « sanction Â» du FMI

Le FMI a approuvé la demande de dérogations présentée par les autorités guinéennes en approuvant le décaissement de 25,6 millions de dollars. Cela s’est passé suite au Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) qui s’est achevé mardi dernier, sur la sixième et la septième revue des résultats économiques obtenus par la Guinée dans le cadre du programme appuyé par un accord au titre de la facilité élargie de crédit (FEC).

La décision du Conseil d’administration a permis « de décaisser immédiatement 18,36 millions de DTS (environ 25,6 millions de dollars), ce qui porte le total des décaissements au titre de l’accord à 155,295 millions de DTS (environ 216,7 millions de dollars). Le Conseil d’administration a également approuvé aussi une demande de prolongation de l’accord FEC en vigueur jusqu’à fin octobre 2016 pour permettre l’évaluation de l’exécution du programme à fin juin 2016 et un rééchelonnement des décaissements restants au titre de l’accord. Â»

L’institution a toutefois tenu à rappeler que « des données inexactes sur la dette extérieure non concessionnelle du secteur public ont donné lieu à un décaissement non conforme. Étant donné les mesures correctives qui ont été prises par les autorités, ainsi que les mesures prévues pour renforcer la gestion de la dette, les administrateurs ont décidé d’accorder une dérogation pour l’inobservation du critère de réalisation qui a donné lieu au décaissement non conforme.»

Il aura fallu que le gouvernement guinéen reconnaisse avoir fourni de « fausses informations Â» au Fonds, pour masquer ses impairs, pour que l’institution se résolve à ouvrir les vannes, pour le décaissement de ces 25,6 millions de dollars.

Pour maintenir l’application des recommandations du FMI, la Guinée doit saigner son contribuable, dont l’imposition est allée crescendo. Quant à la baisse du prix du carburant à la pompe exigée par l’opposition, cela ne serait pas à l’ordre du jour chez le gouvernement de Mamady Youla.


Mamady Kéita
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+7 #6 amadudialamba 19-03-2016 23:04

Il n’est de secret pour personne que, depuis le règne de feu Lansana Conté jusqu'à ce jour, ces marchés dits de gre a gre ne profitent qu’aux seuls et mêmes groupes de personnes. Au depart, FUTURLEC et GUICOPRESSE étaient les entreprises métronomes. Le gouffre financier dans lequel le pays est plongé aujourd’hui n’est dû qu’a ces marchés ‘’sans appel d’offre’’ ou dit ‘’de gré a gré’’. Un arrangement entre voleurs (ou fraude publique) qui asphyxie terriblement le contribuable.
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+3 #5 M.Sacko 19-03-2016 22:11

"Il aura fallu que le gouvernement guineen reconnaisse avoir fourni de fausses informations au fonds, pour masquer ses impairs, pour que l'institution se resolve a ouvrir les vannes, pour le decaissement de ces 25,6 millions de dollars". Le systeme de gouvernance en guinee me ressemble a un individu qui a une grande plaie beante sur laquelle on met le bandage pour faire croire au monde que tout va bien pendant que la plaie degage des odeurs nauseabondes. je vous assure que si cette plaie ne recoit pas rapidement le traitement approprie, l'interesse risque d'avoir la gangrene. Et le but de tout ce bandage (camoufflage) est de pouvoir encore empocher les futurs decaissements du fonds monetaire en faveur de la guinee, ce qui montre combien de fois que ces individus manquent chroniquement de l'ethique et l'integrite dans la gestion des ressources publiques. Personnellement je ne crois que ces miettes du fonds peuvent avoir un impact positif sur un pays ou la propagande et le clanisme sont eriges en mode de gouvernance. L'elite politique et affilies pillent les maigres ressources du pays, detournent les aides et dons de l'exterieur destines a la population en presentant aux interlocuteurs etrangers des donnees economiques falsifiees. Mais pour le sens commun, la realite du terrain peut facilement expliquer l'etat de sante economique d'un pays. Notre pays est simplement malade.
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-3 #4 Amara lamine Bangoura 19-03-2016 22:01

Erratum:la rengaine de l'ebola bouc émissaire à l'origine des déboires économiques du régime n'est plus de mise.Colportez d'autres alibis plus échappatoires pour justifier la véritable hémorragie financière causée par la gestion calamiteuse des affaires par AC et ses comparses ALB-AL-USA.
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0 #3 lodia 19-03-2016 21:04

Amenez les meilleurs ministres du monde, ils ne sauraient régler ce probleme. Il y'a eu tellement de prédation et de faux en écriture qu'AC lui m^m s'y perd. Le seul bon conseil à donner à ces ministres aux faux CV c'est de rendre le tablier avant de se souiller davantage et de ternir à jamais leurs carrieres, pour preuve, regardez ce SAKHO, il passe son temps à justifier l'injustifiable. J'ai peur que nous soyons dans la periphérie d'un TROU NOIR. Puisse Dieu nous aider à nous en éloigner
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+3 #2 Amara lamine Bangoura 19-03-2016 20:06

L'octroi des marchés juteux a Ebomaf,Guicopresse,Guiter et Tanou corporation,sans avis d'appels d'offres ne constitue que la face visible de l'iceberg.Les gigantesques gains de capitaux spoliés accumiles et domiciliés dans des comptes offshore localisés dans les paradis fiscaux,échappent a l'écrasante majorité de nos concitoyens.Pire,la nouvelle équipe gouvernementale,essentiellement constituée de jeunes ministres aux Cv et parcours falsifiés se fait remarquer par son amateurisme,son incompétence ,son inexpérience et surtout son déphasage effarant avec les contingences socioéconomique du pays.Nonobstant le contexte de crise grave generee par la malgouvernance d'AC,nos néophytes ont estimé que l'accroissement des recettes publiques a travers la hausse des taxes,impôts et autres redevances était l'option idéale.Cette décision qui consiste a faire payer par le citoyen lambda la gabegie des dirigeants est inadmissible.A la lumière de la carence,de la platitude et du passé peu reluisant des jeunes nouvellement nommes ,qui ,pour la plupart ont déjà imprimé leur marque de fabrique en terme de corruption a la primature et/ou au sein d'importantes régies financières de l'état,tout laisse à croire qu'ils ne sont point à mesure de procéder a une analyse adéquate du tableau des opérations financières de l'état.A cela il convient d'ajouter la politique de la planche a billets à l'origine de l'inflation galopante,par conséquent,la rhétorique du virus Ebola ,bouc émissaire a l'origine de la déchéance financière que le pays traverse.ALB-AL-USA.
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+4 #1 Gandhi 19-03-2016 19:24

Enfin les escrocs sont obligés de reconnaitre qu'ils racontent n'importe quoi relativement aux données économiques et financières du pays, juste pour obtenir quelques miettes, qui leur permettront de passer un cap. Mais ce n'est que reculer pour mieux sauter, car en l'absence de recettes, le déficit ne se combe pas tout seul, et le problème refera surface d'ici quelques semaines.
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