Boubacar Doumba Diallo Dimanche, 28 Février 2016 01:52
Dimanche 19 février, 15h, les ressortissants de Donghol Touma (Pita) à Abidjan étaient conviés chez Monsieur Bah Ibrahim pour se pencher, dans un contexte apolitique et laïc, sur la question du développement de la sous-préfecture de Donghol Touma (Pita) et de l’essor de la communauté guinéenne en Côte d’Ivoire. Etaient présents également des représentants d’autres préfectures de Moyenne Guinée.
Pour le développement de Donghol
Suite à de nombreux voyages dans la région de Donghol et à l’étranger, Monsieur Bah a pu observer le dépeuplement de cette localité. Face à cette observation, il invite l’audience à réfléchir sur comment venir en aide à Donghol de façon à pouvoir durablement créer de la richesse pour maintenir les populations sur place.
Monsieur Bah commence par faire part de son expérience dans la région de Brouwal Tappé (Pita) où il a investi dans la création de plantations forestières pour produire du bois de madriers. Chiffres à l’appui il démontre que c’est une activité beaucoup plus rentable que des cultures telles que le fonio après une période d’environ quinze ans avant l’abattage des arbres. Les revenus de la vente du bois étant répartis entre l’investisseur et la communauté locale. Vu l’existence de nombreux terrains vacants dans tout la Moyenne Guinée cette expérience peut être reproduite ailleurs, monsieur Bah promettant d’apporter son expertise dans le montage de projet similaire.
Pour l’essor économique de la communauté guinéenne en Côte d’Ivoire
Ensuite concernant la situation économique de la communauté guinéenne en Côte d’Ivoire, il s’agissait de comprendre dans un contexte économique compétitif, comment cette communauté pourrait aller de l’avant.
Monsieur Bah a proposé une lecture synthétique d’un ouvrage, intitulé le modèle Dioula, livre dont le contenu s’articule entre autres sur :
les filières sous domination économique des communautés ouest africaines ;
le modèle Dioula source d’inspiration pour la création des microentreprises.
L’ouvrage n’est pas particulièrement élogieux pour la communauté guinéenne, bien que présente dans des secteurs économiques variés (Transport, boutiques, etc.), mais propose une lecture du succès économique de deux autres communautés, à savoir les Mauritaniens et les Nigériens.
Les Mauritaniens forment une communauté très organisée présente dans le domaine des boutiques (plus de 40000) en Côte d’Ivoire. Il ressort de l’ouvrage que les Mauritaniens émigrent vers la Côte d’Ivoire uniquement lorsqu’une opportunité se présente, n’ouvrent des boutiques que dans les lieux stratégiques des agglomérations, et qu’ils doivent aussi leur réussite économique à leur sobriété et à leur ardeur au travail.
Les Nigériens quant à eux sont présents dans de nombreux domaines d’activité mais ont surtout réussi dans le domaine du garba (plat à base d’attiéké et poisson). Leur réussite économique est due en fait à leur organisation reposant sur une caisse économique, un système d’apprentissage pour les nouveaux arrivants et leur grande sobriété.
Monsieur Bah a invité la communauté guinéenne à s’inspirer de ces exemples. D’autres rencontres devraient suivre autour d’autres localités….
Boubacar Doumba Diallo
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Références : Maurice D. Koue, Le modèle Dioula, éditions CCDE
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