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Comment Fabius a protégé les « amis » africains de Hollande
Francis Sahel Mercredi, 24 Février 2016 04:02
En trois ans à la tête du ministère des Affaires étrangères, Laurent Fabius a laissé sa marque sur les affaires africaines : la France de Hollande a protégé avant tout les « amis » du président français: Condé, Issoufou, IBK, Deby, Biya…
Ce n’est plus la Françafrique de Nicolas Sarkozy avec ses réseaux et ses émissaires d’un « autre temps », mais un système tout aussi opaque des relations entre la France et ses anciennes colonies africaines, qui protège leurs chefs d’Etat. L’assurance « tous risques », fournie à travers le Quai d’Orsay, couvre d’abord les amis africains du « club de l’Internationale socialiste (IS) », en commençant par le Guinéen Alpha Condé qui avait déclaré : « Je n’ai commencé à dormir tranquillement qu’après l’élection de Hollande ».
Les faits donnent entièrement raison à l’ancien militant de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF) devenu président de Guinée en 2010. En effet, la diplomatie française n’a pas soufflé mot sur les tensions politiques qui ont précédé la présidentielle du 11 octobre 2015. Elle n’a absolument rien dit même lorsqu’elles ont culminé le 2 octobre à N’Zérékoré, dans la zone forestière du pays, faisant un mort et une vingtaine de blessés. « No comment » pour le Quai d’Orsay afin de ne pas indisposer Alpha Condé, l’ami de Hollande avec qui il échange quotidiennement de nombreux SMS.
Preuve, s’il en était besoin, de la protection du président guinéen par Paris : au lendemain de la présidentielle controversée d’octobre remportée à près de 57% par le président sortant, l’ambassadeur de France à Conakry Bertrand Cochery s’est fendu d’un coup de fil à l’opposant Cellou Dalein Diallo pour lui intimer d’accepter sa défaite et de se tenir à carreaux. En fait, il s’agit d’un simple échange de bon procédé puisqu’Alpha Condé avait demandé et obtenu de Hollande le maintien à Conakry de M. Cochery qui venait d’être affecté au Niger où sa demande d’agrément comme ambassadeur avait même déjà été acceptée par les autorités. Mais comme Hollande ne refuse rien au camarade Alpha, il a fallu trouver illico presto un nouvel ambassadeur de France pour le Niger. C’est ainsi que Marcel Escure, 52 ans, a atterri dans la capitale nigérienne.
Portes closes à l’Elysée et au Quai d’Orsay
Même traitement de faveur, mêmes privilèges pour le président nigérien Mahamadou Issoufou, autre camarade de l’IS. Quatre journalistes nigériens sont interpellés le 14 novembre 2015 par la police puis retenus au poste une journée entière alors qu’ils se rendaient à l’aéroport pour couvrir le retour d’exil de l’opposant Hama Amadou. Habituellement très sourcilleux sur la défense de la liberté de la presse, le Quai d’Orsay trouve ce jour-là le moyen de ne rien dire à ce sujet. La diplomatie française se montrera tout aussi discrète pendant la période de fortes crispations des relations entre le régime du président Issoufou et ses opposants. Mais, elle a fait bien plus grave : pendant son exil d’un an à Paris, l’opposant Hama Amadou a fait le tour des responsables français en charge de l’Afrique (Elysée, Quai d’Orsay), il a partout trouvé portes closes pour ne pas fâcher le pouvoir nigérien. C’est pour cette même raison qu’une conférence que M. Amadou devait prononcer le 14 octobre 2015 à l’Ecole militaire a dû être délocalisée à l’Assemblée nationale, après le véto du ministère français des Affaires étrangères.
Pour sa part, le camarade Ibrahim Boubacar Keita (IBK) du Mali a eu droit en octobre 2015 à une visite d’Etat avec tout le protocole et le faste qui vont avec : escorte de la cavalerie de la garde républicaine, dîner d’Etat, accueil à l’Hôtel de Ville de Paris et même les insignes de grand-croix de la Légion d’honneur. Dieu soit loué ! Dans ces conditions, n’allez pas croire que la diplomatie française trouvera à redire lorsque l’imam Mahmoud Dicko s’en prend violemment le 28 novembre 2015 à l’Occident et explique les attentats de Paris et Bamako par la colère divine. Ne comptez surtout pas non plus sur la diplomatie française pour donner de la voix lorsque l’Etat malien tergiverse dans la mise en œuvre de certaines dispositions de l’Accord de paix d’Alger signé en mars 2015 ou lorsqu’il joue un jeu trouble avec les milices d’autodéfense très hostiles aux mouvements rebelles touaregs.
La bande de Sassou, Deby et les autres
Sans qu’ils soient membres du « club des amis de l’IS », plusieurs autres présidents africains bénéficient de la complaisance de Paris. C’est notamment le cas du chef de l’Etat tchadien Idriss Deby, protégé du ministre français de la Défense Jean-Yves le Drian et chouchou des militaires. Le président Deby a été l’allié décisif de Paris pendant l’opération militaire Serval lancée en janvier 2014 au nord Mali ; son pays abrite aujourd’hui le quartier général l’opération Barkhane. Le Tchad est également en première ligne dans la lutte contre la secte islamiste nigériane Boko Haram dans la région du Lac Tchad. Autant de cartes entre les mains du président tchadien qui en a profité pour imposer le silence à la diplomatie française face aux violations massives des droits de l’homme, à la répression des opposants politiques et la mal gouvernance économique.
Fait tout à fait inimaginable en début du quinquennat, Deby a obtenu des socialistes français (Parti socialiste, Elysée, Quai d’Orsay) qu’ils renoncent à exiger toute la lumière sur la disparition en février 2008 du « camarade » Ibni Oumar Mahamat Saleh, président-fondateur du Parti pour les libertés et le développement (PLD), membre de l’IS. Il ne faut pas non plus compter sur le régime de Hollande pour critiquer l’intention du président tchadien de se succéder à lui-même lors de la présidentielle d’avril 2016 alors qu’il a déjà passé 25 années au pouvoir.
Celui qui avait promis en janvier 2012 au Bourget de démanteler la Françafrique sait également se montrer bienveillant à l’égard du Camerounais Paul Biya, 82 ans, au pouvoir depuis 1982. Ostracisé au début de quinquennat de Hollande, Biya est revenu en cour en obtenant la libération de la famille Moulin-Fournier en avril 2013, après deux mois de captivité. Depuis lors, le président camerounais, qui avait reçu, aussitôt les otages libérés, la chaleureuse reconnaissance de son homologue français, peut bafouer les droits de l’homme, emprisonner les journalistes et même mettre son pays en pilotage dans l’indifférence totale de l’Elysée et du Quai d’Orsay. Et ce n’est pas la seule bizarrerie de la Françafrique, à la sauce Hollande : Me Jean-Paul Bénoit, avocat proche de Hollande, n’arrive toujours pas à mobiliser la diplomatie française sur le sort de l’ancien ministre camerounais de l’Administration territoriale Marafa Hamidou Yaya, condamné à 25 ans de prison pour détournement des deniers publics et dont l’état de santé nécessite des soins à l’étranger.
Mettant à profit son statut de médiateur de la crise centrafricaine, le Congolais Denis Sassou Nguesso a renversé le rapport de forces avec son homologue français qui hésitait au tout début du quinquennat à le recevoir au palais de l’Elysée. La France, qui cherchait à tout prix à éviter l’enlisement de son opération militaire Sangaris lancée en décembre 2013 en Centrafrique, s’est appuyée sur Sassou qui a fini par devenir plus que fréquentable. A la surprise générale, Hollande a apporté le 21 octobre 2015 son soutien au référendum constitutionnel prévu 4 jours plus tard au Congo, en expliquant que « Sassou avait le droit de consulter son peuple ». Il y a certes eu le rétropédalage de l’Elysée le 23 octobre, mais le mal était déjà fait.
Diplomates tétanisés par la peur
Le choix fait à Paris de se réfugier dans le silence pour ne pas gêner les présidents africains amis de Hollande se justifie d’autant moins que les ambassades de France sur place accomplissent un formidable travail de remontées d’informations. Les télégrammes diplomatiques sur la situation en Guinée, au Mali, au Niger, au Gabon, au Congo pleuvent sur le bureau de Jean-Christophe Belliard, directeur de l’Afrique et de l’Océan indien au Quai d’Orsay puis sur celui de Guillaume Lacroix, Conseiller Afrique de Laurent Fabius avant de se perdre dans le sable. Les autres, qui atterrissent sur les bureaux d’Hélène Le Gal et Thomas Melonio, les deux responsables de la Cellule Afrique de l’Elysée, ne connaissent pas une destinée bien plus brillante.
Non content de ne rien dire sur la situation des pays du « pré-carré », Paris jette en pâture ceux de ses ambassadeurs qui ont déplu aux présidents amis. En atteste, le cas de l’ambassadeur de France à Niamey Antoine Anfré rappelé en juillet 2015 au bout de 15 mois seulement de mission, à la demande expresse du président Issoufou qui le trouvait pas assez accommodant.
C’est aussi le cas de l’ambassadeur de France à Djibouti Serge Muccetti remplacé après 20 mois à son poste en décembre 2015 juste pour répondre à une exigence du président djiboutien Ismaël Omar Guelleh. Par crainte de connaître le même sort que leurs collègues de Niamey et Djibouti, les diplomates français ferment les yeux sur des dérives auxquelles ils assistent dans les pays africains, notamment ceux du pré-carré. Finalement, pour un ambassadeur de France, qui veut accomplir ses trois années de mission à son poste, il vaut mieux être en bons termes avec Condé, IBK, Issoufou, Deby ou Sassou. Quitte à ne plus défendre les valeurs de démocratie et des droits de l’homme. Ce n’est pas ce que Hollande avait promis en matière de politique africaine. Ce n’est pas surtout ce qu’espéraient les sociétés civiles africaines, qui montent en force partout sur le continent.
Francis Sahel
mondafrique.com
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Commentaires
S'agissant de la politique africaine de la france il nous faut résister au conservatisme français .Comment expliquer que la france continue à soutenir des potentats ,des dirigeants mal élus comme issoufou et Alpha condé ? ISSOUFOU met en prison son challenger et celui ci le contraint de la prison au second tour,c'est dire donc qu'en réalité c'est son challenger qui serait élu si il n'était pas en prison .Et la France cautionne cette prison.Honteux
Il est siderant de constater que plus d'un demi siecle apres l'accession de la grande majorite des etats Africains a la souverainete nationale,la logique coloniale regisse les relations que la France entretient avec ses anciennes colonies.La France au gre de ses interets intronise ou deboulone les regimes.Heureusement,avec l'emergence de la Chine,le neo colonialisme Francais,suppot des dictatures et de la malgouvernance,est en perte de vitesse dans son propre precarre.
Mignan franchement tu penses que l’émergence de la Chine en Afrique va améliorer le sort du peuple d'en-bas en Afrique ?
Regarde les exemples en cours, discute avec ceux qu'ils emploient comme des esclaves partout en Afrique et sois sur que 95% des guineens regretteront la France-Afrique dans 10 ans, comme ils le font pour Fory Coco aujourd'hui...
 quand le code d'honneur comme Code de conduite de nos dirigeants ?
Que Compaoré se le tienne pour dit : Il fera face à la justice.. tôt ou tard."Le temps est un autre nom de Dieu" et Gbago aimait à le répéter
Hélas uniquement si son dossier atterrit un jour a la cPI de La Haye.
Souvenons-nous de :
- l'UA qui s'arc-que-boute derière Mugabe, El Bechir et Kenyatta malgré leurs milliers de meutres de peuple d'en-bas.
- la CEDEAO qui a dépêche en urgence Macky Sall pour sauver Diendere au Faso malgré les dizaines de morts du peuple d'en-bas - mais les burkinabe ont su tenir bon.
- De ADO qui absout Blaise de ses milliers de morts d'en-bas et de ses 3 meilleurs amis (Sankara, Zongo et Linbani).
Et oui pour les victimes d'en-bas africains il n'y a qu'une seule chance de justice, celle pilotée par les toubabs, en Hollande ou dans des tribunaux africains financés a 100% par eux ce qui est la même chose mais un modèle legerement différent...
Aujourd’hui le triangle ‘’Burkina - Guinée - Côte-d’Ivoire’’ est dirigé des mains de fer par des originaires du même pays (le Burkina-Faso). Et ils sont en phase de solidifier les liens politiques au dos des citoyens de ces trois pays (ces trois pays sont onsidérés par eux comme une seule confédération). D’ailleurs ils s’entre-aident pour mieux contrôler la zone en contrecarrant toute aspiration allant dans le sens de nuire à cette hégémonie familiale. C’est dans ce cadre que Ouattara vient d’octroyer la nationalité à son hôte (Blaise), certes pour lui mettre a l’abri des ennuis judiciaires. Car dit-on, la Côte-d’Ivoire a, en vigueur, un principe de non extradition de ses citoyens. Curieusement Gbagbo et Glégoudé, plus ivoiriens que Ouattara, sont tous à la CPI. Curieusement aussi, au Burkina malgré les récents soubresauts, avec toutes ses conséquences, c’est encore un membre du ‘’club socialiste’’ qui est sorti vainqueur lors des élections. Comment ? Allez-y dans les couloirs de l’Élysée pour le savoir. Pour le cas de la Guinée, chaque matin que Dieu fait, je me pose la question suivante : ‘’Comment avons-nous été ensommeillés, jusqu'accepter a la tête de notre pays un homme qui n’a jamais dirigé même un petit poulayer. Un homme qui n’avait même un domicile fixe la où il vivait. NO ! Les intellectuels guinéens doivent nous rendre des comptes. Ils doivent nous dire pourquoi ils étaient partis à l’école.
Amadudialamba,
La politique dominante est une question de rapport de forces et de l'opportunisme.Pour contre carrer ce triangle,il faut l'affronter à la source,au lieu de pleurer de son sort.Car,personne ne va essuyer nos larmes.Plusieurs exemples existent sur ce contre poids.On a plutôt à affaire à une losange à 9 côtés avec France-Afrique au lieu d'un triangle;c'est un mollusque marin à plusieurs têtes.Plus néfaste qu'une anguille sous roche.
Le Rwanda a réglé son problème avec les Belges depuis plus de 20 ans.
Blaise Compaoré : de l'indignité au déshonneur.
Blaise Compaoré vient de donner la preuve qu'il est un soldat sans honneur.
Blaise vient de donner la preuve qu'il a toujours été un instrument au service des forces du mal:
-instrument de la France pour tuer Sankara, qui était le symbole du renouveau africain
-instrument des vendeurs d'armes pour ravitailler les rébellions en Afrique. C'est ainsi qu'il a mis le feu au Liberia, en Sierra Leone, en côte d'ivoire et en Guinée
-instrument des occidentaux pour installer Ouattara et Alpha Condé â la tête de pays dont ils ne sont pas originaires
-Instrument de Kadaffi pour gérer et entretenir les rebelles touaregs pour déstabiliser le Mali et le Niger
Après 27 ans de sale besogne, de crimes, le petit Blaise fuit son pays pour aller se réfugier dans un pays dont les autorités lui doivent le contrôle de ce pays pour avoir armé la rébellion qui a installé ses nouveaux tuteurs
C'est cela le drame de l’Afrique, être gouverné par des hommes qui n'ont pas le sens de la dignité et de l'honneur dans beaucoup de pays du continent.
Ce qui est encore plus choquant et décevant c'est la posture prise par Alassane Ouattara qui, sans honte ni vergogne , offre la nationalité ivoirienne a un criminel délinquant pour lui éviter une extradition après avoir extradé son prédécesseur et ivoirien de souche en le livrant aux "chiens" de la communauté des États pilleurs de nos ressources
C'est tout simplement honteux indigne et déshonorant pour ces bandits et criminels qui n'hésitent devant rien pour tuer voler et violer lorsqu'ils sont en situation de responsabilité mais prennent la poudre d'escampette à la moindre détonation d'une bombe lacrymogène. Ils ne sont citoyens de leur pays que s'ils sont "au palais" protégés par des gardes prétoriennes armées et entretenues aux frais des contribuables qu'ils martyrisent
Les Guinéens doivent intégrer cette done avec Alpha qui ne venait en Guinée que pour les élections et qui sera Guinéen tant qu'il est dans sa cabane appelée "sekoutoureya"
Il est certain que les guinéens ne verront plus son ombre une fois qu'il en sera vidé. Ce qui explique sa situation de PRESIDENT en campement, plus fréquent dehors que dedans qui est resté plus de 4 ans â la tête du pays sans visiter le territoire et qu'il a fallu la perspective de la présidentielle pour faire un marathon héliporté dans le pays et permettre à François Soudan la plume armée de la France-Afrique de lui en faire un large publireportage à gros frais
Nos dirigeants en Afrique se doivent de se donner un code d'honneur
Qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, Moussa TRAORE est un homme d’honneur. Il a refusé l'offre de Houphouet de l'exfiltrer en lui envoyant son Grumann en pleine insurrection. Il est resté dans son pays, fait face à la justice et aujourd'hui libre, il vit fière et digne et respecté par ses compatriotes
Qu'ont l'aime ou pas Mohamed Khouna Ould Haiddallah,est rentré dans son pays à la suite du coup d'Etat qui l'a renversé alors qu'il était au sommet France Afrique à Bujumbura
Qu'ont l'aime ou pas Lansana Conte est rentré à Conakry après la tentative de coup d’Etat, alors qu'il était au sommet de la CEDEAO à Lomé.
Ce sont les rares exceptions de dirigeant ayant eu le sens de l'honneur !
 quand le code d'honneur comme Code de conduite de nos dirigeants ?
Que Compaoré se le tienne pour dit : Il fera face à la justice.. tôt ou tard."Le temps est un autre nom de Dieu" et Gbago aimait à le répéter
http://mosaiqueguinee.com/2016/02/22/le-deal-de-kerfala-yansane-africa-mining-intelligence/








