Selection de vidéos
Partenaires
La hausse du prix du carburant à la pompe rend le régime Alpha Condé de plus en plus impopulaire
Heinan Goba Mardi, 18 Octobre 2011 14:08
L'explication donnée par le gouvernement guinéen à l'augmentation du prix du carburant à la pompe qui passe de 7500 francs guinéens à 9500 francs guinéens, environ 1 euro, prouve à suffisance qu'il se soucie très peu des conditions de vie de ses citoyens très affectés par des décennies de crises sociopolitiques. C'est en tout cas le sentiment qui prévaut actuellement à Conakry.
Pendant qu'une écrasante majorité de Guinéens qui vient de se décharger du fardeau du mois saint de ramadan, a du mal à emmener ses enfants à l'école, le gouvernement guinéen a annoncé samedi 15 octobre les nouveaux tarifs des produits pétroliers à la pompe. Dans les rues de Conakry, transporteurs et passagers (pauvres citoyens) n'arrivent toujours pas à s'entendre sur les tarifs des transports.
Comme les arguments ne manquent pas, la première explication que le gouvernement a trouvée à cette mesure, la plus impopulaire du régime d'Alpha Condé que les Guinéens attendaient pourtant avec beaucoup d'espoir, c'est l'atteinte du point d'achèvement de l'Initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) qui permettra à la Guinée, l'annulation d'une partie substantielle de sa dette.
La deuxième justification, selon le même gouvernement, c'est l'abandon de certaines pratiques néfaste pour la survie de l'économie du pays. C'est à dire que "le pays doit se débarrasser de certaines dépenses exorbitantes qui le dépouillent de tous ses avoirs".
''La subvention du carburant coûte à l'Etat guinéen environ 1024 milliards de francs guinéens par mois. Au-delà de cet aspect, le gouvernement constate que le carburant qu'il subventionne transite par les frontières terrestres pour se retrouver dans les cuves d'autres pays" a expliqué le ministre de l'Information, porte-parole du gouvernement.
A Conakry, d'autres par contre estime que "comme toute autre politique, la mise en place d'une politique qui permettrait à la Guinée de voir une annulation d'au moins 2 milliards de dollars de sa dette estimée aujourd'hui à 3 milliards de dollars est salutaire. Mais procéder à un arrêt de la subvention du carburant en cette période de vache maigre n'a aucune autre explication sinon qu'une démission de la part de l'Etat guinéen".
En attendant donc la mise en œuvre des mesures d'accompagnement promises par le gouvernement, il faut dire que des inquiétudes demeurent. Pour les opposants à cette nouvelle politique du gouvernement, ce dernier devrait aussi penser à la réduction du train de vie de l'Etat. Compte tenu du nombre élevé de domaines dans lesquels la subvention de l'Etat est indispensable en Guinée, il est donc hors de doute que les Guinéens devront s'attendre au pire, disent-ils.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com
Commentaires
Par ailleurs, je suppose que Soleil FM est une radio qui soutient le gouvernement (et c'est leur droit le plus strict), mais oser dire que la population est pour l'augmentation du prix du carburant est un non sens. A la rigueur, les auditeurs choisis pour faire l'éloge de cette mesure ont pu être plus nombreux que les critiques, mais il ne faut pas en tirer de conclusions hâtives pour l'ensemble des Guinéens. Sinon il n'y a qu'à décider de raser gratis demain... et de continuer à taxer plus largement la population.








