Moussa Traoré Mercredi, 17 Février 2016 02:23
Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, met en doute la démarche de la justice dans le cadre de l’enquête ouverte pour faire la lumière sur la mort par balle du journaliste Mohamed Diallo, le 5 février dernier devant le siège de son parti. L’opposant se fonde sur l’interpellation de 20 éléments de sa garde rapprochée, dans le cadre de cette enquête, alors que du côté de Bah Oury, personne ne serait à ce jour inquiété.
Cellou Dalein Diallo a, au sortir des locaux du PM3, samedi dernier, où il venait d’être auditionné longuement autour de l’assassinat du journaliste Elhadj Mohamed Diallo, crié sa colère contre la justice qu’il soupçonne de se focaliser simplement contre son camp. Cela suite à l’interpellation de 20 des membres de sa garde rapprochée, placés en garde à vue.
Dalein dénonce un complot de Bah Oury et d’Alpha Condé contre sa personne et son entourage. Il a invité ses militants à rester sur le qui-vive au cas où la situation devenait critique.
Le lendemain, un pool d’avocats constitué par l’UFDG, composé de Me Salifou Béavogui, de Me Aboubacar Sylla, et du Sénégalais Me Elhadj Diouf, pour ne citer que ceux-ci, ont inscrit leur stratégie dans le sillage de la théorie du complot développée par Dalein.
Ils ont parlé d’enquêtes orientées ceci « en violation de toutes les procédures en vigueur en la matière ».
Le régime d’Alpha Condé a été accusé ouvertement de vouloir supprimer l’opposition en Guinée.
Il faut rappeler que les services de gendarmerie avaient interpellé dans la soirée du jeudi 17 militants de l’UFDG, principal parti de l’opposition, dans le cadre d’une enquête liée à l’assassinat du journaliste reporter Mohamed Diallo.
Les personnes interpellées sont constituées en partie d’éléments chargés d’assurer la sécurité au sein de cette formation politique, dont le siège a été le théâtre de violents incidents, ayant occasionné la mort du journaliste.
Pour mettre la pression sur les pouvoirs publics, la presse a organisée une marche blanche et une « Journée sans presse », au lendemain des obsèques de Mohamed Diallo.
Puis le samedi dernier, Bah Oury et Cellou Dalein Diallo ont été ensuite entendus par la gendarmerie. Avant que ne soit interpellés trois autres membres de la garde de Dalein. C’est la goutte d’eau qui a débordé du vase, amenant le chef de l’opposition à vouloir se constituer prisonnier, au cas où ses hommes ne seraient pas relaxés.
Moussa Traoré
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu