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Grogne sociale : la crédibilité de Mamady Youla à rude épreuve
Mamady Kéita Vendredi, 05 Février 2016 01:45
Dans le bras de fer qui oppose les syndicats et le gouvernement, le Premier ministre Mamady Youla joue sa crédibilité. Une crédibilité déjà fortement entamée suite à l’échec des négociations tripartites autour ...
Les deux principales centrales syndicales à savoir la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG) et l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), regroupées au sein de L’inter-centrale syndicale ont lancé le lundi dernier un avis de grève générale illimitée. Une réaction immédiate à l’échec enregistré dans les négociations avec le gouvernement autour de leur plateforme revendicative. Les syndicats comptent ainsi déclencher une grève sur l’ensemble du territoire national dès le 15 février 2016. C’est le refus du gouvernement de réduire les prix du litre du carburant à la pompe qui a provoqué la colère des centrales syndicales, qui menacent dorénavant de passer à l’action.
Il conviendrait de rappeler que les négociations ont duré une semaine, sous l’arbitrage du patronat, sans aucun résultat probant. Les pourparlers ont porté autour « de la baisse des prix du litre de carburant, ainsi que la grille salariale des fonctionnaires guinéens, la situation de l’usine Fria, le statut particulier des enseignants et du personnel de la santé. »
Aux revendications syndicales, le gouvernement a invoqué des difficultés financières dues à la crise sanitaire qui a frappé le pays avec la propagation de l’épidémie d’Ebola, de 2014 à fin 2015. Et n’a donc pas cédé à la requête formulée par les syndicats, pour une baisse du litre d’essence à 5000 francs guinéens à la pompe contre 8000 francs guinéens, prix pratiqué en ce moment.
Face à l’échec enregistré dans les négociations, Mamady Mansaré, secrétaire général de la Confédération nationale syndicale des travailleurs de Guinée (CNTG) et porte-parole de l’Inter centrale syndicale a dévoilé le contenu de l’avis de grève lancé par les syndicats.
Un avis de grève qui insiste sur l’application stricte des accords signés en 2015 avec le gouvernement, en plus des points cités plus haut.
Ces accords portent en effet sur « la revalorisation substantielle de la pension de retraite, l’application immédiate de la nouvelle grille salariale âprement discutée en commission tripartite et approuvée par toutes les parties, la révision des conventions collectives caduques (BTP, mines, tourisme, et transport), la suppression des barrages non conventionnels entre autres.
A cela il faut ajouter le « renforcement de la sécurité à Conakry et sur l’ensemble des axes routiers ainsi que la subvention des centrales syndicales. »
Face à cette menace de grève proférée par les syndicats, le porte-parole du gouvernement, Albert Damantang Camara, ministre de l’Enseignement technique s’est dit surpris de l’attitude des centrales. Néanmoins, pour lui, cela n’est qu’un avis de grève qui court jusqu’au 15 février. Il espère que les négociations pourraient se poursuivre, jusqu’à ce que les différentes s’accordent sur quelque chose », a-t-il estimé. Nombreux sont les citoyens qui ne cachent pas leur déception suite au refus du gouvernement de réduire le prix du litre de carburant, dans un environnement marqué par la baisse des cours sur le plan mondial. Et ces citoyens se disent déçus par le Premier ministre Mamady Youla, en qui ils avaient placé leurs espoirs. C’est comme s’ils avaient cru au départ que ce technocrate disposait d’un coup de baguette magique pour sortir notre économie de la zone rouge. Mais confronté qu’il est aux dures réalités de la gouvernance actuelle, Mamay Youla, pourrait ne servir que de fusible au président Alpha Condé. Car dans la feuille de route de Youla, sa mission consiste à la quête de fonds pour renflouer les caisses de l’Etat. Vu que l’héritage légué par le gouvernement de Saïd Fofana est très lourd. Mamady Youla n’aura pas de répit, dans un tel contexte. Le Premier ministre risque donc de s’aliéner les populations à travers des mesures impopulaires comme celles portant sur la hausse de la TVA, des taxes douanières et des tarifs téléphoniques. Et à l’allure où vont les choses, si jamais la grogne sociale gagnait la capitale et les provinces intérieures, ce serait sans doute à lui de rendre des comptes. Pour rester dans le cœur des Guinéens, Youla devra sortir des sentiers battus et non se complaire à inaugurer simplement les chrysanthèmes.
Mamady Kéita
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
Commentaires
Côte-d’Ivoire 102 $
Sénégal 87 $
Mali 55 $
Sierra Leone 48 $
Guinée 38 $
Liberia 31 $
Seul le Libera a un taux inferieur au nôtre. Alors si tous ces pays acceptent de réduire ou de subventionner les prix de l’essence et des denrées de premières nécessités, pourquoi ne pas faire de même chez nous ?
En plus, si nous nous basons sur la réalité du terrain nous n’irons même pas plus loin. Faisons simplement un calcul très banal : Remettez a n’importe quelle épouse guinéenne 10.000 GNF par jour pour son petit panier de ménage, elle ne pourra même pas le satisfaire la moitie de ses besoins. Ainsi 10.000 x 30 jours = 300.000 GNF. Avec ce montant très minoré, pas de frais de location, d’habillement, des soins de santé, de transport, rien d’autre. 38 dollars monnayés nous donneront moins de 300000 GNF. Il faut jongler pour comble les trous. En économie le jonglage veut dire quoi ? A vous la réponse.
J'allais oublier. La Guinee peut bien ne pas vouloir diminuer le prix de l'essence parce qu'elle couterait moins qu'au Senegal si, je dis bien SI cet etat de fait provenait d'un effort de l'Etat guineen en terme de subvention ou de faible taxation. Si l'Etat guineen le faisait, ce seraient nos finances publiques qui soutiendraient anormalement les consommateurs des autres pays beneficiaires. Ne pas le faire en tenant compte de ce facteur ne serait donc pas une escroquerie intellectuelle.
Ce que je viens de dire ne justifie pas pour autant l'obstination de l'Etat guineen a ne pas baisser le prix du carburant. Comme je l'ai deja dit, seul un examen minitieux et transparent permettrait de savoir si on peut couper, ou couper et de combien.
Encore une fois, ni le salaire ni le pouvoir d'achat ne justifie le prix de l'essence. Sinon les americains payeraient plus chere que tout le monde. Ce qui n'est pas le cas. Qui plus est, l'essence coute moins chere en Arabie Saoudite qu'en Guinee. Est-ce parce que le guineen est plus riche que le saoudien ? Aussi dites moi pourquoi le prix moyen du baril est-il passé de 111 dollars US en 2011 a 30 dollars US en 2016 ? Est-ce parce que le pouvoir d'achat a baisse autant ? D'ailleurs, le prix du baril fluctue de minute en minute sur les marches boursiers. Est-ce les pouvoirs d'achat fluctuent-ils autant ? Enfin, pourquoi l'essence que je payais a 1,45 dollars canadiens a la pompe a Montreal en 2012 ne me coute qu'a peine 96 cents ce matin ?
Gandhi,
Meme la comparaison des salaires a laquelle vous souscrivez ne permettrait de fixer le prix du carburant, sinon l'essence couterait plus chere la ou les revenus sont plus eleves et moins chere la ou les revenus sont plus bas.
Ben oui, si le carburant est plus cher au Sénégal, c'est peut être aussi parce que le salaire est plus élevé, voire même le pouvoir d'achat. C'est ce denier élément qui importe pour le Guinéen quand on veut comparer ce qui n'est pas comparable. Ne pas vouloir baisser le prix du carburant en Guinée parce que ce prix serait moindre en Guinée est une mauvaise idée... ou une escroquerie intellectuelle. Voilà ce que j'ai voulu dire.
Meme la comparaison des salaires a laquelle vous souscrivez ne permettrait de fixer le prix du carburant, sinon l'essence couterait plus chere la ou les revenus sont plus eleves et moins chere la ou les revenus sont plus bas.
La solution reside dans l'examen minitieux de la structure des prix (Prix d'achat, de transport et autres frais accessoires, Taxe Speciale sur les Produits Petroliers (TSPP)et marges commerciales des importateurs et distributeurs). Ceci permettrait de savoir ou est-ce que on peut couper et de combien et ou est-ce qu'on ne peut rien.
Par contre je suis tout a fait d'accord avec vous que si les recettes diminuent, il suffit de diminuer certaines depenses inutiles. J'irais d'ailleurs plus loin pour dire qu'il suffit de supprimer toutes les depenses intules.
Qu'inventent-ils donc pour faire croire que cela n'est pas possible ?
La colonisation, Lansana Conté, Dadis, l'opposition limitée aujourd'hui à CDD, les manifestations, ébola, le prix du carburant chez les voisins ???
Quand on veut on peut, si on veut comparer avec les voisins, comparons aussi les salaires. Si les recettes diminuent, il suffit de diminuer certaines dépenses inutiles. J'en connais un max.








