45e anniversaire de la nuit des pendus : une stèle à la mémoire des victimes du Camp Boiro

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Le lundi 25 janvier, l’Association des victimes du Camp Boiro (AVCB) a commémoré le 45e anniversaire de la terrible nuit qui a ouvert la période au cours de laquelle plusieurs dizaines de prisonniers politiques furent froidement exécutés par pendaison, sur l’ensemble du territoire national guinéen.

C’est aux environs de 10h du matin que les organisateurs de la manifestation et leurs invités (parents et officiels) réunis au niveau du cinéma Liberté, ont pris le départ d’une marche derrière la banderole portant les images de quelques disparus des sinistres camps de la mort disséminés à travers la Guinée.

Au rythme du slogan « Plus jamais ça Â», ils ont rallié le Pont du 8 novembre également appelé « Pont des pendus Â», car en ce lieu furent pendus, en cette nuit du 24 au 25 janvier 1971, quatre hauts responsables de ce pays : Baldet Ousmane, Barry Mamadou dit Barry 3, Keita Kara de Soufiane et Magassouba Moriba. Le ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté, Karifa Gassama Diaby représentait le gouvernement. Avec la présence remarquée de l’ambassadeur de France, des représentants de l’Union européenne et du Haut-commissariat des Nations unies pour les Droits de l’homme, le cortège s’est arrêté au Pont où des discours ont été lus. Sidikiba Keita, le fils de Keita Fodéba et président de l’AVCB a appelé les Guinéens au devoir de mémoire. Il a salué la présence des partenaires étrangers (ambassades et institutions internationales) et celle du ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté.

 Le représentant des Droits de l’homme en Guinée a aussi encouragé la démarche qui consiste à condamner toutes les violations des droits de l’homme. Le ministre Gassama a pour sa part rappelé que le devoir de mémoire est une exigence qui doit précéder toute réconciliation nationale. La Guinée a le devoir de régler tous les contentieux liés à son histoire politique.

Le cortège s’est à nouveau ébranlé vers le Camp Boiro aujourd’hui appelé Camp Camayenne.

En ce lieu, il a été procédé à la pose de la première pierre de la stèle qui va se dresser désormais en cet endroit, pour matérialiser les blocs où tant de victimes connurent les pires sévices. Une gerbe de fleurs y a été déposée par la petite fille de Baldet Ousmane. La lecture du Coran (sourate Yacine) mit fin à la cérémonie.

A signaler que Bah Oury, ancien ministre de la Réconciliation nationale, rentré d’un exil de cinq ans, a pris part à cette cérémonie, aux côtés des députés Baïdy Aribot et Chaïkou Barry de l’UFR, du Pr Djibril Tamsir Niane et de l’ancien ministre Lamine Kamara Capi, tous deux anciens prisonniers du Camp Boiro.


Daouda Tamsir Niane
L’indépendant, partenaire de GuineeActu

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Commentaires  

 
+3 #14 M. Sacko 06-02-2016 03:52

Citation en provenance du commentaire précédent de Amara Lamine Bangoura:
@M Sacko !vous faites allusion au brillant feu Mouctar Diabate,may his soul rest in peace!Bien a tous!ALB-AL-USA.

Vous avez dit le mot Mr.Bangoura, Mouctar Diabate etait juste brillant. Paix a son ame!
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+3 #13 Amara Lamine Bangoura 05-02-2016 23:47

@M Sacko !vous faites allusion au brillant feu Mouctar Diabate,may his soul rest in peace!Bien a tous!ALB-AL-USA.
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+2 #12 M. Sacko 05-02-2016 21:59

Citation en provenance du commentaire précédent de MAMADI:
Parfait Monsieur Sacko,je suis entièrement d'accord avec vous.
Je ne sais pas si vous dans la région parisienne si oui nous pourrions nos rencontrer.

Desole doyen, je reside au pays de l'oncle Sam. Mais j'ai cette image qui me revient toujours a chaque fois que vous ecrivez un article, votre photo me rappelle d'un des mes professeurs en 3e economie du nom de Mr.Diabate a l'universite Gamal Abdel Nasser de Conakry a la fin des annees 90.
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+4 #11 MAMADI 05-02-2016 08:31

Parfait Monsieur Sacko,je suis entièrement d'accord avec vous.
Je ne sais pas si vous dans la région parisienne si oui nous pourrions nos rencontrer.
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+4 #10 M.Sacko 05-02-2016 03:29

Le manque du consensus social pour l'amour de la republique et le repli identitaire a travers le slogan ethnique ont constitue le veritable terreau des dictatures sanglantes en Guinee. En effet l'elite politique au pouvoir n'avait aucune crainte pour executer ses sales besognes face a une population manipulee, resignee et acquise a sa cause pour des raisons que la Raison ignore. Et pire les maitres des lieux ont pousse leur audacite jusqu'a transformer les places publiques en des lieux ou la violation de l'integrite physique de l'individu est acceptable pour la cause ideologique dans le but de confisquer le pouvoir, et faire taire toute velleite de contradiction eclairee. Et pire la foule acquise a cette cause ideologique n'a exhibe que les tam-tam et les balafons a la place des condamnations et des protestations contre cette ignomnie, pour accompagner et celebrer cette barbarie d'un autre age. Ne dit on pas que tel peuple, tel president. Je crois que l'emergence d'une societe civile responsable et republicaine est imperative pour barrer le chemin a toute velleite de dictature en guinee, car je suis convaincu que le slogan ethnique utlise en "hegemonocraie" n'est pas et ne sera jamais la solution pour notre pays. Il n'apportera que la haine, la desolation, le desenchantement et le lendemain incertain pour le pays a travers le cycle de violence ethnique.
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+3 #9 Amara Lamine Bangoura 03-02-2016 20:27

Erratum:lire plutot,les multiples pendaisons publiques de detenus constituaient un spectacle traumatisant qui laisserent de graves sequelles psychologiques sur les proches des victimes.
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+3 #8 Amara Lamine Bangoura 03-02-2016 16:55

Les pendaisons publiques des detenus constituait un spectacle traumatisant qui laissa de graves sequelles psychologiques sur les proches des victimes.A la suite de proces expeditifs,l'assemblee nationale improvisee en tribunal populaire revolutionaire,inflige des peines au gre des desideratas des fondes de pouvoir du regime.Le gachis humain a l'actif de la premiere republique est incommensurable,meme avec le concours de l'expertise des plus eminents matyrologues.Les aveux (deposition) suite a des seances degradantes et inhumaines de torture dans des prisons de reputation dantesque,servaient d'actes d'accusation contre les pretendus comploteurs.En realite,AST n'a eut d'autres approche du riche sous sol Guineen que d'y enfouir les depouilles de ses fils les plus eclaires et prestigieux.Helas!cette tragedie est occultee,abstraction faite des rares ceremonies de comemoration a l'honneur des victimes,nul n'oeuvre inlassablement a la rehabilitation de la memoire des inoncents arraches a l'affection de leur famille respective.Il est temps d'inverser la tendance ,en brisant le code de silence autour de ces crimes abominables perpetres par un regime tyranique,despotique,obscurantiste et mythomane a l'origine de la decheance de la nation Guineenne.Un devoir de memoire a travers un saut patriotique de rupture avec la perrenisation de la deliquescence de l'etat et de la deflagration du tissu social
Bien a tous!ALB-AL-USA.
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+4 #7 Koto Saliou DIALLO 02-02-2016 21:34

Citation en provenance du commentaire précédent de BAM:
Je suis persuadé que tant que les Guinéens ne vont pas reconnaitre et réhabilité les victimes du sanguinaire Sékou Touré, RIEN ne sera possible en Guinée. Aujourd’hui, vous avez des jeunes qui n’ont jamais connu leurs grands parents mais, qui vous raconte exactement ce qui c’est passé avec le sanguinaire Sékou Touré dans la mesure où ces grands parents étaient d’une part les « piliers » des familles et d’autre part, l’incarnation de l’Histoire contemporaine de la Guinée. Ces arrières petits enfants vont continuer la lutte pour cette réhabilitation. Ainsi, la Guinée ne pourra pas faire l’économie de la « Vérité-Justice-Réhabilitation ». Il doit être clair, nous entendons ici et là le Pardon et la réconciliation. La réconciliation est possible seulement après « Vérité-Justice-Réhabilitation ». Par contre le Pardon est IMPOSSIBLE : en effet, le pardon est individuel et ceux qui pouvaient pardonner sont TOUS morts. En ce sens, il est impossible et même insultant de demander une seule seconde de soumettre aux familles des victimes la demande de pardon.

Tout à fait d'accord avec vous à 100%.
Le préalable est:
1)"Vérité-Justice-Réhabilitation".
2)-Ensuite,"Réconciliation",si non NIET; Foutaise envers les victimes et les dommages co-latéraux.On se souvient et plus jamais,cela: comme SLOGAN.
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+5 #6 Bala Bonata 02-02-2016 11:58

Le prénom de Barry III est Ibrahima au non Mamadou.
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+5 #5 Bala Bonata 02-02-2016 11:57

Le prénom de BARRY III est Ibrahima et non Mamadou.
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+5 #4 BAM 02-02-2016 08:53

Je suis persuadé que tant que les Guinéens ne vont pas reconnaitre et réhabilité les victimes du sanguinaire Sékou Touré, RIEN ne sera possible en Guinée. Aujourd’hui, vous avez des jeunes qui n’ont jamais connu leurs grands parents mais, qui vous raconte exactement ce qui c’est passé avec le sanguinaire Sékou Touré dans la mesure où ces grands parents étaient d’une part les « piliers » des familles et d’autre part, l’incarnation de l’Histoire contemporaine de la Guinée. Ces arrières petits enfants vont continuer la lutte pour cette réhabilitation. Ainsi, la Guinée ne pourra pas faire l’économie de la « Vérité-Justice-Réhabilitation ». Il doit être clair, nous entendons ici et là le Pardon et la réconciliation. La réconciliation est possible seulement après « Vérité-Justice-Réhabilitation ». Par contre le Pardon est IMPOSSIBLE : en effet, le pardon est individuel et ceux qui pouvaient pardonner sont TOUS morts. En ce sens, il est impossible et même insultant de demander une seule seconde de soumettre aux familles des victimes la demande de pardon.
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+4 #3 Koto Saliou DIALLO 02-02-2016 05:49

Il faut élargir ce Mouvement AVCB à tous les victimes guinéens de 1957 à nos jours ou même avant 1957(entre autre,les cas de déportations forcées de nos parents par les colons blancs);afin,de bannir à jamais ce genre d'atrocité dans notre pays.La justice populaire en Guinée doit être pour tous:"riche ou pauvre".Wa Salam.
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+5 #2 amadudialamba 01-02-2016 21:54

Comme disait l’autre, Monsieur Mamadi, avec son commentaire ci-dessous, a déjà marché sur ma plume pour plusieurs de ses avis. Mais il ne sera jamais assez pour moi de revenir sur un sujet préoccupant et aussi important comme celui des crimes commis dans notre pays par les dirigeants que nous avons connus. Lorsque je vois les représentants des victimes organiser de telles cérémonies commémoratives, je me pose les questions suivantes : Pourquoi les responsables de cette association ne parlent de cette affaire qu’annuellement ? Pourquoi les guinéens refusent d’aborder cette cruciale question ? A qui profite le retardement des assises devant mettre la lumière sur ces douloureux évènements ? Enfin pourquoi les guinéens oublient si vite tous ce qui les arrive ? Je rappelle bien, après la prise du pouvoir par les militaires (CMRN), une gigantesque marche a été organisée à Conakry. Les marcheurs d’alors portaient également des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « PLUS JAMAIS CA EN GUINEE !!! ». De 1984 à maintenant, plus de 30 ans que l’on répète les mêmes slogans. Mais cette répétition ne nous a jamais empêché d’assister à plusieurs nouveaux assassinats. A part ces cérémonies purement symboliques, avec une connotation politique a peine voilée, rien de plus sérieux. Les représentants du gouvernement et ceux de la dite communauté internationale qui ont marché avec l’association des victimes n’ont jamais dénoncé les récentes tueries, a plus forte raison les condamner. POURQUOI MARCHER ALORS AVEC VOUS ? Avec la corrosion du temps, bientôt la disparation de tous les témoins oculaires ainsi que l’effacement de toutes les traces de ces crimes. Déjà on parle du dépôt de gerbe de fleure par le ‘’petit-fils’’ d’une des victimes. Important peut-être, symbolique, mais en même temps une preuve de l’éloignement des générations qui ont été témoins des sévices infligés a leurs précieux parents (les vraies victimes). Au lieu de brandir des pancartes répétant la même chose à chaque anniversaire, nous devrions exiger, a défaut, solliciter des autorités compétentes une prise de conscience. Une prise de conscience concrétisée par des actions tangibles. A la place de ‘’PLUS JAMAIS CA EN GUINEE ‘’ inscrivons désormais ‘’METTONS FIN A L’INERTIE’’ N’attendons pas 100 ans après les faits. Sinon la véritable histoire ne sera qu’un simple conte de fée pour les petits fils des arrières, arrières et arrières grands-parents. Si les fils des bourreaux connaissaient d’ailleurs le bénéfice du pardon, ils allaient être les premiers à demander la tenue de ces assises nationales pour qu’il y ait enfin Justice, Pardon/Réparation et Réconciliation. A part le GRAND JUGE (Dieu), personne ne peut effacer les péchés d’un autre. Mais avec les dites assises ‘’de confession et de pardon’’, les enfants des bourreaux et ceux des victimes pourront se parler, se regarder et vivre ensemble en luttant ensemble pour ne plus revivre cette douloureuse histoire. Amadudialamba, commentateur et médiateur de Guinneeactu.
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+9 #1 mamadi 01-02-2016 15:46

Manifesté est bien mais il faudrait que cette association prenne une grande initiative:faire le bilan de cette période si non l'histoire se répètera toujours dans notre pays.
En effet à la mort de Sékou Touré suivi de l'avènement des militaires au pouvoir de nombreux guinéens pensèrent qu'il n'y aurait plus de crimes spectaculaires dans notre pays,nous avons vu en Juillet 1985 le président de l'époque exhibé un ancien premier ministre en culotte devant les caméras du monde entier et sans un semblant de procès alla les exécuter avec les anciens compagnons du premier dictateur.
Puis vint Dadis et sa clique qui nous ont tympanisé durant quelques mois en laissant une centaine de cadavres au stade du 28 Septembre.
L'épisode Konaté fut un peu calme jusqu'à l'arrivée de Alpha Condé à la tête de notre pays avait permis quelques espoirs sur la tenue d'une grande conférence nationale afin de mettre sur la table la gouvernance du régime PDG qui fut tellement sanglant et criminel en ayant englouti la plupart des cadres au nom d'une révolution rétrograde et barbare.
Le débat sur cette période demeure et tant qu'il ne sera pas fait notre pays aura du mal à décoller.
L'affaire Fatou Badiar se situe dans la lignée de la première république et comme nous n'aimons pas le débat sain dans notre pays celui qui viendra inventera aussi son petit complot pour faire son petit lot de morts.
Lorsque nous dénonçons les crimes de la première république certains nous disent mais en France on a aussi exécuté des personnes,ils oublient que nous étions à cette époque la France et comme la France avait évolué et dénoncer ces exactions nous aurions pu en tirer des leçons.
Les compatriotes qui veulent débattre de cette époque peuvent nous joindre pour qu'ensemble nous essayons d'organiser un débat sain sur notre histoire pour éclairer les jeunes générations afin d'exorciser pour toujours les barbaries commises de toutes les républiques dans notre pays.
Vive la Guinée Vive la république!
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