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Elections communales et communautaires : la fuite en avant de la CENI

Mamady Kéita   Vendredi, 29 Janvier 2016 02:31

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FOFANA_Bakary_2_01Alors que l’opposition entrevoit une refonte de la CENI, suite aux nombreux couacs enregistrés lors de la présidentielle du 11 octobre dernier, celle-ci a pris les devants, en organisant un atelier à Kindia, du 22 au 24 janvier dernier, pour évaluer ses forces et faiblesses. Une fuite en avant qui pourrait affecter le processus électoral, si l’on n’y prend garde.

Bakary Fofana et son staff veulent profiter de l’inattention de l’opposition pour poser les bases de l’organisation des futures élections communales et communautaires. C’est dans cette optique qu’ils ont entrepris des activités, portant sur une évaluation du processus électoral. Des tournées ont été effectuées dans les préfectures intérieures par des commissaires, pour annoncer les couleurs des prochaines élections qui seront marquées par l’admission des candidatures indépendantes. Une nouveauté dans notre pays. Même si cela avait déjà été expérimenté sous Lansana Conté. A Kindia, une retraite a été organisée par l’institution, pour tirer les leçons de la présidentielle passée, et fixer le cap pour le scrutin à venir. Lors de la clôture de cet atelier, le vice-président de l’institution a annoncé certaines « innovations » qui selon lui, feront de la CENI guinéenne un OGE (Organe de gestion des élections) « exemplaire » en Afrique.

Ibrahima Kalil Kéita a ainsi déclaré dans son intervention qu’après la mission d’évaluation et de capitalisation de l’élection présidentielle du 11 octobre 2015 dans les 38 circonscriptions du pays, durant trois jours, les participants à l’atelier de Kindia « ont présenté et amélioré les résultats récoltés sur le terrain ».

Et que l’objectif de cette « évaluation-capitalisation est de ressortir ce qui a marché et ce qui n’a pas marché afin de faire des recommandations susceptibles d’améliorer les prochaines élections ».

Comme innovations en vue, dans la perspective du scrutin à venir, il a annoncé ceci : « l’amélioration de l’état du fichier par la qualification de la cartographie des bureaux de vote et la mise à jour des listes électorales et des listes d’émargement par bureau de vote, district, quartier, sous-préfecture, préfecture et commune. Et le renforcement des capacités de tous les acteurs du processus électoral, notamment la poursuite de la formation Bridge des assistants et qui se poursuivra au niveau des démembrements. »

Ainsi que « la création d’un centre de formation pour créer les conditions idoines et pérennes d’une formation continue de tous les intervenants ».

Le vice-président de la CENI n’a pas occulté les secteurs de « la logistique, la sécurisation, les finances, les lois et les règlements, l’observation électorale, la planification et les opérations ainsi que la professionnalisation et la pérennisation des démembrements, qui sont aussi d’après lui, des domaines fortement concernés par la perfection et la perfectibilité infinie ».

Toutes ces améliorations annoncées par la CENI pourraient apporter un plus dans la qualification du processus électoral, dans les conditions normales. Mais selon maints observateurs, la CENI s’est disqualifiée aux yeux de l’opinion, pour avoir organisé un scrutin biaisé, le 11 octobre 2015. Car Bakary Fofana et son institution avaient juré la main sur le cœur qu’ils étaient prêts pour la tenue d’un vote parfait. Ce qui n’a pas été le cas, avec le manque de logistique qui a caractérisé cette élection présidentielle. Ce n’est pas évident que les acteurs politiques puissent de nouveau confier leur destin à une telle institution, qui passe pour « un machin » au service du pouvoir exécutif.


Mamady Kéita
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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