Mamady Kéita Vendredi, 29 Janvier 2016 02:23
Dans son discours d’ouverture des travaux du dialogue social qui ont débuté le lundi dernier, le Premier ministre Mamady Youla ne s’est pas montré « rassurant » face aux revendications des centrales syndicales. L’homme était plutôt sur la défensive, avec un argumentaire reposant sur les effets dévastateurs causés sur notre économie par la crise sanitaire Ebola.
Dans sa plateforme revendicative adressée au gouvernement guinéen, la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG) et l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) ont mis en avant la baisse des prix du carburant à la pompe, avec le litre à 5000 francs guinéens. Cela à cause de la baisse du cours mondial du brut, dont le baril est presqu’en dessous des 30 dollars.
Mamady Mansaré, le secrétaire général adjoint de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG), porte-parole des centrales, a mis la rencontre avec le Premier ministre à profit pour inviter le gouvernement à prendre en compte les points inscrits dans leur plateforme revendicative. Car en plus de la diminution des prix du carburant à la pompe, d’autres points figurent dans cette plateforme. Il s’agit notamment de « la grille salariale des fonctionnaires guinéens, la situation de l’usine Fria et le statut particulier des enseignants et du personnel de la santé. »
En réponse à cette requête des syndicats, le Premier ministre dira : « si nous gardons à l’idée d’écouter et de dialoguer, nous devons tous aussi garder à l’esprit les obligations et devoirs que chaque acteur qui prend part à ce dialogue social doit avoir à l’esprit les réalités, les nécessités, les contraintes liées à la conduite des affaires de l’Etat et à la construction d’un pays. »
Il conseillera ensuite aux centrales de se contenter « du juste milieu » de leurs revendications.
Mamady Youla a axé son argumentaire sur les dégâts causés sur l’économie nationale par la crise sanitaire Ebola. Une crise sanitaire qui, il faut le reconnaître, a certes paralysé les activités socioéconomiques du pays. Mais le virus Ebola à lui seul suffit-il à justifier la mauvaise santé de notre économie ? Apparemment pas. Le gouvernement Youla a hérité des gâchis financiers causés par l’équipe de Mohamed Saïd Fofana, qui a grevé nos finances. Pour se remettre de cette mauvaise santé financière, le gouvernement vient de prendre des mesures dont la hausse de la TVA, qui passe de 18 à 20%. Le maintien du prix du litre d’essence à 8000 francs guinéens s’inscrirait dans cette logique. Et ce sont les pauvres populations qui trinquent, en lieu et place de ceux qui ont mis nos finances dans cet état. Mamady Youla va-t-il avoir le dessus sur les syndicats, en refusant toute baisse des prix du litre à la pompe ? Attendons de voir.
Mamady Kéita
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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