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Georges Gandhi Faraguet Tounkara : une mort suspecte ?

O. Tiero  Mardi, 26 Janvier 2016 00:20

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TOUNKARA_Georges_Gandhi_2_01Le 7 janvier 2016 une triste nouvelle a fait le tour de Conakry et de la Guinée tout entière, Georges Gandhi Faraguet Tounkara est mort. La nouvelle est tombée comme un couperet, prenant de court tout le monde. Un arrêt cardiaque a en effet mis fin à la vie de cet intellectuel dynamique et raffiné connu pour sa brillante carrière dans le public comme dans le privé.

Les gens n’arrêtent pas de le pleurer, de louer ses qualités ou ses actions, mais l’on se demande surtout pourquoi cette mort subite ? Les Africains que nous sommes ont coutume de chercher la raison de tout cas de mort surtout quand cela survient de façon brutale et inattendue. On cherche toujours au-delà de la cause apparente donnée par les médecins. Pour le cas de Gandhi deux versions circulent de bouche à oreille.

La première version est d’ordre occulte. Quelques jours avant son décès, Georges Gandhi sort d’une visite de routine de l’université Mercure international dont il est fondateur, il découvre ahuri un gros fétiche posé à même le siège dans sa voiture. Il fait appel à des gens qui l’en débarrassent. L’homme ne se sentait plus bien, sa santé a rapidement décliné jusqu’à l’instant fatal de l’arrêt cardiaque. Un adversaire de son entourage aura-t-il donc réussi à le liquider par le biais d’un fétiche ? Mystère…

La deuxième version donne une explication politique. A l’approche de l’élection présidentielle du 11 octobre 2015, la probabilité d’un boycott de l’élection par les candidats de l’opposition se précisait de jour en jour suite à la non-application des Accords du 20 août. Le stratège politique qu’est le professeur Alpha Condé a tout de suite pris le devant en négociant, dit-on, « un deal » avec deux de ses candidats rivaux que sont Georges Gandhi Tounkara et Marie-Madeleine Dioubaté. Il les aurait alors exhortés à aller à l’élection avec lui, en contrepartie il paierait leurs cautions à la CENI, tout en promettant de partager le pouvoir avec eux. Gandhi aurait jeté son dévolu sur le ministère de l’Education nationale qui cumulerait les trois départements de l’enseignement, tandis que Marie-Madeleine convoite le ministère de l’Agriculture.

L’élection aura donc eu lieu sans le boycott redouté par Alpha. Le « coup KO » longtemps échafaudé par la mouvance présidentielle se matérialise. Le candidat Alpha Condé est proclamé vainqueur dès le premier tour. Il formera deux mois plus tard un nouveau gouvernement, en niant semble-t-il, purement et simplement les engagements du « deal » négocié. Gandhi aurait piqué une crise après la diffusion du décret présidentiel, le choc de « la trahison » ayant été si terrible qu’il y a succombé sous l’effet d’un arrêt cardiaque.

Aujourd’hui encore on continue d’ergoter sur les causes de la mort de Gandhi mais la sagesse voudrait qu’on s’en tienne à la cause médicale, chercher au-delà ne serait que pure élucubration. Une seule chose est à regretter, Gandhi est mort prématurément, la Guinée le pleurera longtemps. Ses proches ne manquent pas de révéler une autre facette de sa personnalité, le disparu était adepte de la franc-maçonnerie, une société qu’on dit secrète et qui n’en est pas une en réalité. Adieu Gandhi !


O. Tiero
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu

  
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