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Faux diplômes et enrôlement à la fonction publique : un cadre du ministère révèle…

Moussa Traoré   Lundi, 25 Janvier 2016 02:29

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CAMARA_Ibrahima_Sory_01Dans cette interview, l’administrateur civil, Ibrahima Sory Camara, lève un coin du voile sur le collectif des détenteurs d’arrêtés non pris en charge, au niveau  du ministère de la Fonction publique et la gestion du professeur Alpha Condé durant les cinq ans passés.


L
’indépendant : Le 12 octobre 2015 dernier, un accord a été signé entre trois départements, y compris le département de la Fonction publique, et le collectif des détenteurs d’arrêtés non pris en charge du point de vue salaire.  Qu’en est-il aujourd’hui ?

Ibrahima Sory Camara : A ce sujet, c’est un accord qui a été signé effectivement entre trois départements  et le collectif des jeunes détenteurs d’arrêtés non pris en charge. Je vais vous dire qu’à ce niveau, une  commission mixte a  été mise en place pour la réception et le recensement des dossiers pour déterminer le nombre exact, afin que le gouvernement procède au traitement définitif de leurs dossiers.

Il a, ensuite, porté à la connaissance de l’assistance que cette prise en charge sera effective sous condition de certaines mesures, à savoir : la vérification et l’authentification des diplômés de toutes les personnes concernées ; l’organisation d’un test d’évaluation de niveau et d’orientation ; la répartition des personnes retenues en fonction des besoins exprimés par des départements utilisateurs.

Alors, tout le problème est à ce niveau. Parce qu’il y a parmi eux des personnes qui n’ont pas de diplômes et d’autres qui détiennent des faux diplômes et des faux papiers. C’est pour cela qu’il est nécessaire de respecter les accords qui ont été signés entre nous. Et à mon fort étonnement, le vendredi passé, j’ai vu un groupe de jeunes dans la cour du ministère de la Fonction publique, qui réclamaient encore leurs prises en charge. Ils disent que le ministre de la Fonction publique refuse de signer leurs arrêtés. Mais ils doivent comprendre que le ministre ne peut pas signer un arrêté dont il n’y a pas eu de procédures abordées à travers un procès-verbal. Il faut que nous procédions à l’application du contenu du procès-verbal.

Ils doivent comprendre que la fonction publique est  là pour  l’avenir des jeunes et pas contre quelqu’un, mais nous devrons accepter que l’Etat assainisse le fichier de l’administration publique, pour rendre notre administration fiable et digne de nom au service du citoyen. Le président de la République a dit qu’il a hérité d’un Etat mais pas d’une administration. Alors les signataires du procès-verbal doivent nécessairement revenir sur le contenu du document, afin de trouver un climat apaisé.


Selon une certaine indiscrétion, jusqu’au jour d’aujourd’hui cet accord n’est pas encore respecté. Est-ce qu’on peut en savoir les raisons?

Monsieur Traoré, je vais vous dire que cet accord est respecté du point de vue du gouvernement, qui est représenté par trois ministères.  Il a été dit dans l’accord de mettre une commission en place pour le dépouillement des dossiers. Et après le dépouillement, il va être question maintenant de faire une vérification sur l’authenticité des dossiers. C’est ce qu’on est en train de faire.


En clair, est-ce que vous êtes satisfait de la gestion du professeur Alpha Condé, notamment dans la promotion de la jeunesse ?

Oui ! Merci beaucoup pour cette question. Ça  me va droit au cœur. Je le dit parce que c’est une conviction depuis son premier discours. Il avait dit que le changement, il ne l’avait jamais vu parler en public, sans qu’il ne touche le mot changement, et la  jeunesse. Donc, étant jeune, je me dis que ce monsieur est à accompagner et à soutenir. Si la Guinée avait vu cela à l’époque,  on n’allait pas être là où on est aujourd’hui.

Donc, moi je me dis qu’il est prêt à faire sortir la Guinée de l’ombre, et projeter le pays dans le concert des nations. Il n’a pas été élu pour son  deuxième mandat parce qu’il est le président, mais parce qu’il a posé des actes qui ont poussé la population à voter pour lui, afin qu’il soit reconduit à la magistrature suprême du pays. Imaginez, il n’a même pas commencé son deuxième mandat, il a fait la pose de la première pierre d’un nouveau barrage qui va alimenter la sous-région.

Pour cela, je demande à l’ensemble de la population guinéenne d’accompagner le président, quelle que soit leur appartenance politique ou ethnique, dans son programme de société, car avant tout, c’est la Guinée qui gagne.


Au niveau du ministère de la Fonction publique, quels  sont les chantiers qui doivent voir le jour ?

Les chantiers  sont immenses. Je peux vous citer quelques réalisations faites par ce département dont entre autre : la modernisation de l’administration, le projet de rajeunir et féminiser l’administration, le recensement biométrique, l’identification des fonctionnaires, la maîtrise de la masse salariale, la mise en place d’un  fichier unique de gestion des fonctionnaires de l’Etat pour déceler les fonctionnaires fictifs, la création de la caisse nationale de prévoyance sociale des fonctionnaires, l’institutionnalisation de l’assurance maladie obligatoire des fonctionnaires, etc… 

Avec  l’appui des partenaires techniques et financiers, et la volonté ferme du gouvernement, les chantiers vont se poursuivre.


Interview réalisée par Moussa Traoré
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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