Vente de produits pharmaceutiques contrefaits : trois vendeuses condamnées par le TPI de Mafanco

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vendeuse_chinoise_medicaments_Conakry_01C’est un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur. Cette pratique est devenue une source de revenu pour certains citoyens. De nos jours, du centre de Kaloum jusqu’au dernier village de la préfecture de Lola, les produits contrefaits sont vendus en plein air sous le soleil, voire même parfois sous la pluie.

Pour juguler ce fléau, l’ordre des pharmaciens de Guinée a tenté de prendre le taureau par les cornes, en portant plainte au tribunal de Mafanco. Le lundi dernier le verdict prononcé par la présidente du Tribunal de première instance de Mafanco, Djénabou Donghol Diallo, en a surpris plus d’un. C’est ainsi que Fatoumatou Camara et Gbessa Kouyaté ont été condamnées à 12 mois de prison ferme pour « exercice illégal de la pharmacie Â». Une autre dame, répondant au nom de Fatoumata Hizazy, a écopé de la même peine pour « complicité Â».

Lors de la sentence, la présidente du tribunal a laissé entendre que l’action publique a reçu l’ordre national des pharmaciens de Guinée, constitué comme partie civile. « Par conséquent Fatoumata Camara, Hadja Gbèssa Kouyaté et Fatoumata Hizazy sont condamnées au paiement de la somme de 1 million de francs guinéens chacune, au titre des dommages et intérêts, au profit de la partie civile Â», selon le verdict de la cour.

Il convient de rappeler que le procureur de la République par intérim Aly Touré, avait demandé de condamner ces dernières à une peine de deux ans.

Après le verdict de la présidente du TPI, le procureur de la République a indiqué qu’il n’était pas surpris du rapport rendu par la présidente du TPI de Mafanco. « Mais de toutes les façons, nous cherchons la condamnation des prévenues, nous l’avons obtenue, nous estimons que ça va être un exemple, et que ça va décourager d’autres personnes candidates qui s’adonnent à ce genre de pratique Â», a déclaré le procureur de la République.

De son côté le président du syndicat de l’Ordre des pharmaciens privés de Guinée, a souligné que les trois dames que le TPI de Mafanco venait de condamner sont des petits poissons qu’ils ont pu attraper. « Il y a des gros poissons derrière Â», a précisé Dr Manizé Kolié, président du syndicat de l’Ordre. Avant d’ajouter qu’ils sont satisfaits de la sentence.

 Â« De façon symbolique, ça prouve que nous pouvons appuyer très longtemps sur l’accélérateur et qu’on va libérer le pays des mauvais médicaments Â», a averti le président du syndicat de l’Ordre des pharmaciens de Guinée.

Une seule question taraude l’esprit des uns et des autres, c’est de savoir par quelle voie, ces produits pharmaceutiques contrefaits passent, pour parvenir sur les différents marchés guinéens. Pour certains,si l’on coupait ce cordon ombilical, on aurait trouvé solution à ce fléau de la vente illicite de produits de santé. La douane pourrait nous édifier davantage.


Richard Tamone

L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+1 #4 Gandhi 23-01-2016 13:53

Citation en provenance du commentaire précédent de Pokpa Holomo Lamah:
ce ne sont pas les pharmaciens qui devaient se plaindre

Mon commentaire était évidemment ironique...
Par contre j'ignorais que les criminels se trouvaient en Guinée. Si la police fait son job, il devrait être facile de remonter la filière. Le veut-on ?
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+4 #3 Pokpa Holomo Lamah 23-01-2016 11:57

Gandhi,
A mon avis, ce ne sont pas les pharmaciens qui devaient se plaindre puisque dans ce cas, il ne s'agit pas de concurrence deloyale, mais la societe civile, a defaut d'un organisme dedie specialement a defendre les interets des consommateurs comme c'est le cas par exemple de l'Office de la Protection du Consommateur (OPC) au Canada, puisqu'il s'agit de l'introduction de produits impropres a la consummation. Aussi, je ne vois pas pourquoi devrait-on porter plainte contre la Douane puisque les produits incrimines auraient ete fabriques localement.
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+3 #2 Gandhi 23-01-2016 08:39

Pourquoi les pharmaciens se plaignent ?
Pour protéger la santé publique (et dans ce cas les condamnations sont suffisantes) ou pour obtenir des dommages-intérêts pour "concurrence déloyale" ?
Pourquoi ne portent-ils pas plainte contre la douane ?
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+5 #1 amadudialamba 23-01-2016 02:59

Même si c’est comme un coup ‘’d’EPE’’ dans une mer agitée, pour la première fois au moins, il faut féliciter et encourage l’initiative. Car la seule différence entre Ébola et la vente de ces produits contrefaits, c’est la vitesse de contamination du premier. Mais ces deux éléments font tous les mêmes dégâts partout en Afrique. Après ces produits parfois longtemps périmés ou contrefaits, c’est le tabac qui fait aussi des ravages dans le continent. Il faut aussi noter en passant que les firmes chassées dans les pays occidentaux par les défenseurs des consommateurs cherchent à s’implanter définitivement au vieux continent. Pour revenir sur les produits pharmaceutiques, je peux dire que d’habitude lorsque vous faite éclater une pilule d’antibiotique comme l’ampicilline dans la bouche, vous sentez immédiatement l’aigreur d’un vrai produit. Aujourd’hui même dans certaines pharmacies les contrebandiers ne vendent que de la farine des céréales mélangée a des produits dont personne ne connait l’origine ou la nature. A plus forte raison leur degré de toxicité pour la santé de la population.
Il ne faut pas oublier également que nous sommes envahi par des étrangers qui n'hésitent pas a déverser sur le marché toute sortes de poison. Des produits dont l''importation est strictement interdit dans plusieurs pays.
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