Amadou Sadjo Diallo Mardi, 12 Janvier 2016 16:25
Lors de l’assemblée générale de l’UFDG du samedi 9 janvier, le chef de file de l’opposition a fait des révélations sur l’attribution de certains marchés publics et la corruption qui mine l’administration guinéenne. D’après Cellou Dalein Diallo, 1 552 milliards de francs guinéens ont été octroyés sous forme de marché gré à gré au clan présidentiel, pour financer la dernière campagne électorale, et enrichir ledit clan.
C’est par une minute de silence à la mémoire de Georges Gandhi Tounkara, président de l’Union guinéenne pour la démocratie et le développement (UGDD), décédé le jeudi dernier des suites d’une courte maladie, que le président de l’UFDG a commencé son intervention devant la foule de militants mobilisés pour la circonstance. Dans son allocution, Cellou a accusé le gouvernement d’avoir procédé à l’octroi de marchés inappropriés. « Le gouvernement a octroyé des marchés gré à gré qu’il a cachés aux partenaires, aux institutions de Bretton Woods. Plus de 800 millions de dollars soit 1 552 milliards de francs guinéens de marchés gré à gré, octroyés au clan présidentiel, pour financer la campagne et enrichir le clan », a-t-il révélé. Avant de poursuivre en disant que « l’endettement, la planche à billets au niveau de la Banque centrale a atteint 1800 milliards de francs guinéens. Cet argent est dans la poche de quelques individus », accuse le président de l’UFDG.
Dans sa sortie très acerbe contre le pouvoir d’Alpha Condé, le chef de file de l’opposition indique « qu’en plus la réserve de change a chuté, passant de 4 mois d’importation au 31 décembre 2014, à 1 mois d’importation en décembre 2015. Et on veut que ça soit les petits consommateurs qui paient ça pour cette mauvaise gouvernance », déplore Cellou Dalein Diallo.
Le président de l’UFDG accuse le gouvernement d’être responsable de la pauvreté que subit la population. « Aujourd’hui le pouvoir d’achat des Guinéens a chuté. Malgré la misère qui prévaut actuellement dans les foyers, le gouvernement a décidé d’augmenter le prix des denrées alimentaires. Il refuse de diminuer le prix du carburant à la pompe. Alors que le baril a perdu 70% de sa valeur. Ici on a fait qu’une réduction de 15% », regrette l’opposant.
Concernant la session de la loi de finance qui se tient actuellement à l’Assemblée nationale, de manière tardive, l’UFDG refuse de voter la loi de finances. « Dans le cadre de la loi de finances, notre groupe parlementaire a refusé d’approuver parce qu’on ne peut pas infliger à notre population de payer la facture de la mauvaise gouvernance qui se chiffre à 1 800 milliards de francs guinéens d’endettement auprès de la Banque centrale en 2015. On ne peut pas voter ce volet de recettes. Le peuple est déjà dans des difficultés énormes. On ne peut pas encore appliquer de nouvelles taxes sur les denrées de première nécessité, sans compter que ça risque de tuer la jeune industrie guinéenne », a reconnu le président de l’UFDG.
Selon Cellou Dalein Diallo, la surfacturation des denrées alimentaires est inacceptable. Il compte sur la mobilisation de tous les acteurs pour dire non à toute tentative de surfacturation. Il fait ainsi allusion à la TVA, qui est passée de 18% à 20%.
Ces révélations de Cellou Dalein Diallo ne seraient en réalité qu’un secret de polichinelle. Quand on sait que lors de leur dernier séjour dans nos murs, les experts du FMI s’étaient aperçus de l’énorme trou qu’il y avait dans nos finances. Ils avaient effectivement pointé du doigt le fait que l’Etat guinéen se soit porté garant auprès de certaines institutions bancaires, en faveur de certaines sociétés de la place, dont les propriétaires sont en réalité des hommes champignons.
Amadou Sadjo Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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