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Jusqu’à preuve du contraire : un bon gouvernement, le prochain !
Top Sylla Jeudi, 07 Janvier 2016 23:56
Après avoir sorti de son chapeau de magicien Saïd Fofana il y a cinq ans, Alpha Condé surprend à nouveau en installant un certain Mamady Youla à la Primature.
Bien joué ? Les avis sont (presque) unanimes
Pas de surprise du côté des encenseurs de l’hôte de Sékoutouréya. Ils ne font pas exprès, ils disent toujours la même chose. C’est tout naturellement donc qu’ils se sont exclamés : « bravo l’artiste ! »
Egalement, des leaders de l’opposition tels que Cellou Dalein de l’UFDG et Faya Millimouno du BL, ainsi que le néo-transhumant Sidya Touré ont émis des avis favorables. Avec, il est vrai, la sempiternelle réserve dont on nous rebat les oreilles chaque fois qu’un nouveau Premier ministre arrive : « si on lui laisse les mains libres … ». Sauf que jusque-là ils les ont tous eu bien ligotées, avec en prime des œillères et une muselière.
Youla fera-t-il exception ?
Les obstacles qui se dressent devant lui sont nombreux. L’on peut d’ores et déjà identifier le premier : Alpha Condé lui-même !
Avant la formation de l’attelage gouvernemental, pendant que le promu était censé faire un travail de consultation (à la vue des noms qui composent l’équipe on sait qu’il n’en est rien), son patron juge opportun de créer un poste de « haut représentant du chef de l’Etat » et de le confier au président de l’UFR Sidya Touré. Celui-là même auquel certains prêtaient le rêve de ré-atterrir à la Primature après avoir cherché en vain à se hisser à la tête du pays.
Si en principe cette fonction de Sidya, qui ferait d’abord penser à un lot de consolation, ne devrait en rien gêner Mamady Youla, l’empressement avec lequel cela a été fait suscite des interrogations.
Personne ne sait à quoi va ressembler la tâche de l’ancien Premier ministre. A commencer par le principal concerné qui dit attendre d’en discuter avec celui dont il est le « haut représentant ». Si l’affaire tournait au vinaigre ou, au mieux, si le natif de Kolon (ou Dimbokro ?) se retrouvait dans un rôle de porte-bouilloire de « alhadji professeur », on imagine déjà les ricanements de ses anciens alliés de l’opposition dite républicaine.
Cellou Dalein et Cie ne manqueraient pas alors l’occasion de s’approprier ces propos d’un homme politique français pour les appliquer à leur ancien compagnon : « il ne faut pas avoir une certaine taille pour faire de la politique, mais il faut avoir une certaine hauteur »… Le gouvernement dit de compétence annoncé par Alpha Condé est maintenant aux manettes. Dans un casting diversement apprécié où se côtoient des rescapés de l’équipe précédente et des promus aux dents longues. C’est au pied du mur que l’on jugera le maçon et, en l’occurrence, celui qui l’aura choisi n’aura plus cette excuse : « je ne connaissais pas les cadres guinéens … ».
Quant à ceux qui quittent le gouvernement, et qui ne sont pas pour certains moins méritants que les ministres confirmés, c’est une autre épreuve qui commence.
Un ministre est entouré. On devance ses moindres désirs. On le dispense des moindres corvées. On l’exalte à ses propres yeux. Quand on le débarque du gouvernement, le silence, du jour au lendemain, succède au brouhaha flatteur. Ceux qui se suspendaient en grappes sur son passage se détournent de lui. Peu d’entre eux échapperont au sentiment poignant d’une solitude qui ressemble à une déchéance.
En attendant la suite des événements, comme peut-être l’arrivée massive d’anciens membres du gouvernement à la Présidence en tant que conseillers, pour une frange de ses compatriotes la symphonie servie par le président Condé a un goût d’inachevé.
Rien d’étonnant. Chez le Guinéen, le bon gouvernement c’est toujours le prochain.
Jusqu’à preuve du contraire …
Top Sylla
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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Commentaires
Deux choses sont sures :
1- Ceux qui rejoignent le garage de la République vont effectivement vivre un véritable enfer interne avec souvent une déprime initiale. J'en ai connu quelques uns qui ne se sont jamais vraiment remis. Ils ont donc 2 choix:
- déverser leur frustration en public (de rapporteurs) ou pire devant nos journalistes-fabulateurs-buzzistes locaux et prier qu'ils aient assez amassé pour des décennies ou pire pour le reste de leur vie.
- Ou cirer des pompes avec leurs langues et laver tous les chats qu'ils apercevront pour espérer un lot de consolation a la présidence ou dans une ambassade.
2- Pour les nouveaux arrivants j'ai les mêmes doutes mais je refuse de les juger sans leur donner le bénéfice de me surprendre positivement car s'ils sont aussi nocifs et inutiles que la majorite de ceux qui viennent de quitter ce n'est que les guineens d'en-bas qui en souffriront vraiment dans ce sacré pays.
Rendez-vous donc dans 100jours car s'ils ne profitent pas de cette période pour nettoyer sans faiblesse leurs entourages familial et professionnel ce sont ces 2 qui le lui feront sans aucune pitié.
C'est vrai que c'est plus facile a dire qu'a faire mais ils ont le bénéfice pour certains d’être des diaspo récents et donc on les traitera seulement de faux-toubabs sans cœur guinéen - ce qui ne sera pas plus mal pour le reste de leur fonction dans cette mangeoire sans pitié...
Le PM, dont on a un peu vite crié qu'il était issu du secteur privé, ce qui constitue une imposture, puisqu'il n'est en réalité qu'un fonctionnaire spécialisé des questions économiques, ayant eu à défendre les intérêts de l'État, n'a rien retenu de la rigueur et de l'efficacité attendues du secteur privé, ce qui ne fera que décevoir que ceux qui s'étaient pris à rêver, car un gouvernement moins budgétivore eut été préférable.
Mais chacun se rend compte qu'il n'est que le cache-sexe d'Alpha Condé, qui tire les ficelles et qui continuera à décider seul. Qui a pu s'imaginer un seul instant, qu'il eût pu en être autrement, au vu de son tempérament immuable ? Le PM se doit d'endosser la paternité de ce gouvernement obèse, qui ne vise qu'à récompenser un maximum de soutiens, même si la propagande met l'accent sur d'autres éléments.








