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Grâce présidentielle : un geste diversement interprété

Aliou Sow  Mercredi, 30 Décembre 2015 00:56

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BAH_Oury_11_01La grâce présidentielle accordée le jeudi dernier à cent soixante et onze détenus, dont des condamnés dans le cadre du dossier lié à l’attaque de la résidence du président Alpha Condé, ainsi que des  prisonniers de droit commun a été diversement apprécié. Car si le geste est unanimement salué dans la cité, des voix s’élèvent cependant pour qualifier la mesure de « sélective », vu que dame Fatou Badiar, Alpha O. Boffa Diallo dit AOB et bien d’autres détenus, eux ont été ignorés par le chef de l’Etat. L’espoir est tout de même permis de voir ce dernier groupe quitter les cachots, dans cet élan de décrispation et de réconciliation dans lequel le chef de l’Etat semble désormais inscrire ses actions.

Les prisonniers graciés ont regagné leurs familles respectives le vendredi dernier, jour de Noël. Parmi ces détenus graciés, figure le vice-président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), principal parti d’opposition, Amadou Oury Bah, condamné par contumace suite à la tentative d’assassinat du chef de l’Etat guinéen le 19 juillet 2013. On se souvient que l’opposant avait été cité durant les enquêtes menées dans le cadre de cette affaire.

Amadou Oury Bah avait tout de même réussi à s’enfuir du pays, avant que la justice ne puisse mettre main sur lui. Il s’était réfugié à Dakar, dans un premier temps, avant de rejoindre Paris en France.

Mais après sa réélection pour un second mandat, Alpha Condé a rencontré à deux reprises le vice-président de l’UFDG, lors de ses séjours parisiens. Ce qui augurait déjà une grâce en sa faveur. Grâce élargie aujourd’hui à des détenus condamnés dans le cadre de cette affaire d’attentat.

A noter que d’autres prisonniers de droit commun ont aussi été élargis par le président. Le geste du chef de l’Etat a été unanimement salué. Même le principal parti d’opposition n’y a pas trouvé à redire. La direction de l’UFDG s’est ainsi réjouie dans un communiqué rendu public le lendemain de cette grâce présidentielle. Tout en attirant néanmoins l’attention sur le cas de ceux qui restent encore sous le régime d’incarcération.

Bah Oury, vice-président de l’UFDG, s’est dit « heureux » dans sa réaction sur la toile. « Je suis heureux pour les 170 personnes qui pourront recouvrer leur liberté. Je pense à ceux qui restent encore. Mais comme ce qui était convenu, les choses pourraient aller dans le bon sens dans les prochains jours », a-t-il confié à nos confrères du site africaguinee.com.

Contrairement à ceux qui trouvent à redire sur ce geste du président, Bah Oury fait preuve d’optimisme. « Je pense qu’il y a une question de calendrier et une question d’opportunité. Comme vous le savez, il y a certains qui sont en jugement devant le tribunal militaire. Je pense que tout le monde pourra être libéré comme ce qui était convenu dans les entretiens que j’ai eus avec le président Alpha Condé », a-t-il souligné.

Pour l’opposant « la date symbolique qui a été retenue pour le faire indique une volonté de faire du second mandat un processus de décrispation et d’apaisement pour permettre à la Guinée d’actualiser ses potentialités économiques qui restent toujours en jachère ». Il faut dire que cette grâce présidentielle survient le jour de Noël, fête de la nativité chez les fidèles chrétiens. Et juste après l’investiture du président dans ses fonctions de chef d’Etat pour un second mandat.

A noter qu’après les résultats de la présidentielle, Alpha Condé avait rencontré Bah Oury, dans un restaurant parisien. Le président revenait d’un voyage à New Delhi où se tenait du 26 au 29 octobre le Sommet Inde-Afrique. Un second tête-à-tête entre les deux personnalités avait encore eu lieu, toujours dans la capitale française. Et Bah Oury avait profité de ces rencontres pour inviter le président à consentir une grâce en faveur des détenus politiques, notamment. Promesse fut alors faite dans ce sens, par Alpha Condé, semble-t-il. Une promesse qu’il a finalement remplie, à travers cette grâce accordée à ces 171 détenus.


Aliou Sow
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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