Richard Tamone Mardi, 01 Décembre 2015 23:50
Le ministre d’Etat en charge de la Justice, Cheick Sacko, a prévenu les gardes pénitenciers, qu’il ne leur ferait pas de cadeau, s’ils étaient pris en faute. C’était lors d’une visite de terrain dans les locaux de la maison centrale, pour revoir la situation suite à la récente tentative d’évasion qui s’y est produite.
D’entrée de jeu, M. Sacko a indiqué que la tentative d’évasion qui s’est passée à la maison centrale, va leur permettre de resserrer davantage le boulon. « Donc, parmi vous, ceux qui ne respectent pas les règlements, ils n’ont qu’à démissionner et partir d’ici », a averti le garde des Sceaux. C’est mieux pour eux, dit-il, sinon on les fera partir. « Celui qui ne respecte pas les consignes quelles que soient les relations qu’il a, on le fera partir, et s’il commet une infraction, il va en répondre devant le juge, quel que soit son statut », a-t-il prévenu, s’adressant au personnel pénitentiaire. Il faut que ça rentre dans vos têtes, a-t-il lâché. Tout en précisant cependant fera tout pour les protéger, s’ils sont victimes d’injustice. « Mais en même temps, je vais vous châtier, si c’est vous qui le faites », a d’office martelé le ministre de la Justice.
Il a par ailleurs laissé entendre qu’en Guinée la prison a été laissée pour compte. Pourtant dit-il, le pays a signé des conventions internationales en la matière. « On doit respecter le droit des prisonniers, on doit améliorer les conditions minimales des prisonniers. Mais on doit faire de telle sorte aussi que les prisonniers se comportent bien », a relevé M. Sacko. Pour lui, un pays où la justice ne se réforme pas, c’est un pays qui meurt lentement.
C’est ainsi, a souligné le garde des Sceaux, que le premier magistrat du pays a organisé les états généraux de la justice en Guinée en 2011. « On doit continuer cette réforme parce qu’on n’a pas le choix ». Selon M. Sacko, il faut absolument que la population guinéenne ait confiance à la justice. C’est pourquoi, a-t-il dit, cela doit commencer par l’administration pénitentiaire.
Pour bon nombre d’observateurs de la vie sociopolitique du pays, l’on devrait maintenant lier les paroles aux actes. Car estiment-ils, nos maisons d’arrêts, sont en quelque sorte des lieux où des supplices seraient infligés à des détenus. Vivement donc des maisons centrales dignes de nom.
Richard Tamone
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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