Mamady Kéita Mardi, 01 Décembre 2015 23:29
« Ceux qui s’en prendront dorénavant au chef de l’Etat, en termes d’injures, seront châtiés ». Telle est la menace proférée par le procureur général près la Cour d’appel de Conakry, Moundjour Cherif. La question fait débat, et certains milieux de la presse y voient une tentative de musellement de la presse.
C’est dans un communiqué publié le 27 novembre dernier que M. le procureur général s’est insurgé contre des « propos malveillants, diffamatoires et tendancieux » qui seraient tenus à l’encontre du président de la République par voie de presse. Chose qui serait tout à fait contraire à l’éthique. A cette allure, M. Moundjour Chérif compte enclencher la machine judiciaire en cas d’offense au chef de l’Etat. L’ordre serait donc donné aux procureurs de la République d’engager dorénavant des poursuites pénales contre les insulteurs.
Moundjour Cherif compte faire recours à la Constitution. Car « la personne qui incarne l’institution qu’est la présidence de la République est en conséquence protégée des offenses de toutes sortes », selon lui.
Et comme le dispose le code pénal guinéen, « quiconque, soit par les discours, soit par les écrits, soit encore par les placards ou affiches aura offensé la personne du chef de l’Etat, sera puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 200 mille à 2 millions de francs guinéens ou de l’une de ces deux sanctions ».
Une mesure étendue au support qui aura servi à véhiculer le message injurieux. « Lorsque l’infraction a été commise par tout moyen de diffusion publique, les dispositions de l’article 105 de la loi organique portant sur la liberté de la presse sont applicables », rappelle Moundjour Chérif. Là, la loi prévoir une sanction pécuniaire d’un à cinq millions de francs guinéens.
Cette décision du procureur général est diversement interprétée dans la cité. Si certains observateurs approuvent la mesure, d’autres par contre, notamment dans les milieux de la presse, soupçonnent Moundjour Chérif de vouloir museler la presse. Une mesure « liberticide » en un mot.
Mamady Kéita
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu