Aliou Sow Mardi, 01 Décembre 2015 01:43
L’assemblée générale ordinaire de l’UFDG du samedi dernier a été une occasion pour le député Ousmane Gaoual Diallo de taper sur le pouvoir, pour son incurie et son laxisme qui ont conduit aux violents incidents survenus récemment à Touba, localité relevant de la préfecture de Gaoual
Dans son intervention lors de cette assemblée générale, le député Ousmane Diallo a abordé entre autres points, les malheureux événements de Touba, la session budgétaire à l’Assemblée nationale et la crise qui secoue l’UFDG, où une aile proche du premier vice-président Bah Oury ne semble pas être sur la même longueur d’onde que la direction, depuis le fiasco électoral.
Le député dont nous vous livrons ici les propos a été très amer envers Alpha Condé.
Affaire Touba
« Sur la situation à Touba, beaucoup de choses ont été dites, mais la réalité est simple. Notre gouvernement n’a pas été capable de trancher un problème familial. Il a toujours suscité et encouragé cette violence qui a entrainé la mort de 3 personnes. C’était un petit différend familial entre deux cousins, à l’origine. L’un a voulu construire une mosquée et comme vous le savez, nous avons des ministres qui font la queue chez tous les marabouts de Guinée, ils vont à Touba. Quand une partie de la population leur dit "nous ne voulons pas de la mosquée", ils disent que la mosquée ne verra pas le jour. Et, c’est ce qu’Alpha Condé aussi a fait. Quand il a été à Touba, il a promis que la mosquée ne serait pas construite. Mais, en même temps, il a donné de l’argent pour construire la mosquée. En même temps, certains des ministres ont contribué pour construire la mosquée. Certains ont reçu de l’argent pour que la mosquée ne soit pas construite. Voilà ce qui a conduit à la violence à Touba qui a entraîné de nombreux dégâts matériels et la mort de 3 personnes.
Je l’ai dit, je souhaite que le gouvernement dise à la population de Touba quel est le chemin à suivre. Est-ce que cette mosquée va être construite ? Ils n’ont qu’à dire leur position, si elle ne sera pas aussi construite, nous devons le savoir. Mais le gouvernement n’a pas le droit d’être divisé et de diviser la population et d’encourager la violence. Le jour où ces confrontations ont éclaté, il y avait un contingent de la police à Touba. Le ministre de la Sécurité a dit que personne ne va bouger, il faut les laisser s’entretuer. Voilà pourquoi, les deux personnes sont décédées le même jour et le second jour, la troisième personne devant la police qui était là et qui a parlé à l’ordre de monsieur Cissé et qui a dit de détruire la mosquée et d’emporter toutes les briques. Est-ce que c’est un gouvernement responsable ça ? Est-ce que le président de la République a agi en bon président de la République ? Maintenant, ils ont limogé un ministre et deux secrétaires généraux, ce n’est pas notre problème ! Notre problème, c’est que la justice se fasse et que tous ceux qui sont impliqués dans cette situation soient entendus par la justice, pas seulement les lampistes de Touba. Mais, les membres du gouvernement qui tiraient les ficelles et qui ont dit par médias interposés que c’est un problème de confession religieuse entre les Wahhabites et les Sunnites. Ce n’est pas ça, le problème de Touba est un problème que le gouvernement a créé et entretenu depuis 4 ans et qui a abouti à cette violence.
Maintenant que le procureur de la République dit qu’il va sévir contre toutes les personnes qui diront que le président de la République a fait "Iskine", nous n’allons pas dire, n’est-ce pas ? Mais, qu’est-ce que le procureur fait pour les 64 militants de l’UFDG tués et qui attendent toujours qu’une enquête soit ouverte ? Qu’est-ce que le gouvernement et le procureur font pour nos collègues qui sont arrêtés et enfermés à Boké, ceux de Koundara ? Ceux qui sont arrêtés et enfermés à N’Zérékoré, injustement ? Ceux qui, parmi nos responsables et militants dont les biens ont été détruits à Banankoro ? Certains sont exilés ici à Conakry. Qu’est-ce que le procureur de la République fait.
Il y a des sujets, des préoccupations de la justice, mais notre ministre de la Justice n’est pas préoccupé de notre sort et de la justice dans notre pays. Nous le rappelons de nous dire, qu’est-ce qu’on doit dire au président, lorsque celui-ci viole la loi. Est-ce qu’on est en droit de dire que c’est un dictateur ? Lorsque le président ne respecte pas la constitution, est-ce qu’on est en droit de dire que c’est un dictateur ? Si on n’est pas en droit, ils n’ont qu’à nous donner un vocabulaire rapidement parce qu’on a besoin de qualifier les comportements du président. Lorsque le président de la République dit des contrevérités, est-ce que nous avons le droit de dire qu’il a menti ? Si on n’a pas le droit, ils n’ont qu’à nous donner le mot qui convient à la personne du président. Quand le président ment, comment on va le dire ? Comme le président ne se conforme pas aux lois de la République comment on doit dire ? Notre pays est malheureux. Nous sommes malheureux parce que des puissances extérieures et la démission de nos fonctionnaires va encore replonger notre pays dans une misère parce qu’on a à la tête de la Guinée, quelqu’un qui ne comprend pas comment un Etat marche et qui n’a aucun souci pour notre bienêtre. Alpha Condé, c’est une catastrophe pour notre pays. »
Du fonctionnement du parlement
« Cette élection aurait pu être un point de départ pour le bonheur des Guinéens. Ils ont déjà fini de consommer les 1 600 000 000 000 GNF (mille six cent milliards de francs guinéens) du budget de 2016. C’est pourquoi on est là, on ne travaille pas. Ils ont déjà dépensé tout l’argent qu’on devait dépenser en 2016. Maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? La session du budget est ouverte à l’Assemblée nationale depuis le 05 octobre, jusqu’à présent, on ne voit pas de budget. Mais, en dehors du budget, c’est comme si la Guinée ne pouvait pas voter de lois. Il n’y a aucune loi sur la table des députés parce que Kory Kondiano ne travaille que lorsqu’Alpha parle. Et comme Alpha ne parle pas, Kory ne travaille pas. C’est incroyable. »
De la crise au sein de l’UFDG
« Pour finir, je vais un peu parler de notre parti. Nous sommes dans l’actualité parce que récemment des cadres du parti ont été suspendus, certains exclus. Il y a beaucoup de choses qu’on lit dans la presse, mais l’UFDG est un parti dans lequel on critique, un parti dans lequel on n’est pas des sujets de Cellou Dalein. Nous travaillons avec Cellou Dalein à l’UFDG. Ceux qui pensent que si Cellou Dalein parle, nous ont dit, "Iskine", ils se trompent. Mais, est-ce que dire que Cellou Dalein est mouton, c’est de la critique ? Est-ce que dire que Cellou Dalein est un incompétent, un incapable ou le comparer à ce dictateur quasi-fasciste qui est Alpha Condé, c’est faire de la critique ? La critique, elle est permise, souhaitable et encouragée à l’intérieur de l’UFDG. Pourvu qu’elle se porte sur les thèmes, sur les choix, sur les stratégies qui nous permettent d’aller de l’avant.
Ceux-qui, comme le vice-président Bah Oury réclament partout de la démocratie, la démocratie commence par le respect des statuts, du règlement intérieur. C’est par ça. Lorsqu’on est démocrate, on ne crée pas sa cellule de communication alors que vous êtes vice-président d’un parti. Lorsque vous êtes démocrate, vous ne prenez pas votre porte-parole, vous êtes vice-président de l’UFDG. Le porte-parole de l’UFDG est votre porte-parole. La cellule de communication de l’UFDG est votre cellule de communication. Si vous créez votre porte-parole, vous créez votre cellule de communication, vous êtes une institution à l’intérieur de l’institution qui est l’UFDG. Est-ce que ça c’est acceptable ? C’est à cela que nous appelons le vice-président, qu’il revienne à la sérénité. Si Elhadj Cellou ou la direction a fait de mauvais choix, c’est possible ; nous sommes des êtres humains, on peut faire des choix et se tromper. Mais, qu’il expose les alternatives. Qu’est-ce qu’on fait si on ne va pas aux élections présidentielles ? Nous écoutons. Depuis tout ce temps, personne ne parle. Quelles sont les stratégies meilleures qui étaient proposées contre ce que le président et le bureau exécutif avaient mis en place ? Ça, ce sont des débats, et ces débats nous les attendons. Nous attendons pour qu’on nous dise quel chemin emprunter, le meilleur pour arriver à Sékoutouréya ? Nous sommes capables de nous remettre en cause pour peu qu’on pose les débats sur les structures, les choix, sur des thèmes bien précis, pas sur des hommes. Pas de façon insolente. Donc, il ne faut pas faire de l’amalgame. Ce qui est sanctionné, ce sont les injures, les comportements de défiance et qui touchent la dignité de la personne qui sont sanctionnés. Ce ne sont pas les critiques, ce ne sont pas les propositions crédibles ou pas que nous attendons », a-t-il conclu.
Aliou Sow
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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