Selection de vidéos
Partenaires
Récupération des réserves foncières de l’Etat : réelle volonté d’y mettre fin ou simple opération de charme ?
Oumar Daroun Bah Dimanche, 22 Novembre 2015 19:01
Le week-end dernier, le ministre de la Ville et de l’Aménagement du territoire, Louncény Camara, a sillonné certains quartiers, dans le cadre de la lutte contre les occupations anarchiques des réserves foncières de l’Etat. S’agit-il là d’une réelle volonté de mettre un terme à cette anarchie qui sévit dans la construction sur le littoral, où s’agit-il simplement d’une simple opération de charme ?
Durant cette visite de terrain, Louncény Camara a demandé l’arrêt systématique des travaux sur des chantiers en construction, et la mission a marqué les édifices avec des insignes rouges. Ces croix rouges identifieraient les bâtiments et les murs devant être démolis, à court terme.
Le ministre promet qu’il n’y aura pas d’hésitation dans cette campagne de récupération des domaines de l’Etat. Le ministre, dans son offensive contre les occupations anarchiques, a mis en demeure la direction communale de l’habitat de la commune de Ratoma de matérialiser par des bornes la corniche et les différents plans d’aménagement. Pour le ministère de la Ville et de l’Aménagement du territoire, cette mesure vise à « éviter de faire du tort à ceux qui ont acquis légalement des parcelles dans la zone ».
Le ministre aurait ensuite mis en garde les personnes qui de manière expresse occuperaient ces domaines de l’Etat. Il les aurait aussi averties de démolir leurs bâtiments, et que par la même occasion, ils se verraient sommés de quitter les lieux, sans dédommagement, si toutefois elles s’entêtaient à occuper les domaines de l’Etat dans cette zone.
Certains observateurs se demandent si Louncény Camara ira jusqu’au bout de cette opération. Quand on sait que ce n’est pas la première fois que le gouvernement guinéen annonce la récupération de ces parcelles du littoral occupées par des citoyens, dont la plupart seraient des hauts fonctionnaires ou de riches hommes d’affaires.
Il faut déplorer aussi que certains citoyens soient parfois dépossédés de leurs parcelles, qui vont ensuite être affectés à d’autres, avec la complicité de cadres véreux, travaillant dans le secteur du bâti.
Oumar Daroun
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
![]()
Commentaires
A votre avis ?
Je voudrais juste savoir si la grande Direction nationale du Ministère de l’aménagement du territoire se trouve à Ratoma. Parce que selon l’article, «le Ministre a mis en demeure la direction communale de l’habitat de Ratoma de matérialiser par des bornes la corniche et les différents plans d’aménagement ».
C'est triste ce qui se passe chez nous. Lounseny Camara devrait etre en prison pour avoir cause la mort de nombreux citoyens et d'avoir ete celui qui a fait de la CENI cette boite d'alumettes qui met le feu regulierement chez nous.
Il est encore jeune et aujourd'hui tout ce qui est fait est indélébile...
Citation en provenance du commentaire précédent de amadudialamba:
je souhaiterais être informé si c’est seulement la Commune de Ratoma qui est concernée par cette mesure.
A votre avis ?
Le désordre chronique qui règne au sein du département de l’Habitat et/ou de l’Aménagement du territoire n’existe dans aucun autre secteur d’activités du pays. Les cadres de l’urbanisme et Habitat et ceux chargés des cités aménagées (Soloprimo et autres) sont tous des professionnels d’extorsion. Dans les cités aménagées comme celles de la Soloprimo, la configuration initiale est complètement déformée. Parce que des agents véreux, en complicité avec des notabilités chargées de la surveillance des domaines ont revendu tout : cimetières, terrains de jeu, places réservées aux lieux de culte, espaces de marchés et hôpitaux et même les pistes d’accès. Toutes ces cités sont aujourd’hui méconnaissables. Si les agents ‘’aménageurs’’ de la ville de Conakry respectaient les normes édictées, la capitale serait déjà reliée à Kindia. C’est-a-dire si toutes les infrastructures nécessaires étaient prévues et respecté sur le plan cadastral (routes, lieux scolaires, hôpitaux publics, amphithéâtres, autres terrains de jeux, places de cultes, cimetières, jardins publics, gymnases/stades, forets urbains, lieux de décharges publics, etc.). Au lieu de toutes ces nécessités pour une ville moderne, ils ont concentré la capitale dans un périmètre très restreint avec les conséquences de tous ordres. Ecoulement des eaux usées, gestion des ordures ménagères, encombrement/saturation des maisons, étroitesse des chaussées, parfois même leur inexistence, j’en passe. Au bord de la mer, c’est un désastre écologique indescriptible. En ce qui concerne l’expropriation des domaines, l’Etat le fait souvent sans ménagement et d’une manière pas tout a fait républicaine. Cette attitude d’un gouvernement sensé protéger ses citoyens est injuste et même inhumaine. Car aucun citoyen n’ose s’implanter dans un domaine a Conakry sans l’aval du propriétaire coutumier et l’autorisation de l’Etat. De ce fait, tout déguerpissement requiert un accompagnement psychologique, à défaut d’un minimum de compensation. Enfin par simple curiosité, je souhaiterais être informé si c’est seulement la Commune de Ratoma qui est concernée par cette mesure.








