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Liberté d’expression : où est passée la HAC ?

Oumar Daroun  Dimanche, 08 Novembre 2015 01:14

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VERLON_Claude_DUPONT_Ghislaine_01Le monde entier a célébré le lundi dernier la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes. C’est une célébration qui se tient le 2 novembre de chaque année depuis 2013. Elle a été instruite après l’assassinat de deux journalistes français au Mali. Claude Verlon et Ghislaine Dupont, deux envoyés spéciaux de la Radio France Internationale (RFI) avaient été enlevés le 2 novembre 2013 dans la périphérie de Kidal par des éléments supposés appartenir à une branche d’AQMI, avant d’être exécutés deux heures après leur enlèvement.

Par rapport à cet enlèvement de Claude Verlon et de Ghislaine Dupont, des enquêtes ont été diligentées. Mais il faut dire qu’aucune suite n’a été encore donnée à ça. C’est ce caractère d’impunité que le monde en général et les médias en particulier dénoncent le 2 novembre de chaque année.

Plusieurs crimes sont commis régulièrement contre les journalistes à travers différents points du globe. Allant des menaces de mort aux emprisonnements arbitraires, en passant par des assassinats. Des crimes qui le plus souvent restent impunis. En Guinée, même si on ne parle pas d’assassinats perpétrés contre des journalistes, les cas de harcèlement, de menaces de mort, d’agression de journalistes, se font de plus en plus sentir.

On se rappelle la disparition du journaliste d’Espace TV Chérif Diallo le 23 juillet dernier, et qui jusqu’à présent n’a pas été retrouvé. Des enquêtes ont été enclenchées sans suite.

Autre fait marquant, l’insécurité dans laquelle travaillent les journalistes guinéens, comme l’agression du journaliste du journal en ligne guineematin.com Abdoulaye Oumou Sow par un agent de la gendarmerie le 19 février dernier. Le confrère a bénéficié d’un procès sans que l’accusé ne se présente à la barre. Le 8 octobre dernier, lors de la campagne électorale le même journaliste a été à nouveau agressé avec son confrère Ibrahima Sory Diallo de la même rédaction. Cette fois-ci, ils ont été dépouillés de leurs matériels de travail. Rien n’a été fait pour traduire les auteurs de cet acte devant une quelconque juridiction.

Un autre journaliste, toujours du même journal en ligne, Thierno Amadou Camara a fait les frais de nervis du régime en Haute Guinée.

C’est pour dénoncer tous ces manquements, à travers le monde, que cette journée a été célébrée. Si cette célébration a été suivie ailleurs, ici en Guinée tel n’a pas été le cas.

 En fait, la Haute autorité de la communication (HAC) a invité à la veille du lundi 2 novembre, les journalistes à venir commémorer l’événement à son siège. Mais à la grande surprise des journalistes qui sont venus nombreux pour la circonstance, l’évènement a été reporté sine die. C’est le secrétaire général de l’institution qui l’a annoncé à une de nos consœurs. « L’évènement est reporté à une date ultérieure. On vous informera le moment venu », aurait-il dit.

La HAC n’a pour le moment fourni aucune explication, pour justifier ce report.


Oumar Daroun

L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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