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Scrutin électoral : haro sur les oiseaux de mauvais augure

O. Tiéro  Jeudi, 08 Octobre 2015 23:48

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candidats_presidentielle_2015_01Lorsque les tensions sociales ou politiques montent d’un cran dans un pays, les gens se perdent en conjectures. Ainsi en est-il de la Guinée à l’approche de l’élection présidentielle du 11 octobre 2015.

Certains citoyens prédisent et s’inquiètent des jours sombres qui nous attendent au lendemain du scrutin ; par contre d’autres citoyens estiment qu’il n’y aura rien de mauvais, que nous avons peur pour rien. Voyons donc les arguments affichés par les uns et les autres. Les premiers avancent que tous les ingrédients sont présentement réunis pour que la Guinée implose. Ces ingrédients sont, disent-ils, la déchirure du tissu social, les violences politiques, les nombreux couacs du processus électoral, la misère généralisée des populations, le triste bilan du président candidat qui tient mordicus à se faire réélire par « un coup KO ». L’atmosphère est si morose et si troublante que des oiseaux de mauvais augure n’hésitent pas à se mêler à la danse. Pour eux nous allons droit à la catastrophe après la diffusion des résultats déjà programmés.

Voici un journaliste qui déclare lors d’un débat radiophonique qu’on peut croire ou pas à un rêve qu’il a fait récemment, à savoir qu’il a vu Conakry réduit en cendres, des centaines de cadavres jonchant les rues. Et voilà par ailleurs une femme d’un certain âge qui me raconte avoir rêvé circulant à vélo côte à côte avec son mari en partant de Kaloum pour la banlieue. A un moment son mari la distance, elle le rattrape au rond-point de Hamdallaye, celui-ci lui intime de prendre une rue de traverse dans le quartier pour éviter de tomber dans une embuscade. Elle emprunte la rue indiquée et débouche sur une foule nombreuse comportant plus de femmes que d’hommes et acclamant un gradé de l’armée qui marche dos à la foule sur un immense tapis rouge. Elle ne réussit pas à dévisager ce nouvel homme fort avant son réveil.

Les seconds se refusent à tout pessimisme béat, ils se convainquent qu’il peut y avoir quelques remous qui seront vite jugulés. Depuis de longues années, disent-ils, une ceinture de feu rougeoie autour de la Guinée sans jamais franchir nos frontières, cette ceinture de feu étant alimentée par les guerres successives du Libéria, de la Sierra Léone, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Mali et des coups d’Etat interminables de la Guinée-Bissau. La Guinée est une terre bénie, concluent-ils.

Je pense pour ma part « bénie et miséreuse, quel paradoxe ! »


O. Tiero
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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